Travis Banton
Personnalité
Costumier : années 1920-1950
Nationalité : Etats-Unis
Naissance : 18/08/1894 - Waco, Texas, États-Unis
Décès : 02/02/1958 - Los Angeles, Californie, États-Unis
Identité
Genre : homme
Fonctions : Créateur des costumes, Costumier, Décorateur, Acteur
Biographie
Formation :
Originaire du Texas, la famille Banton s'installe à New York alors que Travis n'est âgé que de deux ans. Il y effectue sa scolarité, puis sert quelque temps à bord d'un sous-marin pendant la Première Guerre mondiale. La paix revenue, il suit des études à l'École des Beaux-arts et des Arts appliqués de New York. A l'instar d'autres futurs créateurs de costumes de cinéma (comme Robert Kalloch ou Howard Greer), Travis Banton fait ses années d'apprentissage à New York. Il se forme comme dessinateur de mode au sein d'une maison réputée, the Lucille's Fashion House, pour finalement créer son propre label de couturier, marqué par l'influence de l'industrie de la mode française.Carrière :
Bien que souvent non crédité au générique, Travis Banton a dessiné les costumes de plus de 160 films, essentiellement américains. Il a accompagné l'âge d'or des Studios Paramount, au cours des années 1920 et 1930.
En 1924, Travis Banton est engagé par le producteur Walter Wanger à La Paramount Pictures en tant que chef costumier. Cette société de production fait partie des major américaines, qui possèdent les plus gros studios de production de cinéma et tiennent les rênes d'Hollywood. Dans cette période faste, la Paramount compte dans ses rangs les plus grandes stars, notamment Rudolph Valentino, Pola Negri fraîchement arrivée d'Allemagne, ou Gloria Swanson dont l'immense succès populaire fera la renommée de la société. Travis Banton travaille en particulier avec le créateur de costumes Howard Greer. Il a comme assistante et dessinatrice la future grande créatrice de costumes Edith Head, plusieurs fois oscarisée dans les années 1950, qui le reconnaîtra plus tard comme son inspirateur. Au cours des années 1930, Travis Banton devient le costume designer star de la Paramount, dont il définit le style original, fait d'élégance et de distinction, avec des films comme Shanghaï Express de Josef von Sternberg (1932), Haute pègre d'Ernst Lubitsch (1932), ou Ce n'est pas un péché de Leo McCarey (1934). Il assoit son leadership en participant activement aux productions de cet âge d'or de la Paramount, alors à l'apogée de la sophistication. Ses créations audacieuses habillent des actrices comme Carole Lombard pour Bolero de Wesley Ruggles (1933) ou Claudette Colbert pour Cléopâtre de Cecil B. DeMille (1934). Mais c'est avec Josef von Sternberg que Travis Banton va former un tandem créatif remarquable. En 1929, le cinéaste, parti pour Berlin tourner L'Ange bleu, y révèle Marlene Dietrich, qui le suit aux États-Unis où elle est engagée par la Paramount. Inspirés par l'actrice, le duo Sternberg-Banton invente un style visuel original, qui touche à la fois les costumes, le maquillage et les décors. Travis Banton dessine des costumes très près du corps qui sculptent les silhouettes. Les lourds tissus sont souvent ornés d'accessoires brillants qui réfléchissent la lumière, de plumes ou de voiles flottants qui accompagnent et soulignent les mouvements. Un peu plus tard, la Paramount accueille de nouvelles stars avec Tallulah Bankhead et Mae West, pour laquelle Banton créera des robes plus excentriques. Travis Banton quitte les studios Paramount en 1938 pour travailler pour son propre label de mode et pour United Artists, (1938-1939), puis pour la Twentieth Century-Fox Film Corporation (1939-1941) et Columbia Pictures (1943-1944). Enfin, il rejoint Universal Pictures, où il exerce la fonction de chef styliste entre 1945 et 1948. Son inventivité est toujours remarquable, en particulier dans des films comme Le Signe de Zorro de Rouben Mamoulian, produit par la Twentieth Century Fox Film Corporation en 1940, ou encore La Reine de Broadway de Charles Vidor, produit en 1944 par la Columbia Pictures, dans lequel Banton parvient à un subtil équilibre entre un design contemporain et le costume d'époque des années 1890. Au début des années 1950, Travis Banton connaît quelques difficultés dans l'exercice de son art. Soumis à une pression intense pour répondre à la demande croissante de créations haut de gamme, il voit aussi se détériorer ses relations avec certaines stars et certains dirigeants des grands studios en raison d'un alcoolisme qui diminue sa fiabilité. La nostalgie de la côte Est se fait aussi ressentir. Il décide de retourner à New York où sa carrière avait débuté. Il participe néanmoins à un dernier film hollywoodien, distribué par La Columbia Pictures, Rudolph Valentino, le grand séducteur de Lewis Allen en 1951. Travis Banton se retire ensuite de l'industrie cinématographique.
Acteur essentiel de l'âge d'or d'Hollywood, ses créations seront reconnues par ses pairs comme des œuvres d'une grande valeur artistique. Une grande partie des maquettes de costumes de Travis Banton se trouve au Brooklyn Museum à New York.