Fedor Karamazov, ivrogne lubrique, mène joyeuse vie et étale complaisamment sa débauche devant son jeune fils, Alexis, qui ayant choisi la vie monastique, ne se permet de juger ni son père ni ses frères et désire seulement leur témoigner sa sincère affection dans la vie tumultueuse qu'ils mènent. Chargé par son frère Dimitri, jeune officier noceur, de réclamer une nouvelle avance sur l'héritage maternel, Alexis se heurte à son père ; celui-ci cédera une fois de plus, mais décide de soumettre au staretz Sossine le conflit qui l'oppose à ses fils. Le pieux et saint staretz demeure impuissant à trancher ce différend où chacun révèle le fond de son caractère. Nanti de l'avance, Dimitri repart pour de nouvelles orgies. Dédaigné au cours d'une soirée par la fille du colonel du régiment, la ravissante Katia, il se plaît à jouer au don Juan généreux en lui prêtant les cinq mille roubles qui sauveront son prère du déshonneur. Intelligente et fière, Katia sera si surprise par l'attitude de Dimitri qu'elle en devient très amoureuse. Cet amour ne la quittera plus et ne sera jamais payé de retour. Devenue orpheline et très riche, Katia se fiance à Dimitri. Mais, tandis qu'elle arrive se fixer dans la famille Karamazov, Dimitri s'éprend de Grushenka, coquine stupide, fourbe et sans pitié, jeune maîtresse de son vieux père. Katia trouve en Ivan, le second frère de Dimitri, un ardent soupirant. Elle repousse l'amour de ce brillant journaliste, athée et révolutionnaire. Ivan n'a pas été sans subjuguer le faible Smerdiakov, insociable, taciturne, épileptique, bâtard, recueilli sous le toit paternel comme cuisinier. Maladivement attaché à Ivan, déséquilibré, c'est lui qui portera le coup mortel à ce père débauché et violent que ses fils haïssent, à l'exception d'Alexis. Dimitri est accusé du meurtre de son père et condamné aux travaux forcés. Par dépit, Katia a déposé contre lui et l'a fait condamner. Grushenka, si diverse et fuyante, se révèle tendrement attachée à Dimitri et l'aide à fuir en acceptant de partager son sort d'exilé. Mais Dimitri refuse de s'enfuir sans s'être arrêté au chevet du jeune Ilioucha, dont il a offensé le père et qui se meurt de consomption et de chagrin. Il lui demande pardon. L'enfant mourra apaisé, tandis que la diligence emmène pour un nouveau destin le couple Dimitri-Grushenka.