Lydia

Film

Lydia

Julien Duvivier

Année de production :  1941

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Autres titres :

  • d'après le film "Un carnet de bal" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 24/07/1946

Société(s) de production :

Description

Résumé

Sur la terrasse d'un gratte-ciel, une vieille dame qui consacre sa fortune à une oeuvre de jeunes aveugles, rencontre trois hommes mûrs qui, il y a quarante ans, la demandèrent en mariage et purent se croire aimés d'elle. Elle leur avoue qu'elle en aimait un quatrième, un marin, qui n'est jamais revenu comme il l'avait promis et qu'elle aime toujours. Lorsque ce dernier arrive quelques instants plus tard, il ne la reconnaît même pas.

Genre : Fiction

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

« Femmes, c’est votre film ! » proclame presque unanime la critique. «Doux, charmant, sentimental, avec Merle Oberon faisant merveille. Le film raconte, en flash-back, quarante ans de la vie d’une femme, et Merle vieillit admirablement, de la jeunesse à l’âge mûr, jusqu’à la vieillesse. Exercice difficile pour n’importe quelle actrice, mais réussi pour Merle.» Rares, cependant, sont ceux qui considèrent que la structure en flash-back du film est vraiment satisfaisante. Ainsi, The Film Weekly écrit: «Le film raconte l’histoire à rebours, sous forme de souvenirs... Cet artifice, tout à la fois, met en valeur et ralentit la progression dramatique. Le début paraît lent, voire laborieux avant de trouver un rythme satisfaisant, et s’attarde trop longtemps sur les héros vieillissants, dont les aventures de jeunesse sont pourtant l’intérêt principal du récit. Mais, après avoir commencé de manière un peu nonchalante, il prend sa vitesse de croisière, et ménage des scènes fortes et passionnées, brassant les épisodes d’un drame émouvant, jusqu’à sa conclusion, grâce à une mise en scène sûre et précise.»

Pour America, «l’ambition de Duvivier, auteur et réalisateur de ce film inhabituel [sic], semble être cette idée que nous embellissons le passé avec ce même instinct qui nous pousse à justifier nos erreurs après coup. L’atmosphère de désillusion qui domine le film naît d’un contraste saisissant entre les événements passés et le souvenir de ces mêmes événements, et hésite entre l’amertume et une sorte d’humour charmant… La mise en scène de Duvivier alterne les scènes délicates et fantaisistes et d’autres à la sincérité plus brutale, comme sa tragique conclusion, et l’ensemble évoque fortement l’un des grands succès français du réalisateur, Carnet de bal.» De fait, beaucoup se souviennent de cet opus duvivien, et la comparaison est rarement en faveur de Lydia. Le New York Times déclare que «Lydia n’est qu’un nouvel avatar de ces drames sentimentaux et larmoyants où une femme passe en revue ses amours défuntes. Celui-ci est plutôt agréable, grâce à la présence de Merle Oberon, mais trop englué dans son romantisme et dans son goût du pathos pour être vraiment satisfaisant. L’histoire est un mélange un peu incongru de faits épars, les souvenirs confus d’une femme âgée qui contemple sa jeunesse capricieuse et agitée, et ses amours avec quatre fougueux prétendants…» Et, une nouvelle fois, on note que, si le film semble bancal, «la faute en revient à sa construction et à son scénario. L’histoire est décousue, et, du coup, le dialogue hésite entre des discours poétiques ampoulés et de pesants et solennels monologues.»

Pour Variety, «Le film, quoique parfois trop long dans certains développements, présente un attrait certain pour le public féminin, et devrait être, commercialement, un succès, soit seul, soit couplé avec un autre programme... L’histoire originale, signée Julien Duvivier et L. Bush-Fekete, évoque, sur le mode mineur, les frustrations romantiques de La Vieille Fille, et le récit raconté à la première personne qui est la toile de fond de Rebecca. En résumé, c’est l’histoire d’une jeune fille courtisée, aimée, par trois [sic] hommes de condition différente. D’un point de vue technique, c’est une grande réussite, et, notamment, le travail à la caméra de Lee Garmes est particulièrement frappant. Les dialogues et le récit, qui abusent de raccourcis pour accélérer le rythme de l’histoire, n’y parviennent guère, sous la direction plutôt désinvolte de Duvivier. Ce dernier s’en tient à la pratique européenne, qui favorise la psychologie aux dépens du mouvement, ralentissant ainsi considérablement le déroulement... [Malgré tout], le public féminin appréciera probablement…»

Et Harrison’s Report de surenchérir sur cette appréciation vaguement désobligeante: «Ce drame romantique, raconté en flash-back, est une excellente production qui bénéficie d’une interprétation habile. Mais elle est destinée uniquement aux adultes, et s’adresse presque exclusivement aux femmes. Pour ce qui concerne les hommes [sic], le rythme est trop désinvolte, et, pour leur goût, l’histoire paraîtra trop sentimentale. D’autant plus que c’est le genre de film où il y a plus de dialogues que d’action.» Certes! Ce que Film Weekly résume admirablement, dans ce strict point de vue commercial qui (parfois) fait le charme de la critique américaine: «La présence de Merle Oberon et l’attrait romantique du film le destinent résolument au public féminin adulte du week-end, mais, pour le box-office, son intérêt est limité à cette catégorie de la population. On le présentera avec, en complément, un film d’action populaire de série B.»

Et, parmi les critiques les plus acides, on relève celle de John Mosher dans le New Yorker qui, s’en prenant aux riches origines de l’héroïne, semble plutôt peu apitoyé par son destin: «La pauvre fille a si peu de chance avec ses hommes que, finalement, elle décide de s’en tenir aux bonnes œuvres. D’ailleurs, la première fois que nous la voyons, c’est une vieille fille démodée, qui retrouve en même temps ses quatre principaux soupirants. Le département maquillage a pris un plaisir pervers à nous montrer Merle Oberon, Alan Marshall, Joseph Cotten... ridés, ratatinés, craquelés, rien que pour les magnifier, en contraste à ce lugubre spectacle, dans l’éclat de leur jeunesse et de leur beauté.»

(Yves Desrichard, 2001)

 

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : MOSHER (John), New Yorker, 20/09/1941.
  • Périodique : America, 20/09/1942.
  • Périodique : ANOUIL (W. A.), The Boro advertiser and Morecambe and Heysham times, 20/03/1942.
  • Périodique : CARROLL (Harrison), Los Angeles herald examiner, 06/11/1941.
  • Périodique : Ciné-miroir, n° 796, 26/07/1946.
  • Périodique : Cité-soir, 31/07/1946.
  • Périodique : Evening news of India, 23/01/1942.
  • Périodique : Film weekly, 16/04/1942.
  • Périodique : FRASER (Cedric), Evening express, 07/03/1942.
  • Périodique : Harrison's reports, 23 (34), 30/08/1941.
  • Périodique : Hollywood reporter, 11/08/1941.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 1168, 03/08/1946.
  • Périodique : The examiner, 28/02/1942.
  • Périodique : The New York times, 19/09/1941.
  • Périodique : THEVENOT (Jean), L'écran français, n° 57, 31/07/1946.
  • Périodique : Times of India, 23/01/1942.
  • Périodique : Variety, 20/08/1941.
  • Périodique : WATERS (Elma), Sunday chronicle, 01/03/1942.

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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