Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1937
Date de sortie en France :
- 25/02/1937
Société(s) de production :
Description
Résumé
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 87
Couleur/NB : Noir et blanc
Dans la presse
Panorama critique
L'accueil de la critique est à l'image de l'accueil public, presque unanimement désastreux. Même Pour vous, sous la plume de Serge Veber, est des plus expéditifs : « Avec de tels moyens, pouvait-on ne pas faire un très bon film ? Non, n’est-ce pas ? Eh bien, si ! Avouez qu’il fallait y mettre de la mauvaise volonté ! Pourtant, tous ceux que nous venons de nommer [Duvivier et les principaux acteurs] ont fait tout ce qu’ils ont pu, et de leur mieux. Donc, on ne peut rejeter la faute de cet échec que sur le scénario et les dialogues, qui sont d’une platitude presque insolente, tant elle a l’air voulue [sic] ». L’indulgence de Pierre Ogouz, dans Marianne, est presque aussi terrible : « À vrai dire, on retrouve ici le défaut commun à tous les films qui se veulent publics : une ingénuité, une candeur excessives, propres — selon les producteurs — à rallier les suffrages les plus nombreux, mais qui confinent immanquablement à la sottise. À telle enseigne que l’emploi, dans un film, d’un artiste très populaire, finit par constituer, pour l’ouvrage en question, un brevet d’imbécillité… L’Homme du jour, terminé depuis longtemps, était resté un certain nombre de mois dans ses boîtes, et ce retard à paraître avait fait naître les bruits les plus défavorables sur le compte du film. Est-ce la réputation fâcheuse qui s’attachait par avance à l’ouvrage ? Nous l’avons trouvé meilleur que nous l’attendions. Mise à part la puérilité de l’intrigue, il reste, en effet, une certaine ampleur dans la réalisation, où l’on retrouve, sinon l’esprit, du moins le tour de main large et vigoureux de Julien Duvivier. Le film n’est pas ennuyeux. Il règne ici un air cordial, une probité, une gentillesse qui nous changent des préceptes déshonnêtes que prodiguait Avec le sourire ». On se doute que, dans L’Action française, François Vinneuil ne pouvait pas ne pas s’épandre sur un pareil échec, et, de fait, il s’y livre avec une soigneuse délectation : « M. Duvivier est un infatigable travailleur. Plût aux dieux qu’il subît enfin une crise de paresse. Car chacun sait que pour un bon ouvrage, il en signe dix mauvais. Nous venons d’avoir le mois dernier un Duvivier solidement construit avec Pépé le Moko. C’est assez dire qu’il va falloir attendre quelque dix-huit mois pour revoir un autre film honorable de ce metteur en scène. Dans L’Homme du jour, M. Duvivier fait appel à M. Maurice Chevalier. Ne haussez pas si haut les épaules : c’est un projet que caressa M. René Clair, et il y a certainement chez M. Chevalier une bonhomie, un naturel dans la gouaille qui ne demanderaient qu’à s’épanouir sous une direction intelligente. Mais M. Duvivier a choisi aussi comme scénariste M. Charles Vildrac. Personne n’ignore que M. Vildrac est un homme de gauche, il nous l’a assez fait connaître. Il n’est rien de tel que ces démocrates qui ont sans cesse l’éducation du peuple à la bouche pour se livrer à la plus affligeante démagogie chaque fois que l’occasion leur est donnée de s’adresser vraiment à ce peuple. L’histoire perpétrée par M. Charles Vildrac… ne peut s’expliquer que par un effroyable mépris du public : “Ces brutes, on va leur en donner pour leur argent”… C’est à qui, du texte ou de l’image, l’emportera en vulgarité. On peut bien, ensuite, appeler à la rescousse les artistes les plus populaires : ils ne sauveront pas la partie ». Et seul René Bizet, dans Le Jour, trouve quelques pauvres charmes au film, rejetant ses faiblesses sur le malheureux Vildrac : « Le sujet offert par le scénariste de L’Homme du jour à Julien Duvivier… ne se recommande ni par l’imprévu, ni par l’ingéniosité, ni même par une connaissance particulière de la psychologie populaire…. On ne bêtit pas plus gentillette, plus facile, plus honnête histoire. On souhaiterait seulement que les personnages fussent moins conventionnels, et qu’on nous épargnât le jeune ouvrier qui ne sait pas se tenir à table, qui dit le mot de Cambronne au dessert, et qui ne tient plus sur ses jambes au café. Mais enfin, Julien Duvivier a fait de son mieux. Il a égayé cette aventure de son ingéniosité… Dans l’ensemble, le film n’est jamais ennuyeux ni vulgaire. Le mérite en revient à celui qui fit Pépé le Moko. Il ne faudrait pas beaucoup de films comme celui-là pour qu’on accordât la première place au metteur en scène dans un film et pour qu’on comptât le scénariste pour un élément de faiblesse. Car Chevalier, lui aussi, est supérieur à son scénario. Il est simple, gai, il dépose le masque que l’Amérique lui mit au visage ».
(Yves Desrichard, 2001)
Bibliographie éditoriale
Consultation
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