Le Dernier métro

Film

François Truffaut

Année de production :  1980

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1980

Date de sortie en France :

  • 17/09/1980

Description

Résumé

Alors que les Allemands occupent la moitié de la France, Marion Steiner ne pense qu'aux répétitions de la pièce qu'elle doit monter au théâtre Montmartre dont elle assure la direction depuis que son mari, Lucas, juif allemand, s'est enfui de Paris. En réalité, Lucas s'est réfugié dans les sous-sols du bâtiment. Chaque soir, Marion vient lui rendre visite et commente avec lui le travail des comédiens et notamment celui du nouveau jeune premier de la troupe, Bernard Granger. Ami de toujours, Jean-Loup Cottins, qui a ses entrées chez les Allemands, assure la mise en scène. La concierge, Germaine, et le débrouillard régisseur, Raymond, font aussi l'objet des conversations. Surveillée sans relâche par un critique pro-nazi du nom de Daxiat, Marion doit d'autant plus jouer la prudence, que Bernard, membre d'un réseau de résistance poursuit activement la lutte contre l'ennemi tandis que Raymond pour rendre service, se livre, lui, sans vergogne au marché noir. Après la Générale, et le succès de la pièce, excédé par le "papier" provocateur de Daxiat, Bernard est à l'origine d'un scandale qui l'incite à choisir ouvertement son camp. Il abandonne alors le théâtre mais sauve la vie de Lucas et avoue son amour à Marion avant de partir. C'est au théâtre et sur scène, en compagnie de Marion et de Lucas qu'il se retrouve néanmoins à la fin de la guerre.

Genre : Fiction

Date de tournage :

  • 28/01/1980 - 21/04/1980

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 128

Couleur/NB : Couleur

Dans la presse

Citations

Véronique Doduik :

Les Échos
« Il fallait sans doute la sensibilité pudique, la lucidité tendre, la chaleureuse malice d’un François Truffaut pour rendre aussi bien que dans ce Dernier métro ce mélange d’intolérable et de quotidien. (…) Un film simple, presque linéaire, toujours un peu… en deçà, sans flonflons et pourtant, mine de rien, prodigieusement riche. (…) Truffaut (…) a l’art précisément de ne rien préciser. Il suggère, et c’est tellement plus vrai. »
Annie Coppermann, 17/09/1980

L’Express
« Ce Dernier métro est plutôt une œuvre de plénitude, l’aboutissement de multiples désirs jusqu’alors ébauchés, à commencer par cette envie qui démangeait Truffaut de célébrer, un jour, les noces souterraines du cinéma et du théâtre. (…) L’approche de Truffaut est quasiment charnelle. On touche ici du doigt le pan d’un décor, on respire la poussière des coulisses, on frissonne sous l’humidité… »
Michel Delain, 20/09/1980 

Le Figaro
« Truffaut se livre à un merveilleux travail de reconstitution d’une époque, de son atmosphère, de ses dangers et surtout de la normalité qui s’était peu à peu instaurée à partir de composantes parfaitement insoutenables. (…)
Rien d’explosif et d’excessif. François Truffaut est le maître du ton juste. »
Claude Baignères, 17/09/1980

Le Figaro Magazine
« Catherine Deneuve transforme sa froideur naturelle en cette sorte de brûlure presque insoutenable que l’on éprouve parfois au contact de la glace. »
François Chalais, 20/09/1980

France Soir
« Le plus immédiatement séduisant dans chacun des films de François Truffaut, c’est l’amour du spectacle qui en émane, avec le goût, l’art et la manière de bien raconter une bonne histoire génératrice d’émotion. (…) Truffaut filme avec une sorte de tendresse les scènes théâtrales qu’il a choisies pour permettre de suivre l’évolution des sentiments des interprètes dans la vie. (…) [Le Dernier métro] est l’un des films les plus maîtrisés de François Truffaut. »
Robert Chazal, 17/09/1980

L’Humanité
« Les erreurs de détail ? Elles sont minimes…(…) Mais l’essentiel est que le climat général de Paris occupé est très scrupuleusement restitué (…) C’est toute la vie quotidienne qui est rendue dans son intimité, comme dans ses aspects plus publics. Mais la force de Truffaut est aussi d’avoir su parfaitement imbriquer la trame dramatique de la pièce représentée sur scène (…) dans la trame dramatique du réel, la réalité de ces années noires…. »
Albert Cervoni, 17/09/1980

L’Humanité Dimanche
« Le Dernier métro parle d’amour. De l’amour et de l’amour du spectacle et de la vie. Après la Camilla du Carrosse d’or (Renoir est partout présent dans le film), il nous demande où finit l’un et où commence l’autre. Mais avec plus de gravité peut-être. (…) Le Dernier métro prouve aux nécromanciers [sic] imbéciles du cinéma français qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le cinéma d’auteur et cinéma populaire. Bien au contraire. »
Gérard Vaugeois, 21/09/1980

Libération
Avec Le Dernier métro, François Truffaut entend rendre hommage aux gens du spectacle, en particulier aux comédiens. (…) Les spécialistes du cinéma de Truffaut, eux, retrouveront dans Le Dernier métro l’esprit de La Nuit américaine : déclaration d’amour d’un artiste à l’art. »
Gilbert Rochu, 17/09/1980

Libération
« Rarement, à notre époque, un film aura montré autant que Le Dernier métro une telle richesse de sentiments, une telle panoplie de personnages - donc d’acteurs - un aussi complexe entrelacs de relations mises en situation, un tel jeu de quiproquo entre ce qui est dû à la description d’un moment historique (…) et ce qui est dû à des traits du caractère humain, éternels, au-delà des limitations imposées par les conflits politiques. » 
Serge Toubiana, 17/09/1980

Le Matin
« Il y a peut-être un fléchissement au milieu du film (…) [Truffaut] se refuse ici l’optique romanesque, livresque, qu’il a coutume d’adopter et on sent qu’elle lui manque. Mais c’est une chose que l’on sait depuis longtemps et qui finit par faire l’originalité de son cinéma. » 
Michel Pérez, 17/09/1980

Le Matin
« (…) Le Dernier métro est un film-miroir où le vrai renvoie au faux qui lui-même renvoie au vrai, où Truffaut n’en finit plus de jouer avec le jeu. »
Caroline Babert, 23/09/1980

Le Monde
« La couleur elle-même (…) semble être du noir et blanc interprété pour redonner l’idée de ce temps passé (le travail de Nestor Almendros est admirable). (…) Les acteurs sont ici très étonnants : Heinz Bennent félin en cage, Poiret se parodiant (…), mais les actrices sont en position dominante car - cela n’a rien d’étonnant avec Truffaut - Le Dernier métro est un film de femmes. »
Jacques Siclier, 18/09/1980

Les Nouvelles littéraires
« C’est cela qui fait de Truffaut un cinéaste unique : cette alliance subtile et naturelle du charme et de la gravité. »
Michel Boujut, 18/09/1980

Le Nouvel Observateur 
« Question amour-tout-court, Truffaut n’hésite pas à marcher sur les traces du génial Alfred. En lui empruntant ce savant mélange d’aventure et de sentiment, c’est-à-dire de sexe, qui trouble et captive à son insu le spectateur des plus beaux Hitchcock. (…) La limite du Dernier métro, il faut la chercher ailleurs que dans ces influences sublimées. Elle tient, comme d’habitude, à sa qualité même : le goût de la clarté, de la logique (…) Chez [Truffaut], un temps mort - et il y a des temps morts dans Le Dernier métro - reste un temps mort. »
[S.N.], 06/09/1980

La Nouvelle République du Centre-Ouest
« Truffaut a joué et gagné, en maître, sur plusieurs tableaux à la fois : celui de la vie quotidienne sous l’Occupation, celui du milieu théâtral, celui des caractères de ses personnages. (…) La reconstitution historique des années 42-44 (…) constitue surtout une performance artistique encore jamais atteinte dans le genre, car Truffaut parvient à l’évoquer “de l’intérieur”. »
Bernard Hamel, 26/09/1980

Pariscope 
« Magnifiques, [les interprètes] semblent tous jouer pour le plaisir des personnages à double face qui jouent, eux, à des jeux dangereux, de cache-cache, d’amour et de hasards, comme chez Lubitsch, ou Renoir ou Guitry… » 
José-Maria Bescos, 24/09/1980

Le Parisien libéré
« Sans doute retrouve-t-on dans Le Dernier métro toutes les qualités qui caractérisent le cinéma de François Truffaut. Rigueur de la mise en scène, perfection tant du découpage que du montage, scénario chevillé et dialogues dont chaque mot est essentiel. A cela s’ajoute une direction de comédiens précise, vigoureuse et implacable. »
Eric Leguebe, 22/09/1980 

Le Point
« Naguère, le grand Lubitsch fit un film désopilant et courageux qui se passait dans un théâtre sur une très sérieuse histoire de résistance à l’occupant. François Truffaut avait adoré ce To be or not to be. Il nous en offre aujourd’hui une version à la française. »
Pierre Billard, 15/09/1980 

Télérama
« Le Dernier métro se sert du réalisme et de l’Histoire comme d’une rampe de lancement. Ce n’est pas une chronique douce-amère sur les années quarante. C’est un tableau en perspective sur l’irrationnel sentimental. C’est du Truffaut de grande cuvée où rôdent, fantomatiques, l’ombre du garde-chasse de La Règle du jeu et le souvenir de l’inoubliable cabotine du Carrosse d’or ; où trône, olympienne, la blonde, belle, hitchcockienne Catherine Deneuve, de glace et de feu, entourée des lutins de la passion. »
Gilbert Salachas, 17/09/1980

Panorama critique

Véronique Doduik :

Après La Nuit américaine (1972) sur le monde du cinéma, c’est sur le monde du théâtre que François Truffaut braque ses projecteurs avec Le Dernier métro, son dix-neuvième long métrage qui sort sur les écrans français en septembre 1980. Il y décrit la vie fiévreuse d’un théâtre parisien qui lutte pour survivre dans les années noires de l’Occupation allemande. L’occasion pour le cinéaste de rendre hommage aux gens du spectacle et de mettre le théâtre au cœur de la vie. Le film sera couronné par dix césars.

UNE ŒUVRE DE LA MATURITÉ

Les critiques s’accordent pour reconnaître que Le Dernier métro est un « grand cru » truffaldien : « Une œuvre de plénitude » (L’Express), « l’un des films les plus maîtrisés de François Truffaut » (France soir). Eric Leguebe s’enthousiasme dans Le Parisien : « Sans doute retrouve-t-on dans Le Dernier métro toutes les qualités qui caractérisent le cinéma de François Truffaut. Rigueur de la mise en scène, perfection tant du découpage que du montage, scénario chevillé et dialogues dont chaque mot est essentiel ».

UN HOMMAGE AU MONDE DU SPECTACLE

C’est le regard amoureux que Truffaut porte sur les gens de théâtre que retiennent tout d’abord les critiques : « Truffaut a eu l’idée remarquable de faire que Le Dernier métro soit d’abord un film sur la passion du théâtre. Et de ne montrer les temps difficiles que traversent les personnages que par leur regard. Ne les observer que du lieu privilégié (mais menacé) où ils exercent leur profession. Les gens que nous voyons dans Le Dernier métro réagissent d’abord en hommes et en femmes de théâtre et leur engagement dans le combat contre l’occupant s’inscrit dans le même mouvement de passion qui les porte à continuer de faire leur métier » (Le Matin). Comme le souligne la presse dans son ensemble, Le Dernier métro est l’occasion pour Truffaut de rendre hommage aux troupes théâtrales qui continuèrent à jouer malgré les pénuries et la censure allemande. Ainsi, pour L’Humanité dimanche, « Les comédiens survécurent à cette époque d’intolérance et apportèrent au public une forme de rêve, d’évasion et même d’amour. Ce film est fait pour ça. Il révèle une autre face de l’Occupation ». En cela, Le Dernier métro renvoie à cet autre film où Truffaut célébrait déjà la création artistique : « Les spécialistes du cinéma retrouveront dans Le Dernier métro l’esprit de La Nuit américaine : déclaration d’amour d’un artiste à l’art » (Libération). Peu importe finalement que ce film se situe pendant les années d’Occupation. Le Dernier métro est « un petit film sur l’Occupation, et un grand film d’amour sur le théâtre, un grand film d’amour sur l’amour », affirme Le Nouvel Observateur.

LA PEINTURE D’UNE ÉPOQUE

Si le propos du Dernier métro est intemporel, la presse est sensible toutefois à la qualité de la reconstitution historique. « Truffaut se livre à un merveilleux travail de reconstitution d’une époque, de son atmosphère, de ses dangers et surtout de sa normalité … », écrit Le Figaro. Pour Les Nouvelles littéraires, ce n’est « pas un film d’époque, mais le film d’une époque ». « François Truffaut, inspiré par le climat ambigu et fascinant du Paris de l’Occupation, en révèle la pesanteur avec un mélange de clairvoyance critique et de chaleur romantique qui fait le charme capiteux de ses meilleures confidences filmées », estime Télérama. Pour L’Express, « C’est cette couleur de l’Occupation qu’a magnifiquement restituée François Truffaut. Le Dernier métro est un bain nuancé d’émotions et de lumières. L’approche de Truffaut est quasiment charnelle. On touche ici du doigt le pan d’un décor, on respire la poussière des coulisses, on frisonne sous l’humidité… ». Conjointement à celui du décorateur Jean Kohut-Svelko, le travail du directeur de la photographie, Nestor Almendros, collaborateur régulier du cinéaste depuis L’Enfant sauvage (1969), est particulièrement apprécié : « Nestor Almendros a recherché et trouvé une tonalité qui réintègre dans le réalisme de la couleur une dimension de souvenir, sinon de nostalgie (…) par une sorte de série de dominantes chromatiques qui établit quelque chose de l’ordre d’un recul historique, une sorte d’irréalité visuelle dans le réalisme descriptif indéniable », souligne L’Humanité. « Les rues sont grises et joliment lugubres comme dans les films réalistes-poétiques de l’époque » (Télérama). « La couleur elle-même semble être du noir et blanc interprété pour redonner l’idée de ce temps passé, nuit et brouillard, éclairages réduits, climat entre chien et loup », note Le Monde qui précise toutefois que « cette esthétique est à l’opposé du « décoratif rétro ». François Truffaut tient à la distance de l’illusion cinématographique, avec sa part d’artifices et de stylisation… ». En effet, « la reconstitution historique des années 42-44 constitue surtout une performance artistique encore jamais atteinte dans le genre, car Truffaut parvient à l’évoquer de l’intérieur », remarque La Nouvelle République du Centre-Ouest. Albert Cervoni dans L’Humanité pointe néanmoins des « erreurs de détail » dans la reconstitution historique, « minimes, mais qui ont leur gravité fondamentale, certains « illogismes » comme la vraisemblance de la cachette du directeur du théâtre dans sa cave ». Mais le journaliste reconnaît que « l’essentiel est que le climat général de Paris occupé est très scrupuleusement restitué » et que « c’est toute la vie quotidienne qui est rendue dans son intimité, comme dans ses aspects plus publics ».

LA DIRECTION D’ACTEURS

La performance des interprètes est très remarquée : « Une direction de comédiens précise, vigoureuse et implacable », pour Éric Leguebe dans Le ParisienL’Humanité souligne, sous la plume d’Albert Cervoni, que « la force de Truffaut est d’avoir su recruter et diriger ses interprètes. Il a apporté une extrême attention à la finition de chaque silhouette individuelle, pour les rôles centraux comme pour les personnages plus au second plan, voire à l’arrière-plan, mais qui n’en constituaient pas moins autant le tissu social de Paris en 1942-1943 autour d’un théâtre, autour du milieu théâtral ». Une mention spéciale est décernée aux acteurs principaux : « Ce très beau film, à la fois réaliste et discret, donne aussi un très beau rôle à Catherine Deneuve, femme forte et fragile, comédienne, amoureuse et gestionnaire. Mais aussi à Depardieu, un rôle tout en finesse qu’il habite avec une rigoureuse sobriété » (Les Échos). L’Humanité ajoute : « Si Jean Poiret, si Gérard Depardieu et Andréa Ferréol donnent leurs excellents résultats habituels, Catherine Deneuve a probablement trouvé là son meilleur rôle, plus nuancée, plus expressive, plus sensible qu’elle ne l’est d’habitude… ». L’actrice incarne ici un personnage inhabituel et nouveau : « Catherine Deneuve, proche, vulnérable et combative, démaquille enfin totalement son mythe… » (L’Express). « Elle transforme sa froideur naturelle en cette sorte de brûlure presque insoutenable que l’on éprouve parfois au contact de la glace » (Le Figaro Magazine).

LES SOURCES D’INSPIRATION

Dans Le Dernier métro, le théâtre et la vie se rejoignent et se mêlent. « La force de Truffaut est d’avoir su parfaitement imbriquer la trame dramatique de la pièce représentée sur scène (…) dans la trame dramatique du réel » (L’Humanité). Jean Renoir et Alfred Hitchcock, deux des grands maîtres de François Truffaut, sont à la source de son inspiration : « C’est du Truffaut de grande cuvée où rôdent, fantomatiques, l’ombre du garde-chasse de La Règle du jeu et le souvenir de l’inoubliable cabotine du Carrosse d’or ; où trône, olympienne, la blonde, belle, hitchcockienne Catherine Deneuve, de glace et de feu, entourée des lutins de la passion (Télérama). « Le Dernier métro parle d’amour. De l’amour et de l’amour du spectacle et de la vie. Après la Camilia du Carrosse d’or, Truffaut nous demande où finit l’un et où commence l’autre », écrit Gérard Vaugeois dans L’Humanité dimanche. Gilbert Salachas renchérit dans Télérama : « Comme son bon maître Jean Renoir, Truffaut célèbre le paradoxe du comédien. Par le scénario, mais surtout par une mise en scène subtile, il célèbre les rapports vertigineux de la vie et de l’art, de la réalité et de sa représentation scénique, du concret et de l’abstrait ». « C’est, disons-le tout de suite, son Carrosse d’or. Une réflexion sur le thème : « Où est le théâtre ? Où est la vie ? », conclut Le Monde. Hitchcock est également cité en référence : « Question amour-tout-court, Truffaut n’hésite pas à marcher sur les traces du génial Alfred. En lui empruntant ce savant mélange d’aventure et de sentiment, c’est-à-dire de sexe, qui trouble et captive à son insu le spectateur des plus beaux Hitchcock. » (Le Nouvel Observateur). « François Truffaut sait ce qu’il doit à Hitchcock, ce suspense interminable et éprouvant, ce clignotement où la créature hésite entre l’ombre et la lumière… » (La Quinzaine littéraire). Et Le Nouvel Observateur de préciser : « Plus encore que les cadrages et les mouvements de caméra inspirés par Hitchcock, c’est ce style d’interprétation, ce feu sous la glace, qui révèle combien Truffaut approche la science de son idole ». Le grand maître de la comédie sophistiquée, Ernst Lubitsch est aussi convoqué : « Naguère, le grand Lubitsch fit un film désopilant et courageux qui se passait dans un théâtre sur une très sérieuse histoire de résistance à l’occupant. François Truffaut avait adoré ce To be or not to be. Il nous en offre aujourd’hui une version à la française » (Le Point).

LES DÉFAUTS DE SES QUALITÉS

Quelques critiques retrouvent dans Le Dernier métro certains « défauts » propres à son auteur : « La limite du Dernier métro, il faut la chercher ailleurs que dans ces influences sublimées. Elle tient, comme d’habitude, à sa qualité même : le goût de la clarté, de la logique. Chez Truffaut, un temps mort – et il y a des temps morts dans Le Dernier métro – reste un temps mort », écrit Le Nouvel ObservateurLe Matin partage ce point de vue : « Il y a peut-être un fléchissement au milieu du film. On ne sait trop pourquoi. Truffaut sans doute agit-il avec trop de prudence, de détachement. Il se refuse ici l’optique romanesque, livresque, qu’il a coutume d’adopter et on sent qu’elle lui manque. Il a des difficultés à regarder le drame en face. Mais c’est une chose que l’on sait depuis longtemps et qui finit par faire l’originalité de son cinéma. »

TRUFFAUT AU SOMMET DE SON ART

Pour finir, la plupart des critiques reconnaissent dans Le Dernier métro un auteur au sommet de son art : « Truffaut a joué et gagné, en maître, sur plusieurs tableaux à la fois : celui de la vie quotidienne sous l’Occupation, celui du milieu théâtral, celui des caractères de ses personnages… mais aussi, sur la manière d’intégrer ces fresques, ces portraits en un tout indissociable où le thème de « l’illusion comique », du paradoxe du comédien, saisi sur le vif au point qu’on y respire l’odeur même des planches, devient, comme naturellement, une sorte de miroir reflétant l’époque et les comportements, les réactions, les passions des êtres ». (La Nouvelle République du Centre-Ouest). « C’est cela qui fait de Truffaut un cinéaste unique : cette alliance subtile et naturelle du charme et de la gravité » (Les Nouvelles littéraires). Et Gérard Vaugeois dans L’Humanité Dimanche résume cette opinion en une phrase : « Le Dernier métro prouve aux nécromanciens imbéciles du cinéma français qu’il n’y a pas incompatibilité entre cinéma d’auteur et cinéma populaire ».

 

Récompenses et nominations

  • Meilleur film - Obtenu

Exploitation

Exploitation Paris : 24 salles, 68 semaines, 126 479 entrées la première semaine, 1 109 648 entrées totales

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Avant Scène Cinéma (L') n° 303-304, mars 1983
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 316, octobre 1980
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 440, février 1991
  • Périodique : Cinéma 80 n° 262, octobre 1980
  • Périodique : Cinéma français, n° 33, 1980
  • Périodique : Cinémaction n° 32, mai 1985
  • Périodique : Cinémaction n° 50, janvier 1989
  • Périodique : Dirigido por..., n° 81, mars 1981
  • Périodique : Jeune Cinéma n° 129, septembre 1980
  • Périodique : Positif n° 236, novembre 1980
  • Périodique : Première n° 40, juin 1980
  • Périodique : Première n° 42, septembre 1980
  • Périodique : Revue du Cinéma /Ecran n° 354, novembre 1980
  • Site Internet : Site rétrospective Truffaut par MK2

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

Collections liées