Philippe Garrel

Personnalité

Réalisateur, scénariste, producteur... : années 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  06/04/1948 - France - Boulogne-Billancourt, Seine

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Philippe Jean-François Alain Garrel

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Monteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Ingénieur du son, Auteur, Interviewer, Auteur secondaire

Biographie

Formation :

Bachelier à seize ans, Philippe Garrel signe aussitôt un premier court-métrage, Les Enfants désaccordés (1964). Il en réalise un second dans la foulée, sans avoir écrit de scénario au préalable, Droit de visite (1965). Il travaille alors pour l'émission de télévision " Seize millions de jeunes ". En 1966, il réalise un des épisodes, Anémone , avec une jeune actrice, Anne Bourguignon, qui prendra ce titre en pseudonyme.

Carrière :

Philippe Garrel est un cinéaste emblématique du cinéma français, connu pour son approche profondément intimiste et poétique, où se mêlent sobriété formelle, exploration des sentiments humains et un style visuel épuré qui lui confèrent une place unique dans l’histoire du cinéma d’auteur contemporain.
Alors qu'il se bat pour faire diffuser en salle Anémone, Philippe Garrel tourne son premier long métrage, Marie pour mémoire (1967). L'année suivante, il tourne un film muet, Le Révélateur, puis La Concentration et, en 1969, Le Lit de la vierge. Véritable auteur défendu par les Cahiers du cinéma, le réalisateur acquiert en quelques films une notoriété d'estime. Considéré comme un héritier de Jean-Luc Godard pour ses longs discours en plan fixe, de François Truffaut pour le thème de l'adolescence en crise, de Jean Eustache pour les errances des personnages, il forge cependant son propre style, fondé sur un cinéma intimiste - il fait jouer dans ses films sa propre famille et ses amis - qui met en scène ses obsessions les plus intimes, ses doutes existentiels. Dans les années 1970, il se démarque de ses contemporains par des récits linéaires, un montage fluide, des plans fixes, des décors minimalistes, des dialogues rares. La Cicatrice intérieure (1970) est construite sur un enchaînement de séquences sans coordination tournées dans des décors naturels. De lents mouvements de caméra et la musique de Nico - la chanteuse du groupe de rock The Velvet Underground apparaît dans plusieurs œuvres de Garrel - confèrent au film une dimension onirique et poétique. Dans les années 1980, Garrel s'éloigne de ses expérimentations et accorde une place au récit dans ses films. L'Enfant secret (1979) est son premier film prosaïque, et Liberté la nuit (1983), lui aussi pourvu d'un scénario, reste ancré dans le rêve. En 1991, J'entends plus la guitare, film dédié à Nico, met en scène (comme les films précédents) des personnages dont on ne connaît pratiquement rien et qui existent au travers de leurs gestes et de leurs regards, et non en raison de leur statut social. En 1995, il réalise Le Cœur fantôme, puis Le Vent de la nuit (1998) avec Catherine Deneuve dans le rôle principal. Garrel tourne en 2001 Sauvage innocence, une mise en abyme qui joue de la propre histoire du réalisateur, et en 2004 Les Amants réguliers, une évocation de mai 68 et de ses lendemains à travers sa jeunesse. Il y explore les thématiques des ravages de la drogue, de la naissance de l'amour et du désir de création, et conjugue pureté de la mise en scène et densité du récit. Philippe Garrel poursuit son travail d’introspection poétique tout en restant fidèle à son cinéma d’auteur. En 2010, il réalise Un été brûlant, un drame mélancolique traversé par les éléments naturels, la jalousie et la fragilité des relations humaines, avec Louis Garrel dans l’un des rôles principaux. Le film renouvelle ses explorations du territoire intime et du tourment amoureux, jouant sur la retenue des dialogues et la force des silences. En 2013, La Jalousie confirme cette veine, resserrant le cadre sur des personnages en proie à leurs doutes et à leurs désirs, toujours magnifiés par un style épuré et une photographie précise, révélant des tensions sourdes dans des gestes répétitifs. En 2015, avec L’Ombre des femmes (2014), présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, Garrel creuse le thème de l’infidélité et des rapports amoureux dans un Paris intime, mêlant récit sobre et regard incisif, faisant jouer Clotilde Courau et Stanislas Merhar. Dans la décennie suivante, Garrel ne cesse de cultiver son art du portrait et de la mise en scène minimaliste. L’année suivante, L’Amant d’un jour illustre ce goût pour les histoires d’amour atypiques et fragiles, avec un traitement tout en subtilité et retenue émotionnelle. En 2019, Le Sel des larmes déroule une fresque plus ample sur la jeunesse d’un homme confronté à ses propres contradictions, où la splendeur du cadre se mêle à la tension existentielle des personnages. En 2023, il signe Le Grand Chariot, film plus sombre et dramatique, qui s’inscrit dans une veine presque documentaire, avec une approche naturaliste révélant un Garrel plus engagé sur le plan social, tout en conservant sa mise en scène dépouillée et ses plans fixes caractéristiques.

Autres activités :

Philippe Garrel réalise pour la télévision Les Ministères des arts (1988). Il publie Philippe Garrel (1989) et Une caméra à la place du coeur (1992).

Filmographie

Longs métrages

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Ingénieur du son

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Cinéma 2 : l'image-temps : T. 2 / Gilles Deleuze.- Paris : Ed. de Minuit, 1985
  • Ouvrage : Cinéma parlant : Leos Carax, David Cronenberg, Arnaud Desplechin, Philippe Garrel, Hal Hartley, Emir Kusturica, Krzysztof Kieslowski....- Sèvres : La Sirène : Les Inrockuptibles, 1993
  • Ouvrage : Philippe Garrel / Philippe Garrel.- Paris : Studio 43 ; Dunkerque : Maison des Jeunes et de la Culture ; Pantin : Ciné 104, 1989
  • Ouvrage : Une caméra à la place du coeur / Philippe Garrel ; Thomas Lescure.- Aix-en-Provence : Admiranda/Institut de l'Image, 1992
  • Périodique : 24 images n° 77, été 1995
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 204, septembre 1968
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 287, avril 1978
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 344, février 1983
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 365, novembre 1984
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 376, octobre 1985
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 426, décembre 1989
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 437 (Suppl.), novembre 1990
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les) n° 443, mai 1991
  • Périodique : Cinéma n° 169, septembre 1972
  • Périodique : Cinéma n° 291, mars 1983
  • Périodique : Cinéma n° 310, octobre 1984
  • Périodique : Cinémaction n° 66, février 1993
  • Périodique : Positif n° 430, décembre 1996
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) n° 410, novembre 1985
  • Site Internet : Voyeurism of the Soul :The Films of Philippe Garrel

Relations professionnelles

Fait partie du groupe :

Collections liées