Ermanno Olmi

Personnalité

Nationalité :  Italie

Naissance :  24/07/1931 - Bergame, Italie

Décès :  07/05/2018 - Asiago, Vénétie, Italie

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Scénariste, Auteur de l'œuvre originale, Dialoguiste, Producteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur, Auteur, Préfacier, postfacier, Auteur secondaire, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Issu d'un milieu de paysans modestes, Ermanno Olmi grandit à Treviglio en Lombardie. La famille s'installe à Milan au début des années 1940. Après des études au lycée scientifique, puis aux Beaux Arts, Ermanno Olmi suit une formation théâtrale à l'Académia d'Arte Drammatica de Milan. Il arrête brusquement ses études à la mort de sa mère. En 1947, il est engagé comme simple employé par la compagnie d'électricité Edison Volta. Il s'occupe aussi des loisirs des salariés, en particulier du groupe théâtral, et fonde une revue. La Direction Générale de l'entreprise le remarque et lui confie la création d'une section cinéma. Ermanno Olmi se forme alors à la réalisation en tournant entre 1953 et 1961 une quarantaine de court métrages en 35 mm sur les activités industrielles d'Edison Volta. Ces premiers documentaires sur la condition des hommes au travail sont révélateurs de la préoccupation sociale qui sera un trait dominant de son oeuvre. En 1959, en décidant en cours de tournage de transformer l'un de ces films en long métrage de fiction, il réalise sa première œuvre personnelle, Le Temps s'est arrêté , (Il Tempo si è fermato ).

Carrière :

Héritier tardif du néo-réalisme italien, amoureux d'un cinéma authentique et humaniste, Ermanno Olmi est un conteur d'histoires dont la poésie transfigure la réalité pour rejoindre la fable sociale. En 1961, avec son second long métrage, L'Emploi (Il Posto ), Ermanno Olmi accède à la reconnaissance publique et critique. Le film décrit l'apprentissage amoureux d'un jeune milanais et ses débuts dans le monde du travail. En 1963, son troisième long métrage, Les Fiancés (I Fidanzati ) rencontre aussi un beau succès. Le cinéaste porte un intérêt sincère aux classes populaires, ouvriers, paysans et employés, sans pour autant adopter un discours politiquement engagé. Sa recherche de l'authenticité lui fait d'ailleurs préférer des acteurs non-professionnels. Ermanno Olmi développe son activité de producteur en créant en 1961 une société indépendante, " 22 Dicembre ". L'année 1969 marque son retour à la réalisation avec un film pour la télévision italienne, L'or dans la montagne (I recuperanti ) sur la vie des ramasseurs de surplus de guerre, et un long métrage pour le cinéma, Un certain jour (Un certo giorno ). À la fin des années 1960, le cinéaste quitte Milan pour s'installer près de ses amis paysans, dans la montagne à Asiago en Vénétie, où il prépare, monte et parfois tourne ses films, travaillant avec de petits budgets en cumulant les fonctions de producteur, réalisateur, photographe et même acteur. Ermanno Olmi, jusqu'ici connu comme un auteur de documentaires et de films d'entreprise, et totalement inconnu du grand public, est brusquement projeté dans la lumière lorsque son film L'Arbre aux sabots (L' Albero degli zoccoli ) obtient la Palme d'or au Festival de Cannes en 1978. Considéré unanimement comme une oeuvre majeure, le film est aussi pour lui un aboutissement : très attaché à ses origines paysannes, le cinéaste a retranscrit des récits de sa grand-mère et des souvenirs d'enfance dans cette vaste fresque retraçant l'histoire de quatre familles de paysans pauvres dans une grande ferme en métairie près de Bergame, à la fin du XIXe siècle. Un an de tournage en décors naturels, des paysans dans leurs propres rôles et parlant leur dialecte, cette chronique est une bouleversante méditation lyrique sur le monde paysan du siècle dernier. Dans cet élan, Olmi crée en 1980 l'école-atelier " Ipotesi Cinema " à Bassano del Grappa, près de Milan, sur le modèle des " botteghe ", les ateliers de peinture de la Renaissance, prônant l'enseignement des métiers du cinéma par l'expérimentation, de façon non conventionnelle mais néanmoins professionnelle. Très affaibli par la maladie dans les années 1980, Ermanno Olmi espace ses long métrages. Il produit cependant plusieurs films pour la télévision italienne dont, en 1980, une parabole remarquée sur le pouvoir politique, tirée de l'histoire des rois mages de l'Évangile, À la poursuite de l'étoile ( Cammina, cammina ). En 1987, Longue vie à la signora (Lunga vita alla signora ) marque son retour auprès du grand public, poursuivi avec le très grand succès de La Légende du saint buveur (La leggenda del santo bevitore ), Lion d'or à la Mostra de Venise en 1988. En 1994, il tourne Genesi : La creazione e il diluvio , film dont le cinéaste dit être le plus fier. Il fait un passage remarqué au Festival de Cannes en 2001 avec Le Métier des armes (Il Mestiere delle Armi ), sur Jean de Médicis, condottiere du XVIe siècle vaincu par l'usage déloyal du progrès technique. Il tourne ensuite En chantant derrière les paravents (Cantando dietro i paraventi ), avec Bud Spencer, histoire de piraterie et fable de paix sur le renoncement à la force. En 2005, il co-réalise Tickets , avec Ken Loach et Abbas Kiarostami. Après quelques documentaires et court métrages réalisés entre 2007 et 2009, Ermanno Olmi tourne en 2010 Le Village de carton (Il Villaggio di cartone ), expérience cinématographique à visée métaphysique et politique, avec Michael Lonsdale et Rutger Hauer.

Autres activités :

Entre 1964 et 1973, Ermanno Olmi tourne pour la télévision italienne des enquêtes à caractère historique et social, ainsi que de nombreux films publicitaires. Dans les années 1980, il met en scène plusieurs opéras.

Filmographie

Longs métrages

Auteur de l'œuvre originale

Dialoguiste

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Cinéma et spiritualité : Robert Bresson, Andreï Tarkovski, Ermanno Olmi, Krzyzstof Zanussi, Alain Cavalier. - Bruxelles : Organisation Catholique Internationale du Cinéma et de l'Audiovisuel, 1988.
  • Ouvrage : Cinéma-paysages : carnet de notes pour un film sur le Pô : éloge du silence / Thierry Roche. - Crisnée : Yellow now, 2013.
  • Ouvrage : Encoutering directors / Samuels Charles Thomas. - New-York : G.P. Putnam's sons, 1972.
  • Ouvrage : Ermanno Olmi / Jeanne Dillon. - Firenze : La nuova Italia, 1985.
  • Ouvrage : Ermanno Olmi / Morando Morandini. - Milano : Editrice Il Castoro, cop. 2009.
  • Ouvrage : Ermanno Olmi : il cinema, i film, la televisione, la scuola / a cura di Adriano Aprà. - Venezia : Marsilio, 2003.
  • Ouvrage : Ermanno Olmi : l'esperienza di Ipotesi cinema / a cura di Elisa Allegretti e Giancarlo Giraud. - Genova : Le Mani, 2001.
  • Ouvrage : Festival de La Rochelle, 15, 1987 : XVe Festival international du film de La Rochelle, 28 juin - 8 juillet 1987 / Festival international du film de La Rochelle. - [Fontenay-sous-Bois : Impr. Quotidien
  • Ouvrage : Il sentimento della realtà / Ermanno Olmi ; libro intervista di Daniela Padoan. - Milano : Ed. San Raffaele, 2008.
  • Ouvrage : Il sergente nella neve : la sceneggiatura / Ermann Olmi, Mario Rigoni Stern ; a cura di Gian Piero Brunetta. - Torino : Einaudi, cop. 2008.
  • Ouvrage : L' Albero degli zoccoli / Ermanno Olmi ; a cura di Giacomo Gambetti. - Turin : ERI : Ed. RAI, 1980.
  • Ouvrage : L' Apocalisse è un lieto fine : storie della mia vita e del nostro futuro / Ermanno Olmi. - [Milan, Italy] : Rizzoli, 2013.
  • Ouvrage : L' autre néo-réalisme : une correspondance / Marco Bertozzi, Thierry Roche. - Crisnée: Yellow Now, 2013.
  • Ouvrage : Parla il cinema italiano. Vol. 2 / Aldo Tassone. - Milano : Ed. il Formichiere, 1980.
  • Ouvrage : Stupore e mistero nel cinema di Ermanno Olmi / Luca Finatti. - [Roma] : ANCCI, 2000.
  • Périodique : Avant-Scène Cinéma (L'), n° 508, janvier 2002. René Marx, "Le métier des armes : à la recherche d'Olmi"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 131, mai 1962. André S. Labarthe, "Cinquante-quatre cinéastes italiens"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 157, juillet 1964. Leonhard H. Gmür, "Rencontre avec Ermanno Olmi"
  • Périodique : Études cinématographiques n° 57, 1992. Christian Depuyper, "Ermanno Olmi, un cinéaste solitaire"
  • Périodique : Études cinématographiques n° 57, 1992. Michel Serceau, "L' héritage néo-réaliste"
  • Périodique : Positif n° 527, janvier 2005. Lorenzo Codelli, Jean Gili, "Ermanno Olmi"

Récompenses et nominations

  • 2007 - Prix de la critique - David Di Donatello Awards - Obtenu
  • 2004 - Léopard d'honneur - Festival International du Film (Locarno) - Obtenu
  • 2002 - Meilleur réalisateur - David Di Donatello Awards - Le Métier des armes - Obtenu
  • 2002 - Meilleur scénario - David Di Donatello Awards - Le Métier des armes - Obtenu
  • 2002 - Migliore produttore - David Di Donatello Awards - Le Métier des armes - Obtenu
  • 1992 - LUCHINO VISCONTI AWARD - David Di Donatello Awards - Obtenu
  • 1989 - Meilleur réalisateur - David Di Donatello Awards - La Légende du saint buveur - Obtenu
  • 1988 - Lion d'or - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) - La Légende du saint buveur - Obtenu
  • 1987 - Lion d'argent - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) - Longue vie à la signora - Obtenu
  • 1982 - David européen - David Di Donatello Awards - Obtenu
  • 1978 - Palme d'or - Festival International du Film (Cannes) - L'Arbre aux sabots - Obtenu
  • 1962 - Meilleur réalisateur - David Di Donatello Awards - L'Emploi - Obtenu