Naomi Kawase
Personnalité
Réalisatrice, productrice, scénariste... : années 1980-2020
Nationalité : Japon
Naissance : 30/05/1969 - Japon - Nara, Nara, Kansai, Honshū
Identité
Genre : femme
Pseudonyme(s) :
- Naomi Sento
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur
Biographie
Formation :
Naomi Kawase étudie la photo à l'école d'Arts visuels d'Osaka, et y enseigne quatre ans. Elle débute avec des courts-métrages expérimentaux et reçoit à Tokyo un prix d'encouragement pour sa première réalisation, Dans ses bras/Etreinte (1992).Carrière :
Naomi Kawase s’impose comme une figure singulière du cinéma japonais contemporain, portée par une quête constante des racines et de l’intimité des rapports entre l’homme et la nature. Récompensée à de multiples reprises, elle cultive un cinéma sensoriel et poétique, mêlant fiction et documentaire, où se disent les grandes questions du temps, de l’héritage et de la transmission.
Naomi Kawase réalise son premier long métrage de fiction en 1997. Suzaku, tourné dans son village natal de Nara, évoque la crise économique, l'exode rural qui en découle et la désagrégation de la vie des habitants qui tentent vainement de résister à ces évolutions. Déjà perce sous la nostalgie une volonté de s'attarder sur les racines et le respect de la nature. Naomi Kawase obtient d'emblée la reconnaissance internationale et reçoit la Caméra d'Or à Cannes ainsi que de nombreux autres prix à travers le monde. Sa filmographie est faite d'aller-retours entre fictions et documentaires à caractère expérimental, comme Kaleidoscope (1999) dans lequel elle porte à l'écran son travail avec le photographe Arimoto Shinya. En 2000, elle retourne à Nara pour y réaliser Hotaru. Le film, présenté à Locarno, ne sortira pas en France. En 2003, elle remplace au pied levé son actrice principale pour Shara. Le film conforte sa réputation, mais c'est avec La Forêt de Mogari, couronné du Grand Prix du Jury en 2007 à Cannes, qu'elle connaît la consécration. Le film traite du deuil à travers la rencontre d'une jeune femme et d'un vieil homme, encore une fois au coeur de la nature. En 2011, elle réalise Hanezu, qui évoque le classique triangle amoureux entre une femme enceinte et deux hommes, sujet cette fois vu sous l'angle symbolique des montagnes environnant les personnages. Habituée des grands festivals, Naomi Kawase a une prédilection pour les productions indépendantes à petits budgets. Artiste inclassable, elle est souvent qualifiée de protéiforme, capable d'utiliser toutes les techniques. Néanmoins sa marque de fabrique est bel et bien identifiable : elle n'a pas son pareil pour cadrer les éléments, capter l'ombre et la lumière, et faire passer sur la pellicule les rapports complexes entre l'Homme et la nature dans toute sa majesté. Son cinéma mâtiné d'animisme est parfois à la limite du contemplatif ; elle se revendique d'ailleurs volontiers de cinéastes comme Andreï Tarkovski. Son cinéma prend son temps, et promène le spectateur entre fiction et réalité, dans un univers à la fois poétique et sensoriel. Capable d'une esthétique souvent très soignée, capable de passer d'une forme d'impressionnisme à une dissection très crue du réel, Naomi Kawase n'hésite pas à injecter dans ses films des éléments de sa vie personnelle, notamment sa relation avec son propre père. La problématique de l'héritage et de la transmission est un de ses thèmes récurrents. Elle est désormais le fer de lance de la nouvelle génération de cinéastes japonais. En 2012 sort en France Genpin, documentaire sur un obstétricien qui pratique son art au coeur même de la forêt. Naomi Kawase poursuit son exploration cinématographique avec la même quête poétique et sensorielle des liens entre l'homme et la nature. En 2013, elle réalise Still the Water, un film qui mêle subtilement la vie quotidienne des habitants d’un village insulaire et les forces mystérieuses de la nature environnante. Présenté à Cannes, ce long métrage confirme son amour pour les paysages intacts et les thématiques existentielles. L’année suivante, elle signe Les Délices de Tokyo (2014), adaptation d'un roman de Durian Sukegawa, qui mêle la douceur d’une rencontre intergénérationnelle à travers la fabrication traditionnelle de dorayaki, révélant encore une fois son talent pour capter les petits gestes ancrés dans un terroir vivant. Puis, en 2017, elle présente Vers la lumière à Cannes, film chargé d’une réflexivité sur la mort et la rédemption, mettant en scène une écrivaine confrontée à un accident de voiture. Le récit, méditatif et intime, continue d’affirmer son esthétique si particulière entre impressionnisme visuel et exploration brute des émotions humaines. En 2017, Naomi Kawase réalise Voyage à Yoshino, une œuvre documentaire poétique qui accompagne un chasseur traditionnel dans les monts du Japon, renouant avec son goût pour le lien ancestral à la nature sauvage. En 2020, avec True Mothers, Kawase explore la complexité des liens maternels et familiaux en s'inspirant d’un fait divers japonais. Le film, très salué, approfondit son travail sur l’héritage et la transmission tout en ouvrant son regard au vécu contemporain. Plus récemment, en 2022, elle a réalisé Le film officiel des Jeux, œuvre célébrant l'événement mondial tout en intégrant sa sensibilité au rythme et au détail.