Carrière :
C'est à la Warner que James Cagney doit sa carrière. La compagnie lui fait tourner une série de polars dans lesquels il incarne des gangsters sadiques. Sa gouaille, son débit rapide, son exubérance font merveille. Redoutable mufle dans L'ennemi public
(1931) de William Wellman, il écrase un demi-pamplemousse sur le visage de Mae Clarke. Ce film lui assure le vedettariat. Goujat dans Tout au vainqueur
(1932) de Roy del Ruth, il botte les fesses de Virginia Bruce dont il veut se débarrasser. Mais ce comédien fin et cultivé en a rapidement assez de se voir cantonner dans des rôles de brutes épaisses. Il obtient de pouvoir exercer ses talents de danseur à l'écran. Dans Prologue
(1933) de Lloyd Bacon, il interprète le superbe ballet que Busby Berkeley règle sur le fameux thème Shangaï Li
. Après avoir rompu son contrat avec la Warner, l'acteur interprète un film d'inspiration progressiste, Great guy
(1936) de John G. Blystone, et une satire du star-system, Hollywood, Hollywood
(1937) de Victor Schertzinger. Retourné dans le giron du studio hollywoodien, il réussit à étoffer les personnages de gangsters qu'on lui confie de nouveau. Il joue avec nuance le rôle d'un meurtrier condamné à la chaise électrique dans Les anges aux figures sales
(1938) de Michael Curtiz. Il se montre émouvant dans son interprétation d'un journaliste défendant les vertus de la presse dans A chaque aube je meurs
(1939) de William Keighley. Et il joue à merveille un dentiste amoureux fou d'une chercheuse d'or interprétée par Rita Hayworth dans The strawberry blonde
(1941) de Raoul Walsh. En 1942, il interprète à merveille Georges Cohan, une des grandes figures du music-hall américain, dans la comédie musicale La glorieuse parade
de Michael Curtiz. Fort de ce succès, il décide de retrouver son indépendance, monte sa propre maison de production, et tente de gommer définitivement son image de brute en incarnant un clochard, artiste et humain, dans Johnny le vagabond
(1943) de William Howard. Mais c'est encore avec la Warner qu'il trouve l'un de ses plus beaux rôles, celui d'un psychopathe, dans L'enfer est à lui
(1949) de Raoul Walsh. Il brille aussi dans un mélo, Les pièges de la passion
(1955) de Charles Vidor, et s'amuse à interpréter le comédien Lon Chaney dans L'homme aux milles visages
(1957) de Joseph Pevney. Il livre son dernier numéro de virtuose dans Un, deux, trois
(1960) de Billy Wilder, une satire explosive qui s'en prend au système communiste, au " miracle économique " allemand et à l'arrivisme yankee. Passé avec un succès relatif à la réalisation en 1957 avec A short cut to hell
, le sublime acteur revient au grand écran en 1981, en interprétant un second rôle dans Ragtime
de Milos Forman.