Carrière :
Il n'est pas fréquent pour une actrice de connaître la consécration à soixante-dix ans ! C'est pourtant le cas de Tsilla Chelton qui est révélée au grand public grâce à son rôle de méchante vieille dame dans Tatie Danielle
(1989) d'Etienne Chatiliez, comédie à succès. Cette comédienne de théâtre qui a formé l'équipe du Splendid (Gérard Jugnot, Michel Blanc, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel) n'avait fait jusqu'alors que des apparitions épisodiques au cinéma, apparaissant chez Yves Robert (Bébert et l'omnibus
, 1963, ou Alexandre le bienheureux
, 1967), Claude Berri (Mazel Tov ou le mariage
, 1968), Claude Chabrol (La Décade prodigieuse
, 1971).
En 1977, Diane Kurys lui confie le rôle de la surveillante générale du collège de son nostalgique Diabolo menthe
, après quoi Tsilla Chelton disparaît pendant treize ans du grand écran, se consacrant à sa passion de toujours, le théâtre, mais aussi à la télévision pour laquelle elle tourne beaucoup.
Il faut attendre le triomphe de Tatie Danielle
pour la retrouver à l'écran. Elle ne fait guère fructifier cette popularité et la nomination au César de la meilleure actrice qui l'a accompagnée, au cinéma en tout cas, même si elle tient l'un des rôles principaux (une grand-mère plus qu'avare) d'une autre comédie, La Soif de l'or
(1993) de Gérard Oury.
Ce n'est qu'avec les années 2000, à plus de 80 ans, qu'elle recommence à tourner très régulièrement dans des types de films très divers. Elle est ainsi religieuse dans le thriller Le Pacte du silence
(Graham Guit, 2003), vieille juive ne parlant que yiddish et fuyant les nazis dans Zone libre
(Christophe Malavoy, 2007), digne dame russe dans le musical Faut que ça danse !
(Noémie Lvovsky, 2007)...
En 2008, elle apprend le turc pour tenir le rôle principal de La Boîte de Pandore
, film franco-turc de Yesim Ustaoglu : une vieille dame perdue dans la montagne près d'Istanbul et qui se révèle être atteinte de la maladie d'Alzeimer. Trois films suivront encore avant sa mort, le 15 juillet 2012, dont Landes
, de François-Xavier Vives, qui ne sortira que près d'un an après sa disparition.