Identité
Autres titres :
- d'après le roman "Maria Chapdelaine" (Titre de l’œuvre adaptée)
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1934
Date de sortie en France :
- 13/12/1934
Société(s) de production :
Description
Résumé
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 75
Couleur/NB : Noir et blanc
Dans la presse
Panorama critique
Yves Desrichard :
La critique accueille le film tout à fait favorablement, même si les raisons invoquées semblent curieuses, ou prennent le film comme le porte-parole de causes patriotiques, et ne sont pas exemptes de sérieuses réserves. Ainsi, Minerva, paraphrasant Louis Hémon et Duvivier note : « Julien Duvivier a exprimé en images lentes et harmonieuses la noblesse et la simplicité de cette vie, cette épopée d'une race qui ne veut pas mourir. Il est bien réconfortant de voir un film honnête, sain, qui fait honneur au cinéma français autant par sa qualité morale que par sa technique et le talent de ses interprètes… De ce roman pudique, tout en demi-teintes, Julien Duvivier a tiré un film plein de retenues et de délicatesses et qui respecte la pensée de l'écrivain… ». Sur ce dernier point, tous ne sont pas d'accord, ainsi Lucienne Escoube dans Pour vous : « Pourquoi n'avoir pas gardé l'annonce de la mort de François Paradis telle qu'elle était faite dans le roman, à la veillée du nouvel an ? Cette rencontre du cadavre sur la glace est à la fois macabre et maladroite – les gens qui “s'écartent” dans les bois ne sont en général retrouvés qu'au printemps suivant, et encore ! – et la scène avec le prêtre, située plus d'un mois après la mort de Paradis dans le roman est, de ce fait, dans le film, insoutenable ! Enfin, dernière remarque, pourquoi avoir également modifié la fin du livre et la cause du revirement de Marie, refusant d'aller dans les “villes” avec Lorenzo Surprenant, et acceptant la vie semblable à celle de ses parents qu'elle mènera auprès d'Eutrope Gagnon ? ». La Cinématographie française n'a pas ces interrogations, quoique le regard soit là encore critique : « Une œuvre sobre, digne, ferme, d'un dessin aussi pur, d'une exaltation aussi noble, d'une pudeur aussi exquise que le roman qui l'inspira, telle se définit la bande réalisée par Julien Duvivier au Canada, dans de magnifiques décors naturels. Une œuvre aussi gonflée de poésie peut se permettre des effets de style. Ceux qui se remarquent dans le film Maria Chapdelaine sont peut-être des excès de beauté, une outrance dans la recherche de l'effet… Et vite, d'un seul coup, les critiques : la photographie dans son ensemble si merveilleuse tendrait à affadir certaines scènes par une beauté un peu trop recherchée. Tendrait… mais ces scènes gardent leur émotion et leur force. Et puis, il y a, me semble-t-il, trop de chœurs, aux passages émouvants. On comprend l'idée de Duvivier : créer un commentaire sonore aux passages strictement muets. C'est à la fois d'un ton mélodique parfait, et d'une insistance regrettable. Enfin, certains “transparentings” ne sont pas bien exécutés ». Mon ciné va même chercher à Duvivier des liens de parenté cinématographiques pourtant bien improbables : « Voilà certainement l'un des films les plus beaux et les plus émouvants que nous ayons applaudis depuis longtemps. Il nous permet de situer Julien Duvivier, par rapport à ses confrères, comme celui de tous les auteurs de cinéma qui sait le mieux traduire à l'écran tous les émois du cœur et des sentiments, la noblesse des âmes, une certaine beauté morale particulière aux gens de France. Comme Marcel Pagnol, et avec des moyens moins verbaux, il sait magnifier l'honnêteté, l'intelligence, la bonté, les vertus intimes que l'on rencontre dans les milieux humbles ou modestes, où se perpétuent le plus naturellement les qualités essentielles de la race. On a l'impression que, dans ce film, tout comme dans Marius, Fanny ou Angèle, le cinéma français trouve enfin son propre fonds, et le meilleur : point d'anecdotes artificielles, de péripéties conventionnelles ou de comique forcé ; non, simplement des braves gens saisis dans leur vie de tous les jours et dont les pensées, les joies et les peines se transposent sans effort sur le plan sublime et pathétique, en raison de leur pureté et de leur simplicité… C'est une émouvante surprise pour nous de retrouver dans le décor du Grand Nord américain ces villages où, non seulement, on parle le français de telle façon que son archaïsme semble conserver à la langue sa pureté native, lui donner un air du passé qui s'est fixé à travers le temps, mais où l'on pense et où l'on se comporte comme on le ferait sur la terre de Beauce, de Bourgogne ou d'Anjou…. Il était juste que ce fût un réalisateur français qui fit le film de la terre de Québec… Nous formulerons une seule réserve. Elle a trait à l'abus qu'on a fait du procédé du dunning, ou système de projection par transparence sur glace. Ce procédé est souvent trop sensible et, en particulier, dans la scène où François Paradis s'égare dans la forêt ». L'exaltation de l'amitié franco-canadienne trouve un large écho dans L'Intransigeant, auquel Duvivier avait fait la primeur de sa « déclaration d'intention » sur le film : « Le film… n'est pas seulement la belle et sobre illustration d'un roman, mais aussi une nouvelle preuve d'amitié franco-canadienne… Si le rythme garde une certaine douceur attardée, si l'émotion naît davantage peut-être de nos souvenirs littéraires que du drame même dont l'esquisse est un peu sommaire et l'interprétation un peu théâtrale, la pureté des images, la saveur du dialogue… l'éloquent aspect des lacs et des forêts du Canada… donnent à Maria Chapdelaine un charme nostalgique et profond, que vient rehausser la peinture des mœurs et des êtres de ce cher Canada ». Bref et comme l'indique sans sourire une lectrice de Pour vous : « Maria Chapdelaine est un beau film, le plus moral de la saison, il plaira à bien des mamans souvent perplexes pour mener leurs filles au cinéma ».
01/01/2001
Bibliographie éditoriale
Consultation
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