Une belle fille comme moi

Film

François Truffaut

Année de production :  1972

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le roman "Such a gorgeous kid like me" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1972

Date de sortie en France :

  • 13/12/1972

Description

Résumé

Stanislas Prévine, sympathique étudiant légèrement pédant, qui écrivait une thèse sur les femmes criminelles, avait obtenu le droit d'interviewer en prison quelques détenues. Sa première "patiente" fut Camille Bliss, une belle fille au parler coloré et aux propos, certes, très instructifs. Au cours d'une série d'entretiens, Camille narra sans complexes à Stanislas son existence agitée, marquée par une seule fin: devenir chanteuse à succès, et un seul moyen: se débarrasser de tous les gêneurs... Stanislas se passionna - professionnellement, crut-il - pour Camille, qu'un amoralisme à l'innocente rouerie avait fait valser des bras de son mari Clovis Bliss à ceux d'un chanteur suffisant, Sam Golden, et de ceux d'un avocat véreux, Me Murène, à ceux d'un dératiseur catholique, Arthur... C'était pour la mort de ce dernier que Camille purgeait sa peine, tout en se proclamant (pour une fois) innocente comme l'agneau! A la grande fureur de sa fidèle secrétaire, Stanislas, tel un preux chevalier, parvint à prouver la bonne foi de Camille, laquelle se retrouva propulsée - la publicité fait des miracles - reine du microsillon. Stanislas fut-il récompensé de sa bonne action? Que non! Il se réveilla un beau jour en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis, tandis que la coupable - Camille, évidemment! -, vampant l'avocat de Stanislas, partait à son bras vers la gloire et l'impunité...

Date de tournage :

  • 14/02/1972 - 12/04/1972

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 98

Couleur/NB : Couleur

Dans la presse

Citations

L’Aurore
« Une belle fille comme moi démontre une fois de plus — on ne le répètera jamais assez — que Charles Denner est un formidable comédien. Il faut l’avoir vu dans le rôle d’Arthur le dératiseur qui considère son métier comme un sacerdoce et n’envisage la sexualité que dans une atmosphère mystico-catastrophique. Une belle fille comme moi est à voir, ne serait-ce que pour se rassurer sur l’existence de l’humour français.»
Claude Garson, 15/09/1972

Le Canard enchaîné
« Ce joyeux conte immoral est mené rondement par François Truffaut qui mélange habilement présent et passé. Bernadette Laffont a trouvé là son meilleur rôle où elle s’amuse autant que nous. Et comme ses partenaires sont aussi bons qu’elle, voilà un film sans prétention, qui ne veut que nous distraire joyeusement et qui y réussit pleinement. »
Michel Duran, 20/09/1972

Combat
« Avec Une belle fille comme moi, François Truffaut a offert à Bernadette Laffont l’occasion de donner un véritable récital de ses possibilités. »
René Quinson, 09/09/1972

Combat
« Quelle explosion de fraicheur, de jeunesse et d’insolence ! Quelle victoire sur l’habituel ronron du cinéma français et sa prétendue crise d’inspiration ! Ce sacré Truffaut nous empêche de vieillir : intelligent, subtil et drôle, son film nous ramène aux adolescents de naguère, à l’espièglerie des Quatre cents coups, au charme indicible des Mistons, et à la légèreté aérienne des Baisers volés. »
Henry Chapier, 15/09/1972

La Croix
« La farce ne manque pas de punch. Les dialogues de Jean-Loup Dabadie s’amusent comme des fous, concoctant des répliques à l’emporte-pièce que Bernadette Laffont, alias Camille, fait sauter comme des pétards à la poudre de rire : neuf fois sur dix, ça fait mouche. Truffaut, de son côté, ne laisse pas moisir le potage : le montage fait feux des quatre fers, les gags carambolent (quelques-uns sont excellents), bref, le rythme est bon.
Alors, qu’est-ce qui ne va pas ?... Car mon plaisir, j’en suis désolé, n’est pas complet. »
Henry Rabine, 25/09/1972

Les Echos
« Les cinéphiles nostalgiques du Truffaut de Jules et Jim, ou de l’Enfant sauvage feront peut-être la fine bouche : rien, ici, ne rappelle à première vue la sensibilité pudique, la tendresse à fleur de peau, de notre ex-enfant terrible de la nouvelle vague. Mais, dans cette histoire tout à fait dingue d’une garce bien roulée qui tue tous ceux qui l’ennuient après les avoir rendus fous d’elle, et traverse toutes les situations avec une vigoureuse inconscience qu’elle sait faire passer pour de l’innocence, rien, non plus, ne permet de crier à la vulgarité, au mauvais goût, à l’outrance. Et c’est là qu’on reconnait notre Truffaut : à l’humour. »
[S.N.], 15/09/1972

L’Ecole libératrice
« Ce spectacle plat et ennuyeux, d’une vulgarité de salon très 16e arrondissement, est d’une lénifiante stupidité. »
Hubert Arnault, 25/09/1972

L’Education
« Galerie de fantoches d’où émerge le seul personnage vraiment vivant : Camille ; vaudeville à quiproquos inséré dans un roman de la Série Noire, dû à la plume d’Henry Farrell ; rythme étourdissant, acteurs qui "jouent à fond", selon la formule de Truffaut lui-même : tout cela a pour résultat un film de très haute qualité dans un genre plus difficile qu’il ne semble, et un spectacle d’une assez rare richesse comique. »
Etienne Fuzellier, 05/10/1972

L’Express
« Jean Renoir a souvent dit que quand on tournait un film, il fallait s’amuser. Nul doute qu’à l’instar d’un de ses deux maîtres favoris (l’autre étant Hitchcock), François Truffaut se soit beaucoup amusé en tournant Une belle fille comme moi ; nul doute non plus que le spectateur, à son tour, s’amusera beaucoup. Truffaut a d’ailleurs ouvertement proclamé son intention de faire un film comique. A cet égard — et c’est le principal — le film est une réussite. »
Jacques Doniol-Valcroze, 11/09/1972

Le Figaro
« La sympathie joue. Mais suffit-elle à tout ?
Le film laisse une impression finale assez floue, des souvenirs assez mornes. Un sentiment de vacuité. Non, ces histoires-là ne sont pas l’affaire de François Truffaut. Il mérite mieux, dans l’ordre de l’esprit. »
Louis Chauvet, 15/09/1972

France-soir
« François Truffaut, qui a fait ce film pour s’amuser et pour amuser, n’a pas lésiné sur les moyens. Cet auteur pudique, réservé, a cette fois sauté à pieds joints dans la truculence sans se laisser effaroucher par la vulgarité de son héroïne. Une belle fille comme moi peut tout se permettre. Et elle ose. Pour elle, jamais rien n’est trop fort, rien ne va jamais trop loin. La surenchère est la règle. L’important n’est-il pas la victoire, quel qu’en soit le prix ? »
Robert Chazal, 14/09/1972

France nouvelle
« Que Truffaut ne prétende plus faire que de raconter des histoires, de faire des spectacles est une certitude acquise depuis un certain temps (tandis que Tirez sur le pianiste et Jules et Jim avaient des ambitions plus étendues, constituaient des réflexions ayant leur caractère critique) mais il faut au moins reconnaitre qu’il a le sens du spectacle, une belle vivacité, de l’invention et qu’il ne saurait être question de venir bouder notre plaisir. »
Albert Cervoni, 18/09/1972

Le Monde
« Truffaut procède par stratification, décrivant les unes après les autres, sans qu’il y ait de véritable progression, les aventures de l’héroïne. Malgré les gags résultant de l’opposition entre la vérité et le mensonge dans le récit qu’elle fait au sociologue : malgré le caractère pittoresque des ses multiples amants (…) ; malgré la cocasserie du dialogue (Jean-Loup Dabadie ; malgré même certains détails typiquement "truffaldiens" (…) le récit donne à la longue une impression de piétinement et de monotonie. On commence par beaucoup s’amuser, puis on "s’installe" dans l’histoire, et, vers la fin, quand la "belle fille" devient franchement odieuse et que la farce tourne au vinaigre, on se sent prêt à "décrocher". »
Jean de Baroncelli, 19/09/1972

Le Nouvel observateur
« Même dans les films de Truffaut que je n’aimais guère, tel Domicile conjugal, il flottait une espèce de grâce. Quelque chose de doux-amer qui me permettait de renouer avec les anciens chefs-d’œuvre comme Jules et Jim ou Baisers volés. Mais là ! J’ai le recul qu’on a devant une plage polluée. Il y a une vulgarité que j’aime, gaillarde, robuste, inséparable d’une agressivité ravigotante, et qui, dans la ligne de Céline, est celle de Mocky et de Jean Yanne. Pour s’offrir le luxe de cette vulgarité-là, il faut avoir les épaules. Et puis il y a la vraie vulgarité. Elle est affaire de sentiments, non de vocabulaire et de manières. C’est la vulgarité impardonnable, dont Michel Audiard s’applique avec succès à être la médaille d’or olympique. Je ne ferai pas à Truffaut l’injure de rapprocher Une belle fille comme moi de Elle cause plus, elle flingue, cet Himalaya de nullité basse ; mais je crie "casse-cou" ! »
Jean-Louis Bory, 02/10/1972

Télérama
« Une belle fille comme moi, c’est le premier film franchement comique de François Truffaut. Un comique d’humour noir, cruel mais jamais méchant, argotique mais jamais vulgaire. (…) Mais il n’y a pas que l’humour noir des situations. Comme dans tous ses films, Truffaut fait de la littérature au cinéma. Comme dans tous ses films (…) les mots y ont autant d’importance que l’image. Et même plus. Les mots et les sons. Car le rythme, le débit des acteurs, la musique de leur voix importent parfois plus que les mots. »
Claude-Marie Tremois, 17/09/1972

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cinéma, n° 169, septembre 1972
  • Périodique : Cinéma, n° 170, novembre 1972
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 37, septembre 1972
  • Périodique : Ecran, n° 8, septembre 1972
  • Périodique : Films and Filming, n° 11, août 1973
  • Périodique : Films and Filming, n° 12, septembre 1973
  • Périodique : Films in Review, n° 6, juin 1973
  • Périodique : Positif, n° 144/145, novembre 1972
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 265, novembre 1972
  • Périodique : Sight and Sound, n° 4, septembre 1973

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

Collections liées