Bernadette Lafont

Personnalité

Nationalité :  France

Naissance :  28/10/1938 - Nîmes, Gard, France

Décès :  25/07/2013 - Nîmes, Gard, France

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Bernadette Paule Anne Lafont

Fonctions : Acteur, Réalisateur, Scénariste, Auteur, Préfacier, postfacier, Auteur secondaire, Auteur primaire, Annotateur

Biographie

Formation :

A la sortie du lycée, Bernadette Lafont décide de faire carrière dans la danse et entre à l'opéra de Nîmes. Elle rencontre l'acteur Gérard Blain qui l'épouse aussitôt et l'emmène à Paris. Là, elle fait la connaissance de François Truffaut qui lui offre le rôle féminin de son premier court-métrage, les Mistons (1957).

Carrière :

L'insolente égérie des premiers pas de la Nouvelle Vague est devenue, avec les années, l'un des plus solides seconds rôles du cinéma français, sans rien perdre de sa verve et de sa liberté. En 1957, Bernadette Lafont est l'héroïne du Beau Serge de Claude Chabrol : elle campe une sorte de vamp villageoise, incarnant la séduction du retour à la terre. Déjà, son physique plantureux et son charme assurent sa renommée. Dans L'Eau à la bouche (1959) de Jacques Doniol-Valcroze, elle se montre naturelle en soubrette vive et spirituelle, dont la montée des escaliers ne laisse pas indifférent. Pendant les années 1960, elle oscille entre films commerciaux et réalisations de jeunes cinéastes, tournant notamment à nouveau pour Chabrol (Les Bonnes Femmes , 1960 ; Les Godelureaux , 1961). Elle se retire un temps à la campagne où elle met au monde ses trois enfants. Son retour à l'écran est signé de la réalisatrice Nelly Kaplan qui lui permet de renouer avec le succès grâce à La Fiancée du pirate (1969). Sauvageonne, Bernadette Lafont y brise les tabous en diffusant par magnétophone à l'église des confessions recueillies sur l'oreiller. Ce culot et ce goût de la liberté la font participer à l'aventure des Idoles (1968), la satire des milieux du spectacle signée Marc'O, où elle joue avec malice Sœur Hilarité. Symbole de la Nouvelle Vague, la bande des Cahiers du cinéma lui offre ses plus belles compositions. Jean Eustache lui donne ainsi le rôle de Marie dans La Maman et la Putain (1973) ; Truffaut la transforme dans Une belle fille comme moi (1972) en chanteuse de cabaret, manipulatrice et meurtrière ; Jacques Rivette la transforme en chef d'une bande de pirates dans Noroît (1976)… Tous exploitent à merveille son insolence sexuelle, son élégance plébéienne et son franc-parler, caractéristiques qu'elle déploie aussi avec générosité dans d'innombrables comédies populaires. L'actrice endosse avec talent des rôles très variés, passant par exemple de la femme d'avocat posée et discrète de Cap Canaille (1982) de Juliet Berto à la bonne fille maternelle qui coud les robes de Charlotte Gainsbourg en lui donnant des conseils dans L'Effrontée (1985) de Claude Miller. Ce rôle, qui lui vaut le César du meilleur second rôle, acte son nouveau statut dans le cinéma français, confirmé par Claude Chabrol qui la décolore pour la première fois dans Inspecteur Lavardin (1986), où elle incarne une femme nostalgique au regard perdu. Chabrol l'engage à nouveau pour Masques (1987), où elle est réjouissante en masseuse de l'odieux animateur télé incarné par Philippe Noiret. Entrée avec Le Pactole (1985) dans l'univers décapant de Jean-Pierre Mocky, elle retrouve le cinéaste pour Les Saisons du plaisir (1988), Une nuit à l'Assemblée Nationale (1988) et Ville à vendre (1992). Toujours boulimique de travail, elle multiplie les apparitions le temps de quelques scènes, dans le tout-venant de la production française (Prisonnières , de Charlotte Silvera, 1989 ; Ripoux 3 de Claude Zidi, 2003 ; Les Aiguilles rouges de Jean-François Davy, 2006 ; la comédie à succès La Première Etoile de Lucien Jean-Baptiste, 2008...) comme chez quelques auteurs plus ambitieux. Raoul Ruiz (Généalogies d'un crime , 1997), Anne-Marie Miéville (Nous sommes tous encore ici , 1997), Pascal Bonitzer (Rien sur Robert , 1999), Luc Moullet (Le Prestige de la mort , 2006), Julie Delpy (Le Skylab , 2011) l'engagent. C'est aussi le cas de jeunes réalisateurs qui utilisent son inusable énergie, sa curiosité et son audace pour en faire l'héroïne de leurs singulières premières œuvres. Marion Vernoux (Personne ne m'aime , 1994), Patricia Plattner (Les Petites Couleurs , 2002 ; Bazar , 2010), Olivier Peyon (Les Petites Vacances , 2007) lui offrent de savoureux personnages, tout comme Jérôme Enrico (Paulette , 2012) qui en fait une vieille dame se livrant au trafic de drogue pour survivre.

Autres activités :

Si elle apparaît dès les années 60 à la télévision, ce n'est que deux décennies plus tard qu'elle devient une habituée du petit écran dans de nombreux téléfilms, retrouvant en particulier Nelly Kaplan pour Pattes de velours en 1987, ou collaborant au remake de Monsieur Ripois par Luc Béraud en 1993. Elle participe aussi à diverses séries (Maigret , Alice Nevers, le juge est une femme , Les Enquêtes d'Eloïse Rome , etc.). Si sa carrière théâtrale est tardive, elle débute par un coup d'éclat avec la création de La Tour de la défense de Copi, pièce provocatrice qui provoque un scandale en 1981. La comédienne y prend un si grand plaisir qu'elle se déclare prête à ne plus faire que de la scène. Elle remonte désormais régulièrement sur les planches, jouant Sacha Guitry (Désiré , 1984), Alan Ayckbourn (1 table pour 6 , 1996), Alphonse Daudet (L'Arlésienne , 1997, face à Jean Marais), Eve Ensler (Les Monologues du vagin , 2002), Laurent Ruquier (Si c'était à refaire , 2006), Marcel Pagnol (La Femme du boulanger , 2010), lisant même Marcel Proust (A la recherche du temps perdu , 2009) ou jouant dans une opérette de Reynaldo Hahn mise en scène par Michel Fau, Ciboulette (2013).

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Le roman de ma vie : souvenirs / Bernadette Lafont.- Paris : Flammarion, 1997
  • Ouvrage : Stars deuxième / Jacques Valot ; Gilles Grandmaire.- Paris : Edilig, 1989
  • Ouvrage : Vénus de mélos : les belles actrices du cinéma français des années 60 / Henry-Jean Servat.- Paris : H. Veyrier, 1987
  • Périodique : Ciné-Revue, vol. 61, n° 43, octobre 1981
  • Périodique : Ciné-Revue, vol. 64, n° 12, mars 1984
  • Périodique : Ciné-Revue, vol. 66, n° 15, avril 1986
  • Périodique : Film Français (Le), n° 2184, 11 mars 1988
  • Périodique : Première, n° 108, mars 1986
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 436, mars 1988

Récompenses et nominations

  • 2003 - César d'honneur - César du Cinéma Français - Obtenu
  • 1986 - Meilleure interprétation féminine dans un 2nd rôle - César du Cinéma Français - L'Effrontée - Obtenu

Collections liées