Carrière :
En 1968, Pierre-William Glenn devient chef opérateur. Il a vingt-cinq ans. Il participe au tournage d'un film en noir et blanc réalisé par Peter Goldman : Wheels of ashes
. Il enchaîne ensuite les tournages, jusqu'à quatre par année. Il travaille avec de nombreux réalisateurs de la Nouvelle Vague, notamment François Truffaut (La nuit américaine
, 1972 ; Une belle fille comme moi
, 1972 ; L'argent de poche
, 1975). Il prête ses services à des cinéastes marginaux, mais reste fidèle à Bertrand Tavernier (L'horloger de Saint-Paul
, 1973 ; Que la fête commence
, 1974 ; Le Juge et l'assassin
, 1975 ; La Mort en direct
, 1979 ; Coup de torchon
, 1981) et Alain Corneau (France société anonyme
, 1973 ; La menace
, 1977 ; Série noire
, 1978 ; Le choix des armes
, 1981). Glenn n'impose pas de style particulier, mais traduit des univers très différents les uns des autres, avec une belle sûreté technique. Il est directeur de la photographie pour Costa-Gavras (Etat de siège
, 1972), Roger Vadim (La jeune fille assassinée
, 1974), Joseph Losey (Monsieur Klein
, 1975 ; Les routes du sud
, 1977), Maurice Pialat (Passe ton bac d'abord
, 1978 ; Loulou
, 1979), Yves Boisset (Allons z'enfants
, 1980 ; Le prix du danger
, 1982), et Samuel Fuller (Sans espoir de retour
, 1988). Il ne demande rien aux réalisateurs pour lesquels il travaille. Son seul critère est de les entendre lui raconter une histoire. Il dit lui-même s'intéresser à un cinéma " où on suit les acteurs. On a alors l'impression que ce sont les acteurs qui font la mise en scène ". Il est le premier à utiliser la pellicule Fuji, et se fait le spécialiste français de la steadycam, une caméra portée à l'épaule ou à la main, munie d'un système anti-vibratoire.