Jean Becker
Personnalité
Réalisateur, scénariste, ass. réalisateur... : années 1950-2020
Nationalité : France
Naissance : 10/05/1933 - France - Paris, Seine
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Adaptateur, Scénariste, Dialoguiste, Auteur, Auteur secondaire
Biographie
Carrière :
Fils du célèbre réalisateur Jacques Becker, Jean Becker s'est imposé comme un cinéaste sensible et humaniste, connu pour ses adaptations littéraires et ses portraits de personnages ordinaires dans des situations extraordinaires. Avec une carrière s'étendant sur plus de six décennies, il a marqué le cinéma français par des œuvres comme L'Été meurtrier, Les Enfants du marais et La Tête en friche.
Dès l'âge de 20 ans, Jean Becker fait ses débuts comme assistant réalisateur ; durant les années cinquante il collabore ainsi sur sept tournages avec Henri Verneuil et bien sûr avec son père. Il se lance dans la réalisation d'un long métrage en 1961 avec Un nommé La Rocca, un polar trépidant avec Jean-Paul Belmondo en vedette. Le duo Becker/Belmondo semble fonctionner et ils remettent le couvert dans Echappement libre (1964) et Tendre voyou (1966). Durant seize ans, le cinéaste abandonne le cinéma et tourne pour la télévision. Jean Becker est un cinéaste atypique en raison de ses longues périodes d'inactivité. Après les trois polars de ses débuts, il va dorénavant donner une vraie épaisseur psychologique à ses personnages. En 1982, il revient au long métrage avec L'Eté meurtrier ; porté par le couple Adjani-Souchon, planté dans un village desséché par l'été et l'ennui, ce drame amoureux sur fond de vengeance est un énorme succès, récompensé par quatre Césars. Ce cinéaste si talenteux mais qui tourne si peu, attendra 1994 pour réaliser Elisa, comédie dramatique qui révèle Vanessa Paradis dans le rôle d'une jeune délinquante fragile et violente, que la vie n'a pas épargnée. Changement de registre avec Les enfants du marais (1999) ; Jean Becker filme avec douceur et lenteur une galerie de personnages attachants et atypiques, vivant comme en famille autour d'un étang. En 2000, il tourne Un crime au paradis, remake de La Poison de Sacha Guitry. Cette épouvantable histoire d'un couple qui se hait est entièrement portée par le talent de Jacques Villeret et de Josiane Balasko. Il réunit ensuite ses acteurs fétiches, André Dussolier et Jacques Villeret, dans le film adapté du roman de Michel Quint Effroyables Jardins (2002), qui retrace avec dérision les horreurs de la seconde guerre mondiale. Dialogue avec mon jardinier (2006) est une belle histoire d'amitié entre un peintre parisien las de la vie mondaine qui s'exile au vert, et l'homme qu'il va choisir comme jardinier. Jean Becker y confirme le talent qu'il a de capter la force tranquille que dégage la campagne française. Son film suivant nous montre que le réalisateur maîtrise les ressorts dramatiques : Deux jours à tuer (2007) est l'étrange histoire d'un homme qui se sait irrémédiablement malade et qui invente un incroyable mensonge pour éviter à sa famille de regretter son décès. Jean Becker poursuit sa carrière avec La Tête en friche (2009), une comédie dramatique touchante qui met en scène Gérard Depardieu dans le rôle d'un homme simple d'esprit qui se lie d'amitié avec une vieille dame cultivée, interprétée par Gisèle Casadesus. Le film, adapté d'un roman de Marie-Sabine Roger, confirme le talent du réalisateur pour les histoires intimistes et humaines. En 2011, Becker réalise Bienvenue parmi nous, un drame qui passe relativement inaperçu, mais il rebondit en 2014 avec Bon Rétablissement ! (2013), une chronique hospitalière qui atteint la première place du box-office hebdomadaire, malgré un succès mitigé. Le cinéaste reste fidèle à son style en explorant les relations humaines dans des contextes quotidiens. Le Collier rouge (2017), sorti en 2018, marque un retour aux adaptations littéraires pour Becker. Basé sur le roman éponyme de Jean-Christophe Rufin, le film se déroule dans la France de l'après-Première Guerre mondiale et explore les thèmes de la loyauté et de la trahison. En 2022, Jean Becker revient avec Les Volets verts (2021), une comédie dramatique adaptée d'un roman de Georges Simenon. Le film, qui réunit à nouveau Gérard Depardieu dans le rôle principal, raconte l'histoire d'une vedette de cinéma sur le retour. Malgré une réception critique mitigée, ce long-métrage témoigne de la persévérance du réalisateur à explorer des sujets matures et complexes. À travers ces dernières réalisations, Jean Becker confirme sa place de cinéaste sensible, capable de dresser des portraits nuancés de personnages ordinaires dans des situations extraordinaires. Son cinéma, empreint d'humanité et de finesse psychologique, continue de séduire un public fidèle, même si certains de ses films récents n'ont pas rencontré le même succès que ses œuvres précédentes. À 91 ans, Jean Becker reste un réalisateur actif et respecté dans le paysage cinématographique français, poursuivant une carrière remarquable qui s'étend sur plus de six décennies.