Merzak Allouache

Personnalité

Réalisateur, scénariste, producteur... : années 1970-2020

Nationalité :  France

Naissance :  06/10/1944 - France - Alger, Alger, Algérie

Identité

Genre : homme

Naturalisation : Algérie

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Adaptateur, Producteur, Producteur délégué, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Auteur

Biographie

Formation :

Après l'interruption de ses études secondaires, Merzak Allouache suit les cours de l'Institut national du cinéma d'Alger. Il réalise quelques courts métrages, puis parfait sa formation par des stages à l'IDHEC et à l'ORTF. De retour à Alger en 1971, il occupe un poste au ministère de l'Information et de la Culture.

Carrière :

Merzak Allouache, figure emblématique du cinéma algérien, est un réalisateur dont l'œuvre, s'étendant sur près de cinq décennies, offre un regard critique et engagé sur la société algérienne. Reconnu pour son style unique mêlant comédie et drame social, il a marqué l'histoire du cinéma avec des films comme Omar Gatlato et Bab el-Oued City, recevant de nombreuses distinctions internationales, notamment à Cannes et à Berlin.
Merzak Allouache rompt avec le didactisme dominant du cinéma algérien dès son premier film, Omar Gatlato (1976). Le quotidien d'un Algérien en proie aux contradictions de sa société y est décrit sur un mode picaresque qui séduit la critique. Aucun des films du réalisateur ne laisse indifférent, à l'image des Les Aventures d'un héros (1978) ou de L'Homme qui regardait les fenêtres (1982), respectivement l'étude du monde paysan et du travail de bureau. Il poursuit l'examen de la société algérienne sans trop se prendre au sérieux avec Bab el Oued city (1994), évocation savoureuse du célèbre quartier populaire d'Alger. Ce film à la tonalité très contemporaine est tourné dans la clandestinité en raison des menaces religieuses et politiques. Il réalise en France deux films loués pour leur justesse : Un amour à Paris (1986), histoire d'une idylle entre une juive originaire d'Alger et un repris de justice algérien, et Salut, cousin ! (1995), comédie douce-amère narrant les retrouvailles d'un Algérien d'Algérie avec un jeune beur branché de la capitale française. Chouchou (1995), marque un retour à la comédie et une seconde collaboration avec Gad Elmaleh, rencontré sur le tournage de Salut cousin !, il le pousse à transposer l'un des personnages de son one-man show, Chouchou le travesti romantique, ce film obtient un grand succès public. Après le succès de Chouchou, Merzak Allouache poursuit son exploration de la société algérienne avec L'Autre Monde (2001), un film qui aborde les tensions religieuses et sociales du pays. En 2004, il réalise Bab el web, une comédie légère qui met en scène les rencontres via internet en Algérie, marquant un retour à un ton plus léger. Le cinéaste change de registre en 2009 avec Harragas, un drame poignant qui suit le destin de jeunes Algériens tentant de fuir leur pays. Ce film marque un tournant dans sa carrière, abordant des sujets plus graves et contemporains. Il poursuit dans cette veine avec Normal ! (2011), qui traite des débuts des printemps arabes à travers le regard d'un jeune cinéaste algérien. Le Repenti (2012) confirme l'engagement d'Allouache dans des sujets sociopolitiques complexes, en explorant les conséquences de la loi de "Concorde civile" en Algérie. Les Terrasses (2013) offre une vue panoramique de la société algérienne contemporaine à travers cinq histoires se déroulant sur les toits d'Alger. En 2017, Enquête au paradis (2017) explore de manière documentaire la notion de paradis dans l'islam et son impact sur la société algérienne. Il continue à porter un regard acéré sur la société algérienne avec La Famille en 2021. Front Row (2024), démontre que le réalisateur reste un observateur attentif et un commentateur engagé de son pays et de son époque.

Autres activités :

Merzak Allouache réalise de nombreux documentaires pour la télévision, dont Jours tranquilles en Kabylie (1994).

Filmographie

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Avant-Scène Cinéma (L'), n° 487, décembre 1996
  • Périodique : Cahiers de la Cinémathèque, n° 61, septembre 1994
  • Périodique : Cahiers du cinéma, nº 487, janvier 1995
  • Périodique : Cine Cubano, n° 94, 1979
  • Périodique : Cinéma 72, n° 221, mai 1977
  • Périodique : CinémAction, n° 14, printemps 1981
  • Périodique : Deux Ecrans, n° 30, janvier 1981
  • Périodique : Image et Son, n° 331, septembre 1978
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 116, février 1979
  • Périodique : Revue Belge du Cinéma, n° 20, 1981
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 5 n° 9, septembre 1995
  • Périodique : Vertigo, n° 5, automne 1995