Mathieu Kassovitz

Personnalité

Interprète, réalisateur, producteur... : années 1970-2020

Nationalité :  France

Naissance :  03/08/1967 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Adaptateur, Producteur délégué, Producteur, Coproducteur, Producteur exécutif, Producteur associé, Monteur, Auteur, Préfacier, postfacier

Biographie

Formation :

Mathieu Kassovitz découvre le cinéma très jeune en fréquentant les tournages dirigés par son père. En 1979, ce dernier le fait jouer aux côtés de Jane Birkin dans Au bout du bout du blanc . Jeune lycéen, il suit des stages pendant les vacances dans une maison de production. Il devient ensuite assistant réalisateur sur le tournage de Moitié moitié de Paul Boujenah.

Carrière :

Figure emblématique du cinéma français, Mathieu Kassovitz s’est imposé comme un réalisateur audacieux abordant des sujets de société brûlants, tout en menant parallèlement une carrière d’acteur éclectique, tant dans des rôles populaires que dans des œuvres d’auteur. Reconnu pour sa capacité à incarner des personnages complexes, il demeure une présence marquante du cinéma contemporain.
Réalisateur intrépide osant s'attaquer à des sujets polémiques, Mathieu Kassovitz est aussi un amoureux des films d'action à l'américaine qui mène en parallèle une carrière d'acteur doué, capable de donner la réplique aux plus grands. En 1990, Mathieu Kassovitz réalise un premier court métrage, Fierrot le pou. Ce premier essai reçoit des prix dans divers festivals. Après deux autres courts métrages, Cauchemar blanc (1991) et Assassins (1992), véritables plaidoyers antiracistes, il passe au long métrage avec Métisse (1993), comédie romantique multiraciale des films du réalisateur américain Spike Lee. Il y est à la fois derrière caméra et devant, partageant l'affiche avec son copain Vincent Cassel et Hubert Koundé, dont il fera (aux côtés de Saïd Taghmaoui) les deux héros de son film suivant, La Haine. La même année, il joue dans Regarde les hommes tomber, premier film de Jacques Audiard, où il incarne un jeune paumé fasciné par ses aînés, Jean-Louis Trintignant et Jean Yanne. Sa performance d'acteur est saluée par la critique et le public. Il se fait vraiment connaître grâce à La Haine (1995), récompensé au festival de Cannes (Prix de la mise en scène) et à la cérémonie des Césars (Meilleur film). Fortement ancré dans la réalité sociale, son film, tourné en noir et blanc, décrit les errances de trois jeunes banlieusards dont l'un a récupéré une arme oubliée par un agent des forces de l'ordre sur les lieux d'une émeute provoquée par une bavure policière. La Haine devient un film culte. En tant qu'acteur, il alterne simples apparitions clin d'oeil (La Cité des enfants perdus, Jean-Pierre Jeunet, 1995 ; Mon homme, Bertrand Blier, 1996), rôles secondaires (Le Cinquième élément, Luc Besson, 1997) et rôles principaux. Il retrouve ainsi Jacques Audiard pour Un héros très discret (1996) où il interprète un faux résistant. En 1997 sort en salles Assassin(s). Ce troisième film d'un des grands espoirs du cinéma français, version longue de son court métrage homonyme, fait scandale : le cinéaste - qui y tient aussi le rôle principal au côté de Michel Serrault - y dénonce l'influence de la télévision sur la jeunesse désœuvrée en ayant recours à des images choc ; la critique et le public du festival de Cannes sont divisés. Les uns sont terrifiés par ce portrait de la société, les autres crient au grotesque. Après cette polémique et l'échec public du film, Kassovitz abandonne cette veine et consacre son énergie et son talent à des films plus commerciaux : il signe ainsi le thriller Les Rivières pourpres (2000), avec Vincent Cassel et Jean Reno, dont l'efficacité lui ouvre les portes de Hollywood. Il est ainsi choisi pour réaliser le film d'action horrifique avec Halle Berry, Gothika (2003), qu'il accepte dans l'espoir de pouvoir mener à bien ensuite un projet qui lui tient à coeur : l'adaptation du roman d'anticipation Babylon Baby de Maurice G. Dantec. Lorsqu'il y parvient en 2008, avec Vin Diesel et Michelle Yeoh en vedette, il renie quasiment le film dans la version que distribue la 20th Century Fox. L'aventure américaine lui laisse un goût amer. Il lui faudra trois ans pour s'en remettre et revenir à la réalisation en renouant avec sa veine politique et sociétale puisqu'il porte à l'écran dans L'Ordre et la morale (2011) l'assaut donné par les gendarmes français contre les indépendantistes néo-calédoniens retranchés dans la grotte d'Ouvéa en 1988, en pleine campagne présidentielle. Il tient par ailleurs dans ce film le rôle du directeur du GIGN dont le récit a inspiré ce film controversé. Si c'est la première fois depuis Assassin(s) qu'il joue dans un de ses propres films, Kassovitz n'en a pas pour autant abandonné sa carrière d'acteur. Il tient ainsi un des rôles centraux du Plaisir (et ses petits tracas) (1998), film à épisodes de son compère Nicolas Boukrief, co-scénariste de La Haine et Assassin(s), apparaît dans Jakob le menteur (1999) réalisé par son père, Peter Kassovitz, et triomphe dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001) dans lequel il interprète Nino Quincampoix, curieux employé de sex-shop et collectionneur de Photomatons dont l'héroïne (Audrey Tautou) s'éprend. Sur un registre plus grave, il incarne dans Amen. (Costa-Gavras, 2002) un jeune jésuite idéaliste servant d'intermédiaire auprès du Vatican à un officier SS qui cherche à prévenir le pape du génocide en cours. Il est engagé par Steven Spielberg pour Munich (2005) : il y est un fabriquant de jouets devenu l'artificier du commando du Mossad chargé de punir les terroristes palestiniens de l'organisation Septembre Noir en 1972. Il apparaît brièvement dans deux films du duo Gustave Kervern-Benoît Delépine, qu'il produit à travers la société MNP : Avida (2006) et Louise-Michel (2008). Mari d'une Juliette Binoche amnésique dans La Vie d'une autre (Sylvie Testud, 2012), il défie le flic Daniel Auteuil dans le polar Le Guetteur (Michele Placido, 2012).
Mathieu Kassovitz poursuit essentiellement sa carrière d'acteur, offrant des performances marquantes dans plusieurs films de genres variés. En 2013, il donne la réplique dans Vie sauvage de Cédric Kahn, où il incarne un personnage complexe dans un contexte familial troublé. Par la suite, Kassovitz s'oriente vers des films mélangeant thriller et policier comme Un illustre inconnu (Mathieu Delaporte, 2013), où son jeu subtil est salué par la critique. En 2017, il apparaît dans le thriller Le Chant du loup, aux côtés de François Civil et Omar Sy, incarnant un rôle central dans ce film tendu sur la navigation sous-marine. Il se distingue aussi dans des comédies à tonalité sociale, comme Tout simplement noir (2019), qui souligne son appétence pour des projets engagés même en tant qu'acteur. En 2019, il participe à Les Méchants (Mouloud Achour et Dominique Baumard), un film mêlant documentaire et fiction sur des activistes, marquant encore son engagement. Son travail auprès de réalisateurs reconnus se poursuit, notamment Michael Haneke dans le drame Happy End (2016), confirmant sa place dans le cinéma d'auteur international. Après sa participation notable dans des films tels que Le Chant du loup et Les Méchants, Mathieu Kassovitz continue de diversifier sa filmographie dans les années 2020. Dans Les Rois de la piste (Thierry Klifa, 2021), il incarne un personnage évoluant dans le milieu du roller derby, mêlant intensité dramatique et ténacité physique, un rôle qui lui permet d'allier force et humanité. Ensuite, dans Frères (Olivier Casas, 2023), film mêlant drame et thriller familial, Kassovitz offre une prestation tout en nuances, explorant la complexité des liens fraternels sous tension et confrontant ses capacités d'acteur à un rôle psychologiquement exigeant.

Autres activités :

En 1990, Mathieu Kassovitz réalise un clip pour le chanteur Tonton David, Peuple du monde et en 2008 celui de XY pour Kery James. Il a également tourné un clip dans le cadre d'une campagne contre le sida. En 1999, il fonde avec les réalisateurs Luc Besson et Jan Kounen une société de production, 1B2K, puis MNP.

Filmographie

Longs métrages

Assistant réalisateur

Réalisation

Scénariste

Monteur

Adaptateur

Coproducteur

Producteur délégué

Producteur exécutif

Producteur

Producteur associé

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Les enfants de la liberté : le jeune cinéma français des années 90 / Claude-Marie Trémois. - Paris : Ed. du Seuil, 1997 .
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 493, juillet-août 1995
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 233, septembre 1995
  • Périodique : Positif, n° 412, juin 1995
  • Périodique : Séquences, n° 192, septembre-octobre 1997
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 5 n° 11, novembre 1995
  • Périodique : Télérama, n° 2329, 31 août 1994
  • Périodique : Télérama, n° 2368, 31 mai 1995
  • Périodique : Time Out, n° 1317, 15 novembre 1995
  • Site Internet : Génération M. Kassovitz (bio, filmo....)
  • Site Internet : Site officiel

Récompenses et nominations

  • 1997 - Meilleure interprétation masculine - Prix Jean Gabin - Un héros très discret - Obtenu
  • 1996 - Meilleur montage - César du Cinéma Français - La Haine - Obtenu
  • 1995 - Prix de la mise en scène - Festival International du Film (Cannes) - La Haine - Obtenu
  • 1994 - Meilleur espoir masculin - César du Cinéma Français - Regarde les hommes tomber - Obtenu
  • 1993 - Meilleur espoir masculin - Festival du Jeune Comédien de Cinéma (Béziers) - Métisse - Obtenu
  • 1993 - Meilleur espoir masculin - Festival du Film (Paris) - Métisse - Obtenu

Liens familiaux