Michael Winterbottom
Personnalité
Réalisateur, producteur, scénariste... : années 1980-2020
Nationalité : Royaume-Uni
Naissance : 29/03/1961 - Royaume-Uni - Blackburn, Lancashire, Angleterre
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Auteur de l'œuvre originale, Producteur exécutif, Producteur, Producteur associé, Monteur
Biographie
Formation :
Après des études d'anglais, Michael Winterbottom se forme au métier de réalisateur à Bristol et à Londres. Monteur pour la télévision, il réalise plusieurs documentaires en 1988, dont deux sur le cinéaste suédois Ingmar Bergman.Carrière :
Cinéaste britannique aussi prolifique qu’inclassable, Michael Winterbottom s’est imposé par une œuvre libre mêlant réalisme social, expérimentations formelles et regard politique sur les fractures du monde contemporain. Passant du drame intimiste au film musical, du thriller au docu-fiction engagé, il a construit une filmographie éclectique régulièrement saluée dans les grands festivals internationaux.
Avec Butterfly Kiss (1995), un road-movie au féminin, violent et désespéré, Michael Winterbottom signe un premier long métrage remarqué. L'année suivante, il réalise Go now (1996), comédie dramatique retraçant le parcours d'un jeune homme atteint de sclérose en plaques. Le cinéaste livre ensuite sa vision cynique de la société anglaise de la fin du XIXe siècle avec Jude (1996), adapté du roman de Thomas Hardy, Jude, l'Obscur. Cinéaste réaliste, Winterbottom signe ensuite I Want You (1997), comédie dramatique mettant en scène deux écorchés vifs dans un petit village du nord de l'Angleterre. Wonderland (1998) dresse le portrait intimiste et réaliste d'une famille de Londres. Fan de rock, Winterbottom réalise 24 hour party people (2001) sur le label de disques de Manchester : Factory (Joy Division, New Order, Happy Mondays...) puis 9 songs (2004), un film interdit au moins de 18 ans où jeux érotiques côtoient extraits de concerts filmés des principaux groupes du moment (Von Bondies, Primal Screem, Franz Ferdinand, Black Rebel Motorcycle club...). L'actualité lui offre également matière à cinéma : Bienvenue à Sarajevo (1996) est une fiction dont le conflit yougoslave constitue la toile de fond. Michael Winterbottom réitère l'expérience avec In this world (2002) sur deux réfugiés afghans au Pakistan cherchant à gagner la Grande-Bretagne ; The Road to Guantanamo (2005) sur les " Trois de Tipton ", film mi-documentaire mi-fiction sur les trois prisonniers britanniques du camp de Guantanamo (film qui vaut à Winterbottom l'Ours d'Argent du meilleur réalisateur au festival international du film de Berlin 2006). Avec Un cœur invaincu (2006), Winterbottom revient sur l'après-11 septembre en s'intéressant à la vie et la disparition de Daniel Pearl, journaliste américain qui enquêtait sur les ramifications terroristes d'Al-Qaida au Pakistan. Winterbottom poursuit ensuite son exploration des drames intimes avec Un été italien (2007), chronique mélancolique sur le deuil et la culpabilité dans les ruelles de Gênes. Il adapte ensuite Jim Thompson avec The Killer Inside Me (2019), thriller noir et brutal porté par Casey Affleck. Fidèle à son goût pour les récits éclatés et les expériences formelles, il transpose Tess d’Urberville de Thomas Hardy dans l’Inde contemporaine avec Trishna (2011), puis signe Everyday (id.), portrait réaliste d’une famille séparée par l’incarcération du père, tourné sur plusieurs années. Fasciné par les figures ambiguës, il s’intéresse au magnat du porno britannique Paul Raymond dans A Very Englisman (2012), avant de mêler fait divers et réflexion sur la manipulation médiatique dans L’Affaire Jessica Fuller (2014, VOD), inspiré de l’affaire Meredith Kercher. Le cinéaste alterne alors projets politiques et œuvres plus légères. Il signe en 2014 et 2020, deux road-movies gastronomique (The Trip to Italy) et mythologique (The Trip to Greece), emmenés par Steve Coogan et Rob Brydon, duo comique de la BBC. Winterbottom retrouve ensuite le ton du thriller avec The Wedding Guest (2018, VOD), cavale trouble entre romance et crime dans l’Inde et le Pakistan. Avec Shoshana (2023, VOD), il revient à la fiction politique en retraçant, dans la Palestine des années 1930, la montée des violences entre Britanniques, Juifs et Arabes sur fond de romance tragique.