Carrière :
Comédien de théâtre chevronné, Bernhard Wicki devient un acteur de cinéma populaire en Allemagne avec son rôle de partisan yougoslave en lutte conte le joug nazi dans Le Dernier Pont
(Helmut Käutner, 1953). Débute alors une carrière internationale, avec des films d'Henri Decoin (La Chatte
, 1958) ou de Michelangelo Antonioni (La notte
, 1960). Mais c'est derrière la caméra qu'il va attirer l'attention de la critique internationale. Après un documentaire sur le fossé entre les générations (Warum sind sie gegen uns ?
(1958), il réalise Le Pont
(1959), une oeuvre pacifiste qui raconte le destin absurde de cinq adolescents allemands mobilisés en 1945 pour défendre un pont inutile. Le retentissement international de ce film lui vaut de diriger la partie allemande du Jour le plus long
(avec Ken Annakin, Andrew Marton, Darryl Zanuck et Gerd Oswald, 1961), et quelques grosses productions (Morituri
, 1964, avec Marlon Brando). S'il signe des oeuvres personnelles dignes d'intérêt, dont Le Miracle de Malachias
(1960), démystification du miracle économique allemand, ou La Rancune
(1963), adaptation d'une pièce de Friedrich Dürrenmatt, la suite de sa carrière de cinéaste ne suscite pas le même enthousiasme. Ses derniers films ne sortent guère du circuit de distribution germanique (Das Spinnennetz
, 1989, d'après un roman de Joseph Roth, dépeint les débuts du fascisme). Acteur, il met régulièrement sa carrure massive à la disposition de réalisateurs talentueux tels Pierre Kast (Vacances portugaises
, 1962), R.W. Fassbinder (Despair
, 1977), Hans W. Geissendörfer (La Cellule de verre
, 1977), Peter Andke (La femme gauchère
, 1977), Bertrand Tavernier (La Mort en direct
, 1979), Wim Wenders (Paris, Texas
, 1983), Andrzej Wajda (Un amour en Allemagne
, 1983) et Richard Dembo (La Diagonale du fou
, 1984).