Agnès Jaoui

Personnalité

Interprète, scénariste, réalisatrice... : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  19/10/1964 - France - Antony, Seine

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Agnès Esther Jaoui

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Auteur de l'œuvre originale, Collaborateur au scénario, Auteur

Biographie

Formation :

Fille d'une psychothérapeute et d'un conseiller en marketing, Agnès Jaoui étudie au lycée Henri IV à Paris et fait hypokhâgne jusqu'à l'âge de vingt ans. Elle prend des cours de chant au Conservatoire du 7ème arrondissement puis à Enghien. Par la suite, elle intègre l'école de comédie du Théâtre des Amandiers dirigée par Patrice Chéreau. Agnès Jaoui débute au cinéma en 1983 dans Le faucon (Paul Boujenah).

Carrière :

Actrice, scénariste et réalisatrice d’exception, Agnès Jaoui s’est imposée comme une figure majeure du cinéma français contemporain, portée par un regard lucide et une capacité unique à mêler humour, tendresse et critique sociale. Son œuvre, couronnée de nombreux prix, explore les relations humaines avec finesse et profondeur, faisant d’elle une artiste indispensable et singulière.
En 1987, Chéreau la fait tourner dans Hôtel de France où elle et entourée de toute la troupe du metteur en scène. Lucide, Agnès Jaoui l'est d'abord sur elle-même. Elle, qui subit pendant des années l'humiliation des castings, ne s'estime pas assez jolie pour le métier. Il lui reste à dénoncer ce regard des autres, les ravages de la vanité, de l'ostracisme et de l'enfermement sur soi. En les traquant jusque dans les lieux communs, les travers et toute autre trace d'inconscient, c'est tout un art qu'elle construit en force et en finesse. L'allié de sa colère, c'est Jean-Pierre Bacri, son partenaire de jeu et d'écriture, qu'elle rencontre sur les planches en 1987, dans L'anniversaire (Harold Pinter). Leur premier succès, Cuisine et dépendances (Philippe Muyl, 1992), qu'ils adaptent après l'avoir joué sur scène, montre avec quelle servilité l'on se range à l'opinion du plus fort, symbolisé ici par l'homme célèbre. Agnès Jaoui, dans la peau d'une journaliste en vue, y voit son couple s'effondrer au cours d'une soirée. La pièce est adaptée au cinéma, également un succès. Même chose pour Un air de famille qui les fait connaître du grand public lorsque Cédric Klapisch, en 1996 fait de la pièce son nouveau film. C'est l'histoire de Betty, une jeune fille qui s'oppose à la famille sans toutefois sortir de son schéma, inspire à Jaoui à la fois révolte et impuissance. Puis, elle chante sa douleur de thésarde dépressive dans On connaît la chanson (Alain Resnais, 1997). Toute aussi intense dans Le cousin (Alain Corneau, 1997), en épouse négligée et alcoolique d'Alain Chabat, la comédienne plonge dans l'épreuve de vérité pour Une femme d'extérieur (Christophe Blanc, 2000). Elle y joue Françoise, infirmière et mère de famille, dont la vie bascule quand elle découvre que son mari la trompe. Histoire d'une descente aux enfers si bien nuancée qu'elle prend le spectateur à la gorge. Dans Le goût des autres (Agnès Jaoui, 2000), l'industriel inculte joué par Bacri est la risée d'une pléiade d'artistes branchés qui voient en lui le comble de la "beaufrerie". Ce premier film en tant que réalisatrice remporte un énorme succès public et critique ; il reçoit plusieurs Césars et est même en compétition aux Oscars. Trois ans plus tard, c'est à Cannes que Comme une image est récompensé en tant que meilleur scénario, prix qu'elle partage avec Jean-Pierre Bacri. Elle tourne en 2004, sous la direction de Laurant Bouhnik (24 heures de la vie d'une femme), François Favrat (Le rôle de sa vie, où elle forme un duo touchant avec Karin Viard). En 2005, c'est avec Richard Dembo qu'elle continue sur cette lancée régulière d'un film tous les deux ans (La maison de Nina). Puis en 2008, elle tourne Parlez-moi de la pluie, son troisième film, discret, dont elle est aussi scénariste. En 2012, elle réalise Au bout du conte, une chronique douce-amère sur l’enfance des sentiments, explorant les illusions et les désillusions de ses personnages, une partition écrite à quatre mains avec Jean-Pierre Bacri qui conserve leur touche d’ironie sensible. En 2016, on la retrouve devant la caméra de Blandine Lenoir dans Aurore, portrait sensible et lumineux d’une femme confrontée au passage du temps, où Jaoui impose sa présence avec une délicatesse poignante. L’année suivante, elle revient à la réalisation et signe Place publique (2017), satire sociale à la fois acerbe et empathique, qui ausculte le milieu de la bourgeoisie culturelle, toujours en compagnie de Bacri, pour ce qui sera leur ultime collaboration au cinéma, avant la disparition de son complice en 2021. Après ce deuil, Jaoui relève le défi du renouvellement : en 2018, elle apporte son humour et sa sensibilité au film Les Bonnes Intentions de Gilles Legrand, incarnant une prof idéaliste tiraillée entre générosité et contradictions. En 2020, elle explore la voix dans À l’ombre des filles d’Étienne Comar, où, avec douceur et exigence, elle fait résonner la quête d’émancipation et les blessures intimes. La même année, elle joue dans Compagnons de François Favrat, y illustrant une nouvelle fois ce regard lucide et empathique qu’elle n’a jamais cessé de porter sur les trajectoires humaines. Depuis 2022, Agnès Jaoui multiplie les rôles riches et diversifiés au cinéma, marquant chaque projet de sa présence singulière et nuancée. En 2023, elle est à l'affiche de Le Cours de la vie (2022) de Frédéric Sojcher, où elle incarne Noémie, une scénariste qui retrouve son amour de jeunesse dans une école de cinéma. L’année suivante, elle est à l’affiche de Sur la branche (2002), une comédie de Marie Garel-Weisse. En 2023, elle joue dans Le Dernier des juifs, un drame historique où sa justesse éclaire les enjeux mémoriels et personnels du récit, renforçant son aura de comédienne capable de mêler intensité et subtilité. Ensuite, La Vie de ma mère en 2024 la voit incarner une femme confrontée à son passé dans une chronique intime où se lisent à la fois la fragilité et la force de son personnage. Cette immersion dans la vie quotidienne reste empreinte de la douceur et de la mélancolie qui caractérisent son jeu. Ma vie ma gueule (id.) offre à Jaoui un rôle plus vif, où son interprétation mêle humour et gravité, contribuant à une fresque sociale qui ne détourne jamais le regard des petites vies anonymes mais porteuses d’humanité. Pour son sixième long métrage en tant que réalisatrice, Agnès Jaoui explore la révolution #MeToo dans le théâtre avec L’Objet du délit (2025).

Autres activités :

Au théâtre, Agnès Jaoui interprète L'anniversaire, Penthésilée, Platonov, Ivanov, Cuisine et dépendances et Un air de famille . Elle écrit, toujours avec Jean-Pierre Bacri, les scénarios des films Smoking, No Smoking (Alain Resnais), On connaît la chanson (id.), Un air de famille et Le goût des autres (1999). Pour la télévision, elle tourne un épisode de la série "Navarro" : Comme des frères (Patrick Jamain, 1990). En 2006, Agnès Jaoui se met à la chanson. L'album s'appelle Canta . Elle chante exclusivement en espagnol et portugais. Elle est récompensée aux Victoires de la Musique 2007. Cette même année, elle reprend La transformation en duo avec Dick Annegarn pour l'album Le grand dîner . Elle avait également participé, en 2005, au double album de Jean-Pierre Nataf, Plutôt tôt, plutôt tard : Floricanto , en duo. En 2007, elle travaille sur l'album de Marcel Amont, Décalage horaire .

Filmographie

Courts métrages

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Film Français (Le), n° 2696, décembre 1997
  • Périodique : Nouveau Cinéma (Le), mars 2000
  • Périodique : Positif, n° 442, décembre 1997
  • Périodique : Studio Magazine, n° 146, juin 1999
  • Périodique : Synopsis, automne 1998
  • Site Internet : Interview (en anglais)
  • Site Internet : Interview en anglais sur le site de la BBC
  • Site Internet : Portrait, bio, interview,...

Récompenses et nominations

  • 2001 - Meilleur scénario - César du Cinéma Français - Le goût des autres - Obtenu
  • 2000 - Meilleur scénario - EFA - European Film Academy - Le goût des autres - Obtenu
  • 1998 - Meilleur scénario - César du Cinéma Français - On connaît la chanson - Obtenu
  • 1998 - Meilleure interprétation féminine dans un 2nd rôle - César du Cinéma Français - On connaît la chanson - Obtenu
  • 1997 - Meilleur scénario - César du Cinéma Français - Un air de famille - Obtenu
  • 1994 - Meilleur scénario - César du Cinéma Français - Smoking/No smoking - Obtenu