Nanni Moretti

Personnalité

Réalisateur, producteur, interprète... : années 1970-2020

Nationalité :  Italie

Naissance :  19/08/1953 - Italie - Brunico, Trentin-Haut-Adige

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Giovanni Moretti

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Auteur de l'œuvre originale, Producteur, Monteur, Adaptateur, Auteur primaire, Auteur

Biographie

Formation :

A l'issue de sa scolarité, Nanni Moretti décide de devenir réalisateur. Il écrit, scénarise, tourne et produit alors trois courts métrages, dans lesquels il est également acteur : La Sconfitta (1973), Pâté de bourgeois (1973) et Come parli frate (1974).

Carrière :

Nanni Moretti, figure majeure du cinéma italien contemporain, est autant connu pour son humour corrosif et son engagement politique que pour ses films introspectifs, souvent primés à Cannes. Son œuvre, entre satire sociale et autobiographie, reste un miroir acide et tendre de l’Italie moderne.
Nanni Moretti fait une entrée remarquée dans le cinéma italien avec un long métrage : Je suis un autarcique (1976). Ce film, dans lequel apparaît le personnage de Michele Apicella, qui subit par la suite des variations et que Moretti interprète lui-même, constitue le brouillon de toute son œuvre future. Moretti utilise un humour corrosif pour exprimer ses sentiments sur la gauche italienne, le cinéma traditionnel, et l'incompétence de la critique. Le film est un succès. Moretti devient dans les années quatre-vingt-un des plus sûrs espoirs de la nouvelle génération de cinéastes italiens. Ses films suivants, Ecce Bombo (1978) et Sogni d'oro (1981) témoignent cependant d'une certaine incertitude stylistique. Dans Sogni d'oro, Moretti livre en vrac les interrogations sur sa vie privée, ses difficiles relations à la mère et à la femme aimée, ainsi que sur le monde du cinéma et de la télévision. Il mêle de façon parfois chaotique le grave et le dérisoire, la réflexion philosophique et le canular. En 1984, il réalise Bianca, un film sur l'idéalisation du couple et de la famille. Sa démarche s'épure dans un récit plus linéaire. Il prend de la distance vis à vis des personnages qu'il interprète. Toujours en décalage avec son époque, il met en scène un Michele Apicella professeur de mathématiques devenant assassin par réaction au relâchement des mœurs. A travers le prêtre Giulio (avatar de Michele) de La Messe est finie (1985), il continue d'explorer les rapports aux autres. Giulio observe le destin de ses amis et ne peut tolérer leurs comportements "immoraux", lui qui a choisi le don de soi. Dans Palombella rossa (1989), Michele tente de retrouver sa mémoire perdue à la suite d'un accident. Il découvre qu'il est un joueur de water-polo et un fonctionnaire du PCI (Parti Communiste Italien). L'action du film, construit comme un puzzle, se cristallise autour du bassin (métaphore de la scène sociale) où se joue le match de water-polo. Le film est un véritable kaléidoscope où les souvenirs d'enfance, les expériences de jeune militant se mêlent aux rencontres faites, aux extraits d'une tribune politique et du Docteur Jivago, diffusé à la télévision dans un coin du bassin. Palombella rossa est un portrait inspiré de la société italienne, mais aussi celui d'un metteur en scène en quête de sujet, à la recherche d'une nouvelle manière de faire un film. En 1990, Moretti réalise La Cosa, un documentaire sur la mutation du PCI montrant qu'il y a autant de communismes que de militants. Avec Caro diaro (Journal intime, 1993), il ne se cache plus derrière Michele. Il livre un film personnel découpé en trois chapitres, salué à Cannes. Aprile (1997), est le prolongement politico-familial de Caro diaro. Palme d'Or à Cannes en 2001, La Chambre du Fils aborde le sujet du deuil avec une maîtrise, une émotion et une sobriété qui séduisent le public et la critique. Moretti continue sa route d'agitateur avec Le Caïman, savant mélange entre un pamphlet contre la vie politique italienne en général et Silvio Berlusocni en particulier et une fable satirique sur le cinéma et la vie de couple, toujours mâtiné d'éléments autobiographiques. En 2011, cet habitué du Festival de Cannes y présente Habemus papam (2010), qui aborde une nouvelle fois la religion, toujours avec ce ton caractéristique et humoristique qui a fait de lui un cinéaste attachant et incontournable. En 2012, Nanni Moretti préside le jury du Festival de Cannes, confirmant son statut de figure majeure du cinéma européen. Avec Mia Madre (2014), il explore les tensions entre vie professionnelle et familiale à travers le personnage de Margherita, réalisatrice en crise, interprétée par Margherita Buy. Le film, primé par le Prix du Jury Œcuménique à Cannes, mêle avec justesse drame intime et satire du milieu cinématographique, tout en gardant cette touche d’humour et de mélancolie qui le caractérise. En 2021, Tre piani (2020) marque un tournant plus sombre. Adapté d’un roman d’Eshkol Nevo, le film entrelace les destins de trois familles dans un immeuble romain, abordant des thèmes comme la culpabilité, la solitude et les fractures sociales. Moretti y délaisse partiellement l’autobiographie pour une fresque collective, tout en conservant son regard acéré sur la société italienne. Son dernier film en date, Vers un avenir radieux (2023), présenté en compétition à Cannes, est un hommage au cinéma politique des années 1950. À travers l’histoire d’un réalisateur en pleine crise créative, Moretti interroge la place de l’engagement artistique dans un monde en mutation, tout en réaffirmant son amour pour le septième art. Le film, à la fois drôle et nostalgique, confirme sa capacité à mêler réflexion politique et émotion personnelle, sans jamais tomber dans le didactisme.

Autres activités :

En 1986, Moretti fonde sa propre société de production, la Sacher Film . Il produit certains des premiers films de Carlo Mazzacurati (Nuit italienne , 1987), et de Daniele Luchetti (Domani, domani , 1988 ; Le Porteur de serviette , 1991). La société produit également ses derniers films : Palombella rossa et Caro diaro . Il est en outre acteur dans le Porteur de serviette , et dans La Seconda volta (1996) de Mimmo Calopresti. Il a également l'habitude de passer devant la caméra dans ses propres réalisations, que ce soit pour interpréter son double Michele ou même Berlusconi dans Le Caïman .

Filmographie

Longs métrages

Auteur de l'œuvre originale

Monteur

Scénariste

Dialoguiste

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : L' autre, la rencontre, dans le cinéma de Nanni Moretti / Zeynep Özkol, 1995
  • Ouvrage : L' insularité chez Nanni Moretti : une écriture des lieux dans La messa è finita et Caro Diario / Alice Moscoso. - [S.l. : s.n.], 1997
  • Ouvrage : Le comique de Nanni Moretti étudié à travers les films : Bianca, la Messe est finie, Palombella rossa / Reynaud Jacqueline. - Lille : ANRT, 1995
  • Ouvrage : Les leçons de cinéma / [éd. établie par Antoine de Baecque ; préf. de Gilles Jacob]. - [S.l.] : Ed. du Panama : Festival de Cannes, 2007
  • Ouvrage : Nanni Moretti / Jean A. Gili. - Rome : Gremese, 2001
  • Ouvrage : Nanni Moretti / sous la dir. de Marc Ruscart ; texte de Alain Philippon, Alain Carbonnier ; et contributions de Daniele Sallenave, André Reboul, Henri Texier. - Quimper : Calligrammes, 1987
  • Ouvrage : Nanni Moretti : [compilation de textes : extraits d'ouvrages, articles photocopiés]. - [S.l.] : [s.n.], [s.d.]
  • Ouvrage : Nanni Moretti : entretiens / Carlo Chatrian et Eugenio Renzi - [S.l.] : Cahiers du cinéma : Festival International du film de Locarno, 2008
  • Ouvrage : The cinema of Nanni Moretti : dreams and diaries / Ewa Mazierska & Laura Rascaroli. - London ; New-York : Wallflower Press, 2004
  • Ouvrage : Una generazione in cinema : esordi ed esordienti italiani 1975-1988 / Mostra Internazionale del Nuovo Cinema (Pesaro); [a cura di Franco Montini]. - Venezia : Marsilio, 1988
  • Périodique : 24 Images, n° 73-74, septembre/octobre 1994
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 286, mars 1978
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 391, janvier 1987
  • Périodique : Cinéaste, vol. 21, n° 1/2, février 1995
  • Périodique : Cineforum, n° 373, avril 1998
  • Périodique : Cineforum, n° 389, novembre 1999
  • Périodique : Cineforum, n° 403, avril 2001
  • Périodique : Cinema Sessanta, n° 126, mars-avril 1979
  • Périodique : Cinéma, n° 350, 16 avril 1986
  • Périodique : Cinématographe, n° 72, novembre 1981
  • Périodique : Film Comment, vol. 38, n° 1, janvier 2002
  • Périodique : Filmcritica, n° 343/344, avril 1984
  • Périodique : Italian Cinema, vol. 2, n° 2, avril 2005
  • Périodique : Italian cinema, vol. 3, n° 2, mai 2006
  • Périodique : Positif, n° 311, janvier 1987
  • Périodique : Positif, n° 346, décembre 1989
  • Périodique : Positif, n° 399, mai 1994
  • Périodique : Positif, n° 448, juin 1998
  • Périodique : Positif, n° 483, mai 2001
  • Périodique : Positif, n° 543, mai 2006
  • Périodique : Première, n° 119, février 1987
  • Périodique : Première, n° 153, décembre 1989
  • Périodique : Première, n° 207, juin 1994
  • Périodique : Première, n° 291, mai 2001
  • Périodique : Screen International, n° 1048, 8 mars 1996
  • Périodique : Screen International, n° 1160, 29 mai 1998
  • Périodique : Screen International, n° 615, 29 août 1987
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 12, n° 1, janvier 2002
  • Périodique : Studies in European Cinema, vol. 6, n° 2, mai 2009
  • Site Internet : Mini site sur Moretti sur cadrage.net
  • Site Internet : Portrait

Récompenses et nominations

  • 2011 - Meilleur réalisateur - SNGCI - Sindacato Nazionale Giornalisti Cinematografici Italiani - Habemus papam - Obtenu
  • 2006 - Meilleur réalisateur - David Di Donatello Awards - Le Caïman - Obtenu
  • 2001 - Meilleur réalisateur - SNGCI - Sindacato Nazionale Giornalisti Cinematografici Italiani - La Chambre du fils - Obtenu
  • 1994 - Prix de la mise en scène - Festival International du Film (Cannes) - Caro diario - Obtenu
  • 1994 - Meilleur réalisateur - SNGCI - Sindacato Nazionale Giornalisti Cinematografici Italiani - Journal intime - Obtenu
  • 1991 - Meilleure interprétation masculine - David Di Donatello Awards - Le Porteur de serviette - Obtenu