Joe Dante

Personnalité

Réalisateur, producteur, interprète, monteur... : 1970-2020

Nationalité :  Etats-Unis

Naissance :  28/11/1946 - Etats-Unis - Morristown, New Jersey

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Joseph James Dante Jr.

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Auteur de l'idée originale, Monteur, Préfacier, postfacier, Annotateur

Biographie

Formation :

Nourri de cinéma depuis son plus jeune âge (il fréquente assidûment les salles obscures où se construit sa culture du cinéma fantastique et des films de genre), Joe Dante intègre en 1965 la section cinéma du Philadelphia College of Art. Il devient très tôt critique de film, d'abord en amateur pour des revues comme Famous Monsters of Filmland , magazine dédié au cinéma d'horreur. Cette activité se professionnalise ensuite pour des magazines destinés à un public plus adulte, comme Castle of Frankenstein , dans lequel Dante tient une rubrique sur les films fantastiques et d'horreur diffusés par la télévision américaine. Le jeune critique utilise cet espace de liberté pour dénoncer, dans des articles spirituels et incisifs, leur manipulation par la télévision, en particulier la censure de scènes jugées trop violentes. De 1969 à 1974, il collabore à Film Bulletin , revue d'information sur l'industrie cinématographique destinée aux professionnels.

Carrière :

Cinéaste cinéphile, adepte de la référence et de la citation, nourri de fantastique, de science-fiction et de dessins animés, Joe Dante offre une vision très caustique de l'Amérique contemporaine . En 1974, Joe Dante rejoint la New World Pictures de Roger Corman en qualité de monteur de bandes annonces. Corman est alors un des grands producteurs de films de série B. Auprès de ce mentor, Dante se perfectionne dans les genres populaires à petit budget et l'artisanat cinématographique, proches de l'esprit de son premier opus, The Movie Orgy . Ce film de montage de 4h30 réalisé avec Jon Davison au cours des années 1960 exprimait déjà toute sa passion cinéphilique dans un patchwork de références hétéroclites (fragments de films, de dessins animés, d'émissions ou de séries télévisées). Dante aimait y voir une "sorte de manuel de la contre-culture composé de fragments disposés pour produire des juxtapositions ironiques". Il réutilise ce concept pour le premier film dont Corman lui confie la réalisation, Hollywood Boulevard (1976), coréalisé avec Allan Arkush. Ce film est l'enjeu d'un pari entre Corman et le producteur Jon Davison : faire le film le moins cher de New World Pictures. Dante relève le défi en imaginant une délirante parodie des films "maison". Tourné en 10 jours pour 60.000 dollars, le film tient son engagement, essentiellement par le recours intensif à des extraits d'autres productions de la New World Pictures. Nourri de références cinéphiles, Dante y déploie son art de la citation et des clins d'oeil aux films d'horreur et de science-fiction. L'expérience lui a donné le goût de la mise en scène. Corman lui propose de réaliser une parodie du film à succès de Steven Spielberg, Les Dents de la mer (1974). Ce sera Piranhas , tourné en 1978 dans l'urgence et la bousculade : pas de repérage des extérieurs, effets spéciaux bricolés (les piranhas électriques explosant au contact de l'eau durent être remplacés par des dispositifs mécaniques), toutes situations que Dante a appris à gérer. Pastiche assumé, le film reprend les ingrédients du film de terreur, teinté d'écologie et de fantastique, et entretient avec talent un suspens palpitant et jubilatoire. Avec Hurlements (1980), Joe Dante renouvelle le genre désuet et codifié du film de loup-garou, en transposant l'action dans la Californie "new age" contemporaine. Jalon important dans la régénération du cinéma fantastique, servi par le perfectionnement des effets spéciaux, le film témoigne aussi d'une plus grande liberté dans l'expression de la sexualité et de la violence. C'est un succès, dont l'ironie référentielle et l'attrait pour les films de genre est remarqué entre autres par Steven Spielberg. Après la réalisation d'un épisode dans le film collectif La Quatrième dimension (Twilight Zone: The Movie ) avec Spielberg et John Landis en 1982, où l'on retrouve son goût pour le "cartoon", le film de la révélation est Gremlins (1983). L'originalité du scénario a séduit Spielberg, qui en fait la première production d'envergure de sa toute nouvelle société, Amblin Entertainment. Cette comédie satirique met en scène une petite créature à fourrure, un Mogwaï ("esprit malin" en chinois), qui va engendrer malgré elle une multitude de monstres facétieux et sadiques prêts à dévaster le soir de Noël une petite ville sans histoires, typique de l'Amérique profonde. Le tournage est épuisant, les créatures étant des marionnettes manipulées à partir d'une véritable ville souterraine aménagée pour l'occasion. Sous de faux airs de film familial, Joe Dante introduit ses ingrédients favoris, l'irruption d'une menace extérieure et les réactions de la population face à ce danger inconnu. Le film est un grand succès commercial, qui donne à Joe Dante une notoriété importante, mais va le confiner dans la sphère d'influence de Spielberg. Il donnera lieu à une suite, Gremlins 2 : La nouvelle génération , tournée en 1989. Dans Explorers (1985), film de science-fiction pour teenagers, avec Ethan Hawke et River Phoenix, Dante détourne la mythologie mise en place par son célèbre mentor (dans des films comme E.T. l'extra-terrestre (1981), mais le film sera un échec. Le réalisateur tourne alors en 1987 L'Aventure intérieure , pur produit estampillé Spielberg. Inspiré du film de Richard Fleischer Le Voyage fantastique (1965), dont il se démarque cependant par quelques trouvailles décalées, c'est une aventure scientifique extraordinaire qui voit un être humain miniaturisé envoyé à bord d'un vaisseau dans le corps d'une autre personne. Mais le film essuie un nouvel échec. Cherchant à se libérer des injonctions hollywoodiennes, Joe Dante réalise en 1988 Les Banlieusards , un film plus personnel et resté méconnu. Dans cette comédie noire, l'horreur visuelle des premiers films laisse la place à l'horreur des discours et des sentiments des gens confrontés à l'inconnu. En 1992, Joe Dante rend hommage à la cinéphilie de son enfance avec Panic sur Florida Beach , récit de la présentation d'un "monster movie" dans une petite ville américaine durant la crise des missiles cubains, évènement qui avait profondément marqué son adolescence. Après cet opus aux accents nostalgiques malheureusement peu lucratif, le cinéaste se tourne vers la télévision. Après cinq années loin des plateaux de cinéma, il revient avec Small Soldiers (1997), anti-Toy Story au discours anti-militaire et anti-consumériste. Les résultats mitigés du film, au ton sans doute trop noir pour le public visé, l'éloignent une nouvelle fois des plateaux. Il tournera en 2002 Les Looney Tunes passent à l'action , mêlant animation et prises de vues réelles. The Hole (2008), est un thriller fantastique tourné à l'origine en 3D. Joe Dante reprend la caméra en 2014 pour Burying the Ex. , mélange savoureux de comédie horrifique et d'humour noir.

Autres activités :

Joe Dante a tourné de nombreux films pour la télévision américaine. Il a notamment signé pour HBO le téléfilm La Seconde Guerre de Sécession , diffusé en 1997, et deux épisodes d' Histoires fantastiques , une série télévisée produite par Steven Spielberg et diffusée aux États-Unis entre 1985 et 1987 sur le réseau NBC. Au début des années 1990, Joe Dante ralentit son rythme de production pour le cinéma et se consacre en particulier à la transmission de sa passion et de ses connaissances en intervenant dans des courts métrages documentaires (ou " featurettes "). Il s'est investi depuis 2007 dans Trailers from Hell , un site internet à vocation encyclopédique qui permet de visionner gratuitement des bandes annonces, (surtout des raretés relevant du fantastique, de l'horreur et de la science-fiction), commentées par des réalisateurs de diverses générations.

Filmographie

Courts métrages

Réalisation

Longs métrages

Auteur de l'idée originale

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : "Mes films préférés ne durent qu'une heure, comme ceux des années quarante". Entretien avec Joe Dante, Sunset Marquis, West Hollywood, novembre 2005, in "Amis américains : entretiens avec les grands a
  • Ouvrage : Cartoons and the movies / Jayne Pilling. - Paris : Dreamland, 1997
  • Ouvrage : Figures de l'errance et de l'exil : cinéma, art et anthropologie / Olivier Schefer. - [Pertuis] : Rouge profond, 2013.
  • Ouvrage : Joe Dante et les Gremlins de Hollywood / sous la dir. de Bill Krohn. - Paris : Cahiers du cinéma, 1999
  • Ouvrage : Joe Dante, l'art du je(u) / Frank Lafond. - Pertuis : Rouge profond, 2011
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 435, septembre 1990. Bill Krohn, "Entretien avec Joe Dante"
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 647, juillet-août 2009. Bill Krohn, "Entretien avec Joe Dante. Éviter de refaire les erreurs du passé"
  • Périodique : Cinéastes, n° 11, décembre 2003. Cécile Giraud, "Joe au pays des merveilles"
  • Périodique : Film Comment, vol. 20, n° 3, mai-juin 1984. David Chute, "Dante's Inferno"
  • Périodique : La Revue du cinéma, n° 400, décembre 1984. Alain Garel, "Les Enfers de Dante"
  • Périodique : La Revue du cinéma, n° 400, décembre 1984. Alain Garel, François Guérif, "Entretiens avec Joe Dante"
  • Périodique : L'Écran fantastique, n° 41, janvier 1984. Randy & Jean-Marc Lofficier, "Entretien avec Joe Dante"
  • Périodique : L'Écran fantastique, n° 51, décembre 1984. Randy & Jean-Marc Lofficier, "Entretien avec Joe Dante"
  • Périodique : L'Écran fantastique, n° 63, décembre 1985. Randy & Jean-Marc Lofficier, "Entretien avec Joe Dante"
  • Périodique : Mad Movies, n° 211, septembre 2008. Gilles Esposito, "Un gremlin dans le système"
  • Périodique : Mad Movies, n° 84, juillet 1993. Marc Toullec, "Interview Joe Dante"
  • Périodique : Positif, n° 449-450, juillet-août 1998. Michael Henry, "Joe Dante, j'ai essayé de conserver ma faculté d'émerveillement"
  • Périodique : Positif, n° 449-450, juillet-août 1998. Yannick Dahan, "Joe Dante, de l'horreur anecdotique au drame universel"

Récompenses et nominations

  • 2011 - Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - Festival International du Film (Amiens) - Obtenu
  • 2006 - Prix spécial du jury - Festival Internacional de Cinema de Catalunya (Sitges) - Obtenu
  • 1998 - Léopard d'honneur - Festival International du Film (Locarno) - Obtenu