Spike Lee

Personnalité

Réalisateur, producteur, scénariste, interprète... : 1970-2020

Nationalité :  Etats-Unis

Naissance :  20/03/1957 - Etats-Unis - Atlanta, Géorgie

Identité

Genre : homme

Pseudonyme(s) :

  • Shelton J. Lee

État civil :

  • Shelton Jackson Lee

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Adaptateur, Producteur, Producteur exécutif, Producteur délégué, Parolier des chansons originales, Monteur, Cadreur/Opérateur, Auteur, Préfacier, postfacier, Annotateur

Biographie

Formation :

Installé à Brooklyn avec sa famille dont le père est un musicien de jazz réputé, Spike Lee suit des études de cinéma à l'université de New York. Après quelques courts métrages, il obtient l'Oscar du meilleur film d'étudiant en 1984 pour son film de fin d'études Joe's bed-stuy barbershop : We cut heads (1983).

Carrière :

Spike Lee s'impose depuis plus de trois décennies comme un cinéaste engagé et intransigeant, explorant sans relâche les questions de racisme, d'injustice sociale et d'identité afro-américaine à travers un cinéma à la fois militant et accessible. Récompensé pour son regard incisif et sa maîtrise narrative, il demeure une figure majeure capable d'allier critique sociale et création artistique puissante.
Avec de tout petits moyens, Spike Lee réalise un premier film professionnel remarqué sur les amours libres d'une jeune Noire, Nola Darling n'en fait qu'à sa tête (1986). Liberté de style et de ton, humour, sens de la critique sociale : telles sont déjà les caractéristiques de ce jeune auteur complet qui interprète tous ses films. Il devient peu à peu le cinéaste afro-américain de référence, pour qui toutes les vérités sont bonnes à dire : racisme intercommunautaire et violence urbaine (Do the right thing, 1989), portrait sans concession d'un musicien de jazz (Mo'better blues, 1989), drogue et sexualité interraciales (Jungle fever, 1990). Son film le plus ambitieux reste Malcolm X (1992), biographie épique d'une figure noire controversée. Le résultat, aidé par la performance de Denzel Washington, est bien reçu par la critique et par le public malgré une dérive quelque peu académique. La suite de son œuvre est inégale, son propos n'étant pas toujours à la hauteur de sa virtuosité. Crooklyn (1994) est un film autobiographique qui peint l'univers de son enfance, tandis que Clockers (1995), film d'action particulièrement brutal, semble indiquer une évolution vers le cinéma de genre. Le cinéaste, en s'éloignant de ses débuts militants, s'expose à une critique de plus en plus sévère et exigeante. Après deux nouveaux échecs commerciaux (Girl 6 en 1995 et Get on the bus en 1996), Spike Lee regagne la confiance de la critique et du public avec le film He got game (1999), sur le pouvoir de l'argent dans le basket américain. La même année, il tourne Summer of Sam, un thriller urbain inspiré d'un fait divers, rythmé et violent dont l'action se situe dans le Bronx, au cœur de la communauté italo-américaine de New York. En 2000, Spike Lee dénonce avec The Very black show le racisme véhiculé par la télévision américaine à l'image des Minstrels et ses spectacles de blackfaces. Le retour de Spike Lee se poursuit avec un film de commande, La Vingt-cinquième heure (2002), première fiction "post-11 septembre", sur la dernière heure de liberté d'un dealer en proie à des problèmes de conscience. L'année suivante, il connaît un nouvel échec commercial avec une comédie de mœurs : She hate me (2003). En 2005, il renoue avec le succès avec Inside man - L'Homme de l'intérieur. Thriller captivant, le film de genre (braquage) se mue en un authentique pamphlet contre la politique sécuritaire et paranoïaque de l'Amérique des années Bush. En 2007, Spike Lee s'essaie au film de guerre, en réalisant Miracle à Santa-Anna, qui traite de la vie de quatre GI noirs américains encerclés dans un village de Toscane durant la Seconde Guerre mondiale. Spike Lee poursuit son exploration des thématiques sociales avec Red Hook Summer (inédit en France, 2012), un film ancré dans son quartier natal de Brooklyn, qui mêle tradition et tension générationnelle au sein de la communauté noire. En 2013, il signe un remake audacieux du thriller sud-coréen Oldboy, mettant en scène une violence stylisée et une atmosphère oppressante, bien que ce film ait reçu un accueil critique mitigé. Puis, avec Da Sweet Blood of Jesus (inédit, 2014), il revisite le vampirisme en y injectant une critique sociale sous-jacente, mêlant horreur et traditions afro-américaines. En 2015, Chi-Raq (inédit) s'impose comme une satire féroce contre la violence armée, inspirée d'une tragédie grecque, avec un ton comique et engagé. L'année 2018 marque un retour en force grâce à BlacKkKlansman (2017), qui dénonce avec ironie et gravité les dérives racistes des États-Unis, film récompensé par de nombreux prix. Plus récemment, en 2020, Da 5 Bloods (inédit) offre un regard critique et poignant sur la guerre du Vietnam et ses séquelles, en mêlant mémoire, amitié et héritage post-colonial. Enfin, il prépare ou vient de sortir Highest 2 Lowest (VOD, 2025), une œuvre ambitieuse qui continue d'interroger les inégalités sociales américaines à travers une fresque urbaine contemporaine.

Autres activités :

Spike Lee possède sa propre maison de production : 40 Acres and a Mule Filworks productions.

Filmographie

Longs métrages

Parolier des chansons originales

Adaptateur

Producteur exécutif

Producteur délégué

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : A rhetoric of symbolic identity : an analysis of Spike Lee's X and Bamboozled / Gerald A Powell, Jr. - Dallas : University Press of America, 2004.
  • Ouvrage : By any means necessary : the trials and tribulations of the making of Malcolm X... : (including the screenplay) [Biographie] / Spike Lee . - New-York : Hyperion, 1992 .
  • Ouvrage : Le cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation / Régis Dubois. - Paris : Ed. du Cerf ; Condé-sur-Noireau : Corlet, 2005
  • Ouvrage : Les cinéastes noirs américains et le rêve hollywoodien / Anne Crémieux. - Paris ; Budapest ; Torino : L'Harmattan, 2004
  • Ouvrage : Spike Lee / Alex Patterson. - New York : Avon Books, 1992.
  • Ouvrage : Spike Lee : interviews / Ed. by Cynthia Fuchs. - Jackson : University Press of Mississippi, 2002
  • Ouvrage : Spike Lee : interviews / edited by Cynthia Fuchs. - Jackson : University Press of Mississippi, 2002.
  • Ouvrage : Spike Lee and the African American filmmakers : a choice of colors / K. Maurice Jones. - Brookfield, Conn. : Millbrook Press, 1996.
  • Ouvrage : The films of Spike Lee : five for five / Henry Louis Jr. Gates, Charles Johnson, ... ; Photogr., David Lee ; Pref., Spike Lee, Melvin Van Peebles . - New York : Stewart, Tabori and Chang, 1991 .
  • Périodique : American Film, vol. 11, n° 10, septembre 1986. Greg Tate, "Spike Lee"
  • Périodique : Black Filmmaker, vol. 3, n° 8, mars 2000. Marc Gilliam, "Spike untold"
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 385, juin 1986. François Margolin, "Spike Lee en 15 questions"
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 421, juin 1989. Iannis Katsahnias ; Nicolas Saada, "Entretien avec Spike Lee"
  • Périodique : Cahiers du cinéma (Les), n° 445, juin 1991. Antoine de Baecque ; Nicolas Saada, "Entretien avec Spike Lee"
  • Périodique : Cine and media, n° 3, septembre 1998. "Films of Spike Lee at George Easterman House"
  • Périodique : CineAction !, n° 29, octobre 1992. Robert K. Lightning, "Spike Lee's homophobia"
  • Périodique : CineAction !, n° 71, juin 2007. Robin Wood, "Toronto International Film Festival 2006 : Some tentative..."
  • Périodique : Cinéaste, vol. 17, n° 4, avril 1990. E. Perkins, "Renewing the African American cinema : the films of Spike Lee"
  • Périodique : Cinéaste, vol. 18, n° 4, décembre 1991. Janice Mosier Richolson, "He's gotta have it - an interview with Spike Lee"
  • Périodique : Cinéaste, vol. 26, n° 2, mars 2001. Gary Crowdus & Dan Georgakas, "Thinking about the power of images : An interview with Spike..."
  • Périodique : Cineaste, vol. 28, n° 3, été 2003. Paula J. Massood, "The quintessential New Yorker and global citizen: an interview with Spike Lee"
  • Périodique : Cineforum, vol. 39, n° 386, juillet-août 1999. Anton Giulio Mancino, "Dal pulpito cinematografico per fare la differenza"
  • Périodique : Cinéma 89, n° 458, juin 1989. Anne-Marie Baron, "Spike Lee"
  • Périodique : Cinéma 91, n° 478, juin 1991. Stéphane Brisset, "Spike fever"
  • Périodique : Creative Screenwriting, vol. 6, n° 3, mai 1999. George Khoury, "Big words : an interview with Spike Lee"
  • Périodique : Empire, n° 027, septembre 1991. Philip Thomas, "Don't believe the hype"
  • Périodique : Empire, n° 046, avril 1993. Tom Hibbert, "The Angriest black man in America"
  • Périodique : Empire, n° 167, mai 2003. Angie Errigo, "Spike Lee : hall of fame - the maverick series"
  • Périodique : EPD Film, vol. 18,n° 5, mai 2001. Katharina Dockhorn, "Gespräch mit Spike Lee"
  • Périodique : EPD Film, vol. 23, n° 9, septembre 2006. Andreas Busche, "Ästhetik & Eigensinn : Vorbildlich : eine Monographie über Spike Lee"
  • Périodique : Film a Doba, vol. 36, n° 10, octobre 1990. E. Hepnerová, "Spike Lee"
  • Périodique : Film a Doba, vol. 38, n° 2, été 1992. Eva Zaoralová, "Cerna Amerika"
  • Périodique : Film Comment, vol. 22, n° 5, septembre-octobre 1986. M. Glicksman, "Lee way"
  • Périodique : Film en Televisie, n° 432, mai 1993. Ronnie Pede, "Het lijden van de kleurling kent geen grenzen. Biografie van een complex man"
  • Périodique : Film Quarterly, n° 2, décembre 1993.Victoria E. Johnson, "Polyphony and cultural expression"
  • Périodique : Film Quarterly, n° 2, hiver 2006-2007. Ernest Callenbach, "When the levees broke : a requiem in four acts"
  • Périodique : Film Quarterly, n° 3, printemps 1991. Alber Johnson, "Moods indigo : a long view. Part 2"
  • Périodique : Filmcritica, vol. 43, n° 425, mai 1992. Fernanda Moneta, "Conversazione con Spike Lee"
  • Périodique : Filmihullu, n° 2, 1994. Tarmo Poussu, "Spike Lee. Saarnaaja, taiteilija vai markkinamies"
  • Périodique : Filmmagie, n° 577, septembre 2007. "Spike Lee : Het is een en al onrechtvaardigheid"
  • Périodique : Independent Film and Video Monthly, vol. 27, n° 6, juillet 2004. Rebecca Carroll, "Spik(e)ing the indie film punch : Spike Lee comes full circle"
  • Périodique : Iskusstvo Kino, n° 5, mai 1993. A. Hrenov, "Spike Lee - kumir drugoj Ameriki"
  • Périodique : National Film Theatre Programmes, février 1996. Oji Child, "Spike Lee : He's gotta have it !"
  • Périodique : Positif, n° 365-366, juillet 1991. Michel Cieutat & Michel Ciment, "Forty Acres and a Mule"
  • Périodique : Positif, n° 384, février 1993. Vincent Amiel, "Spike Lee. De qui parler ?"
  • Périodique : Positif, n° 418, décembre 1995. Christian Viviani, "Spike Lee"
  • Périodique : Première, n° 172, juillet 1991. "Filmographie"
  • Périodique : Premiere, n° 278, avril 2000. Glenn Kenny, "Marty vaut Lee"
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 462, juillet 1990. Yves Alion; Philippe Ross; Jacques Valot; Jacques Zimmer, "Réalisateurs américains : des années quatre-vingts"
  • Périodique : Screen International, n° 1630, février 2008. Sheri Jennings, "People : Spike goes to war"
  • Périodique : Screen International, n° spécial, 10 février 2003. "Director profiles: behind the megaphone"
  • Périodique : Sight & Sound, vol. 16, n° 5, mai 2006. Ali Jaafar, "Made in Manhattan"
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 1, n° 4, août 1991. Armond White, "Flipper Purify and Furious Styles. Singleton's street noises"
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 1, n° 7, novembre 1991. Pau Gilroy, "Spiking the argument"
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 16, n° 5, mai 2006. Ali Jaafar, "Profile : Made in Manhattan"
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 17, n° 1, janvier 2007. Kaleem Aftab, "America's greatest disaster"
  • Périodique : Total Film, n° 28, mai 1999. Luke Friend, "Spike Lee"
  • Périodique : Wide Angle, vol. 13, n° 3-4, juillet-octobre 1991. Todd Boyd, "The meaning of the blues"

Récompenses et nominations

  • 2019 - Meilleur scénario - BAFTA - The British Academy of Film and Television Arts - BLACKkKLANSMAN - Obtenu
  • 2019 - Meilleure adaptation - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - BlacKkKlansman - Obtenu
  • 2016 - Oscar d'honneur pour l'ensemble de la carrière - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Obtenu
  • 2007 - Meilleur réalisateur - The Black Reel Awards - Inside man, 2005 - Obtenu
  • 2006 - Meilleur réalisateur - The Black Movie Awards - Inside man, 2005 - Obtenu
  • 2003 - César d'honneur - César du Cinéma Français - Obtenu
  • 2003 - Prix pour l'ensemble de la carrière - Las Vegas Film Critics Society Awards - Obtenu
  • 2002 - Mention Spéciale - BAFTA - The British Academy of Film and Television Arts - Obtenu
  • 1993 - Meilleur réalisateur - Chicago Film Critics Association Awards - Malcom X, 1992 - Obtenu
  • 1990 - Meilleur réalisateur - Chicago Film Critics Association Awards - Do the right thing, 1989 - Obtenu
  • 1989 - Meilleur réalisateur - Los Angeles Film Critics Association Awards - Do the right thing, 1989 - Obtenu

Liens familiaux

Enfant de :