Béatrice Dalle

Personnalité

Interprète : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  19/12/1964 - France - Brest, Finistère

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Béatrice Françoise Odona Cabarrou

Fonctions : Acteur, Intervenant

Biographie

Formation :

Peu portée sur les études, Béatrice Dalle débarque à Paris à l'âge de quatorze ans et demi. Elle mène une vie insouciante de noctambule, se marie à un artiste peintre puis accepte de poser pour le magazine Photo dont elle fera la une. En quête d'une actrice pour Jean-Jacques Beineix, l'agence Artmédia la repère et lui propose de faire des essais. Nous sommes en 1985 et Dominique Besnehard lui propose de jouer aux côtés de Jean-Hugues Anglade, dans 37°2 le matin . Sa carrière est lancée, elle contribue au succès public.

Carrière :

Icône du cinéma français, Béatrice Dalle s’est imposée par ses choix radicaux, son magnétisme à l’écran et sa fidélité aux cinéastes d’auteur. Révélée par 37°2 le matin, elle incarne depuis près de quarante ans une figure libre, intense et indomptable, multipliant les rôles marquants dans des films qui bousculent les codes et les genres.
Ce premier film, de Jean-Jacques Beineix, fait aussitôt de Béatrice Dalle une star dont on entend parler jusqu'aux Etats-Unis. Mais ce succès semble davantage tenir à l'érotisme de certaines scènes du film qu'au jeu de l'actrice. Et pour cause, le rôle qu'elle y incarne, celui d'une jeune femme hystérique et passionnée, lui ressemble en tout point. "Pour ce qui est de la violence, dit-elle, je suis encore pire !" Très vite cataloguée sex-symbol des années 1980, Béatrice Dalle refuse de se laisser enfermer dans cette image. Quand elle tourne On a volé Charlie Spencer (1986) de Francis Huster, elle abandonne le tournage au bout de cinq jours. Exigeante sur ses rôles, Béatrice Dalle a cependant du mal à faire le bon choix. La sorcière (1988) de Marco Bellochio, où elle renoue avec un personnage marqué par la folie, est un échec. De même que Chimères (1988) de Claire Devers, qui est copieusement sifflé au Festival de Cannes. Il faut attendre La vengeance d'une femme (1989) de Jacques Doillon pour que Béatrice Dalle retrouve grâce aux yeux de la critique. Elle y incarne une femme aux antipodes de sa personnalité. Elle fait évoluer son image et se laisse entraîner parfois sur la scène américaine. Ainsi en 1990 n'hésite-t-elle pas à endosser le rôle d'une jeune aveugle dans la séquence parisienne de Night on earth de Jim Jarmusch. En tournant La fille de l'air (1992) de Maroun Bagdadi, inspiré d'un fait divers réel, elle cède à son penchant pour les situations fortes : elle incarne Nadine Vaujour, célèbre pour avoir organisé l'évasion en hélicoptère de son mari incarcéré. Mais son meilleur souvenir de tournage demeure The blackout (1996) d'Abel Ferrara, révélant une fois de plus son goût pour le cinéma de l'excès. D'autres films comme J'ai pas sommeil (1994) et Trouble every day (2001) de Claire Denis la replonge dans ces atmosphères sensuelles et tourmentées. Elle évite alors les films " grand public " mais fait un compromis en apparaissant dans La belle histoire de Claude Lelouch en 1992. Elle devient alors une des égéries du cinéma d'auteur avec 17 fois Cecile Cassard (Christophe Honoré, 2002), aux côtés de Romain Duris, mais aussi avec Le temps du loup (2003) de Mickael Haneke ou encore Clean (2004) d'Olivier Assayas. Elle part tourner au Japon avec Nobuhiro Suwa, cinéaste expérimental, pour H Story, en 2001. En 2004, elle retrouve l'univers de Claire Denis dans L'intrus, enchaînant ainsi un film par an, mais pas de ceux dont on parle le plus, comme La porte du soleil, de Yousry Nasrallah en 2005 ou Dans tes rêves de Denis Thybaud, avec Disiz La Peste. Mais encore Tête d'or de Gilles Blanchard en 2006. En 2007, on la retrouve dans des films plutôt durs, comme Truands de Frédéric Schoendoerffer, A l'intérieur, de Julien Maury et Alexandre Bustillo. Elle s’illustre dans Livide (2010), film d’horreur de Julien Maury et Alexandre Bustillo, retrouvant le duo qui l’avait déjà dirigée dans À l’intérieur (2006). En 2012, elle surprend à nouveau dans Bye Bye Blondie (id.) de Virginie Despentes, où elle partage l’affiche avec Emmanuelle Béart, incarnant une femme libre, rebelle et amoureuse, à l’image de ses choix de carrière. Toujours attirée par les marges et la transgression, elle tourne dans Les Rencontres d’après minuit (2012) de Yann Gonzalez, un huis clos nocturne et sensuel, puis dans Aux yeux des vivants (Maury & Bustillo, 2014), thriller fantastique, et Bonhomme (2017) de Marion Vernoux, où elle campe une mère décalée. En 2019, elle retrouve Gaspar Noé pour Lux Æterna, présenté à Cannes, dans lequel elle partage la vedette avec Charlotte Gainsbourg. Ce moyen-métrage expérimental, hommage au cinéma et à la sororité, confirme sa place de muse du cinéma d’auteur contemporain. En 2022, elle surprend le public en apparaissant dans L’Amour c’est mieux que la vie (2020) de Claude Lelouch, puis deux ans plus tard dans Le Bonheur est pour demain (2023) de Brigitte Sy. En 2023, Patric Chica lui offre un rôle surmesure pour le film La Bête dans la jungle pour lequel elle interprète une physionomiste de boîte de nuit. Refusant de se cantonner à un registre, elle alterne films indépendants et incursions dans des productions plus exposées, sans jamais renier son exigence artistique.

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Interview, vol. 22, n° 5, mai 1992
  • Périodique : Première, n° 109, avril 1986
  • Périodique : Première, n° 147, juin 1989
  • Périodique : Studio Magazine, n° 59, mars 1992
  • Site Internet : Béatrice Dalle Collection
  • Site Internet : Ecran Noir - Béatrice Dalle
  • Site Internet : Le Mouv' : Béatrice Dalle