Carrière :
En 1932, George Cukor lui confie le rôle principal de Heritage
, un film RKO, face à John Barrymore. Katharine Hepburn est l'agent double de la féminité à Hollywood. En effet, son androgynie, trop moderne pour l'époque, lui interdit d'en être l'ambassadrice. Aussi Katharine Hepburn, actrice brillante, idéaliste et enthousiaste, défend-elle surtout un certain type de femme : les femmes de caractère. Sa carrière démarre en flèche. Morning glory
(Lowell Sherman, 1933), son deuxième film seulement, n'est pas une métaphore : la jeune actrice arriviste qu'Hepburn y incarne lui apporte réellement la gloire. A l'inverse, Alice Adams
(George Stevens, 1935) la transforme en jeune provinciale victime du jeu social. Puis sa création pour Les quatre filles du Docteur March
(George Cukor,1933) crée la surprise : son personnage de garçon manqué est plus femme que les autres. Le film est un immense succès. Actrice-fétiche de Cukor, Hepburn joue aussi Sylvia Scarlett
en 1936. Travestie en jeune homme, elle nuance d'émotion une séduction piquante mais grave et réussit à rester dans le ton d'un film partagé entre comédie américaine et Angleterre à la Dickens. Dans L'impossible Monsieur Bébé
(Howard Hawks, 1938), Katharine Hepburn libère la libido quelque peu timide de Cary Grant, par un zèle tout feu tout flamme. Indiscrétions
(George Cukor, 1940) renverse les rôles entre les mêmes acteurs mais Hepburn s'avère tout aussi convaincante en jeune héritière guindée que l'amour revient conquérir. La femme de l'année
(George Stevens, 1942) offre à l'actrice un nouveau partenaire, Spencer Tracy. L'harmonie entre la fougue de Hepburn et la solidité de Tracy est parfaite. Ensemble, ils tournent plusieurs films. La flamme sacrée
(George Cukor, 1942), un film antifasciste puis L'enjeu
(F. Capra, 1948) qui dénonce les embrouilles électorales. Mais surtout Madame porte la culotte
(George Cukor, 1949) et Mademoiselle Gagne-Tout
(id., 1952), deux films écrits par le couple Kanin-Gordon, où la discrimination sexuelle est prétexte à mettre en scène un affrontement amoureux plein de verve entre les deux acteurs. Katharine Hepburn est ensuite Clara Schumman dans Passion immortelle
(C. Brown, 1947). Son humour illumine un portrait de vieille missionnaire amoureuse pour The African Queen
(J. Huston, 1951) auprès d'Humphrey Bogart. Le ton est au drame dans Vacances à Venise
(D. Lean, 1955). Soudain l'été dernier
(J. L. Mankiewicz, 1959) lui inspire sa fascinante composition de Mrs Venable, un rôle noir. La cinquantaine passée, l'actrice trouve un nouveau registre: celui de la femme émancipée. Les années 60 et 70 lui réservent quelques apparitions remarquables, dont Devine qui vient dîner
(S. Kramer, 1967). En 1981, elle émeut en vieille dame aux côtés d'Henri Fonda dans La maison du lac
(Mark Rydell).