Daniel Craig

Personnalité

Interprète, producteur : années 1990-2020

Nationalité :  Royaume-Uni

Naissance :  02/03/1968 - Royaume-Uni - Chester, Cheshire, Angleterre

Identité

Genre : homme

Naturalisation : Etats-Unis

État civil :

  • Daniel Wroughton Craig

Fonctions : Acteur, Intervenant, Coproducteur, Producteur délégué

Biographie

Formation :

Féru dès l’enfance de théâtre et de cinéma (Alfred Hitchcock, Rencontre avec le 3e type, Blade Runner, Alien), Daniel Craig quitte l’école 16 ans pour rejoindre le prestigieux National Youth Theatre de Londres. Formé au même moment qu’Ewan McGregor à la Guidhall School of Music and Drama, il se spécialise dans le répertoire classique (William Shakespeare). La BBC lui permet d’atteindre une certaine popularité en le faisant tourner dans de nombreuses séries télévisées notamment Out Friends in the North (1996).

Carrière :

Acteur de théâtre et de séries télévisées britanniques, Daniel Craig accède à une notoriété planétaire en incarnant le sixième James Bond de la saga imaginée par Ian Fleming en 1953.
La carrière cinématographique de Daniel Craig – qui débute en 1992 avec Puissance de l’ange (John G. Avildsen) – s’intensifie en 1997 avec le film Love is the Devil. Pour ce biopic consacré au peintre irlandais Francis Bacon, Daniel Craig tient le rôle de George Dyer, amant et modèle de l’artiste. Devant la caméra de John Maybury, il pose et déambule en simple slip, tel un apollon dépressif à la nudité brute et sauvage. Voyou, torturé, viril, ces qualificatifs marqueront sa carrière sur le long terme. L’année suivante, il enfile l’uniforme d’un soldat de la Première Guerre mondiale. Réalisé par William Boyd, La Tranchée suit le quotidien de soldats britanniques quelques heures avant la bataille de la Somme (1916). Trop didactique ou théâtral pour de nombreux critiques, le film a néanmoins le mérite de révéler pour le grand écran une nouvelle génération d’acteurs anglais : Paul Nicholls, James d’Arcy et surtout Daniel Craig dans le rôle du sergent Telford Winter. Remarqué par Hollywood, il impose son physique en quatre films. En 2001, son ami le metteur en scène et réalisateur anglais Sam Mendes lui offre le rôle de Connor Rooney, fils drogué et caractériel d’un parrain de la mafia irlandaise (Paul Newman) pour le film noir Les Sentiers de la perdition. Pièce centrale de cette histoire de filiation, son jeu est toutefois écrasé par un impressionnant Tom Hanks. Il obtient, deux ans plus tard, un premier rôle notable dans le polar de Matthew Vaughn Layer Cake, dans lequel il incarne un jeune trafiquant de drogue nommé XXXX. Douglas McGrath lui confie un premier rôle de composition en 2005 avec Scandaleusement célèbre. Craig, qui partage l’affiche avec Toby Jones (Truman Capote), interprète Perry Smith, l’un des deux tueurs ayant inspiré De Sang-froid, chef-d’œuvre du romancier. Etonnant en assassin cabossé, bestial et puéril chez McGrath, il est repéré la même année par Steven Spielberg qui lui offre pour Munich le rôle d’un des quatre agents du Mossad chargés d’éliminer les terroristes palestiniens de « Septembre noir » responsables des attentats des Jeux olympiques de 1972. Si pour Matthew Vaughn, Daniel Craig avait tout pour devenir « un Steve McQueen britannique », le comédien se révèle à partir 2006 comme le « nouveau Sean Connery », endossant à cinq reprises le costume de James Bond.
Ringardisé dès 2000 par Jason Bourne (La Mémoire dans la peau, suivi de La Mort dans la peau en 2003), le nouvel agent secret d’Universal interprété par Matt Damon, la MGM souhaitait relancer l’agent 007 et trouver le remplaçant idéal à Pierce Brosnan. En 2005, Daniel Craig signe avec les producteurs Michael G. Wilson et Barbara Broccoli – ayants droit de la franchise – pour incarner le nouveau James Bond. L’acteur en bouscule les codes en imposant une version de l’agent du MI6 à la fois fidèle et moderne, au grand dam de nombreux fans. Son crédo : « Revenir aux origines du personnage sans coller aux fondamentaux de l’écrivain anglais. Mes cheveux blonds me servaient. Je n’avais pas la tête de James Bond, et c’était parfait ainsi ». La « révolution » Craig ne s’arrête pas là. A la 30e minute de Casino Royale (Martin Campbell, 2006) une image, qui rappelle l’image culte d’Ursula Andress en bikini (Casino Royale, 1966) fait de Bond un sex-symbol : Craig, torse nu et muscles abdominaux saillants, sort de l’eau dans un boxer de bain moulant et assorti à la couleur de ses yeux. L’acteur qui a une « idée précise de la sexualité de James Bond » n’entend pas pour autant la limiter au seul physique. « Je voulais retrouver un agent secret dans la lignée de Marlon Brando : un homme qui aime les femmes mais donne l’impression qu’il pourrait les frapper à tout instant. Il n‘y pas de sexualité intéressante à l’écran sans violence sous-jacente », affirme-t-il à plusieurs reprises. Une autre image impose un peu plus une version radicale du nouveau 007 : intégralement nu et ligoté une chaise percée, Bond se fait frapper les testicules à grands coups de corde. Machine à tuer, sex-symbol, James Bond 2006 gagne aussi en épaisseur. Sa liaison avec Vesper Lynd (Eva Green) révèle un Bond tourmenté et sentimental. Malgré les critiques, le résultat est sans appel : Casino Royale est le James Bond le plus profitable de la série inaugurée en 1962. Si Quantum of Solace (Marc Forster, 2008) ne remporte pas le même succès, la MGM réussit à imposer Daniel Craig comme le 6e James Bond de la franchise. L’acteur reprend du service avec Skyfall (2011), dirigé cette fois-ci par son ami Sam Mendes, réalisateur oscarisé pour American Beauty (1999). Ce troisième volet est un triomphe autant public que critique et la collaboration Craig-Mendes signe un nouveau record avec plus de 1 milliard d’euros de recettes dans le monde. Skyfall, qui sort pour le 50e anniversaire du premier James Bond, se révèle plus sombre que les précédents, affichant « un héros aussi réaliste et crédible que possible ». Le duo se retrouve trois ans plus tard avec Spectre (dont Daniel Craig est aussi coproducteur), l’un des films les plus chers de la franchise, et rempile en 2019 pour le 25e James Bond de la saga : Mourir peut attendre (Cary Joji Fukunaga). Longs et exigeants, les tournages de James Bond permettent néanmoins à Daniel Craig de jouer dans quelques productions américaines. Après avoir interprété Lord Asriel dans A la croisée des mondes : La boussole d'or (Chris Weitz, 2006), heroic fantasy adapté du roman à succès de Phillip Pullman, il joue Rackham le Rouge dans Les Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne (Steven Spielberg, 2009), un film d’animation tourné en motion capture - à grands renforts de capteurs électroniques et fonds verts. « Fleuron anglais de l’après Tim Roth-Hugh Grant » (Bayon, Libération), il livre une interprétation réaliste et réussie de Tuvia Bielski, résistant juif polonais pour le film Les Insurgés (Edward Zwick, 2008), qui convainc critiques et public. 2011 voit s’opposer deux monstres sacrés de la culture pop, « James Bond contre Indiana Jones », dans Cowboys et envahisseurs (2010). Pour ce blockbuster réalisé par Jon Favreau qui mélange allégrement western et Science-fiction, il donne la réplique à Harrison Ford. Inspiré des cowboys de Sergio Leone et de Lucky Luke, n’hésitant pas à perdre plusieurs kilos pour lui ressembler, il demeure « sexy masochiste, minimal et minéral comme toujours ». La même année, Daniel Craig incarne Mikael Blokvist, journaliste d’investigation imaginé par Steg Larsson pour la saga littéraire Millenium. Si le succès du film Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes (David Fincher) repose essentiellement sur l’interprétation de Rooney Mara (la punkette hackeuse Lisbeth Salander), Daniel Craig se montre parfait dans un rôle à contre-emploi, plus psychologique que les précédents. Millenium brise l’image de mâle dominant inhérent au rôle de James Bond. A l’écran, Craig donne à voir un personnage « littéralement féminisé : c’est elle qui dirige les opérations, et moi je reste passif. En prenant le dessus, elle me restitue un semblant de virilité ». Il change ensuite radicalement de registre pour apparaitre en Dalton comique et peroxydé dans Logan Lucky de Steven Soderbergh (2016). S’apprêtant à mettre un terme à l’aventure James Bond, Daniel Craig se donne nouvelle mission : « faire rire ». L’acteur y parvient en se glissant dans la peau de Benoit Blanc pour À couteaux tirés (Rian Johnson, 2018), une comédie policière à mi-chemin entre Agatha Christie et Cluedo. Sorti en salle en 2019, ce premier opus est suivi de quatre ans plus tard par Glass Onion : une histoire à couteaux tirés (id., 2022), distribué cette fois-ci exclusivement sur Internet. Daniel Craig fait son grand retour au cinéma en 2025, cette fois dans la peau de William Lee, un homosexuel américain, désabusé et oisif, expatrié à Mexico dans les années 1950 dans le film Queer (2024) de Luca Guadagnino
Le 18 octobre 2022, la princesse Anne – fille de la défunte Elisabeth II – honore Daniel Craig de l’ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges pour sa contribution exceptionnelle au rayonnement du cinéma et du théâtre britannique.

Autres activités :

Parallèlement à son activité cinématographique, Daniel Craig joue à Broadway dans A Steady Rain (2009), Batrayal (2013-2014) dernière pièce mise en scène par Mike Nichols, Othello (2016-2017) et Macbeth (2022), toutes les quatre produites par Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, producteurs de la série James Bond.
Champion du placement de produits, James Bond offre traditionnellement à ses différents interprètes une importante couverture médiatique avec de nombreuses publicités pour montres de luxe, alcools et constructeurs automobiles. La cérémonie d’ouverture de Jeux Olympiques de Londres en 2012 est l’occasion pour Daniel Craig (James Bond) d’une fausse cascade dans laquelle il est censé accompagner la reine Elisabeth II lors d’un saut en parachute au-dessus de la ville. Il tente de se débarrasser de l’étiquette de l’agent secret en 2022 en apparaissant au naturel en danseur décalé et sexy dans un clip-publicitaire pour une marque de vodka, réalisé par Taika Waititi.

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Daniel Craig : The Definitive Biography / Sarah Marshall. – London : John Blake, 2020
  • Périodique : Journal of British Cinema and Television, vol. 10, n° 2, 2018. Tobias Hochscherf, « Bond for the age of global crises : 007 in the Daniel Craig era »
  • Périodique : Journal of Popular Film and Television, vol. 46, n° 1, 2018. Klaud Dodds ; Lisa Funnell, « From Casino Royale to Spectre : Daniel Craig's James Bond »
  • Périodique : Journal of Popular Film and Television, vol. 46, n° 1, 2018. Sarah Thomas, « The new brutalism : agency, embodiment, and performance in Daniel Craig's 007 »
  • Périodique : Cineaste, vol. 41, n° 2, printemps 2016. Jonathan Murray, « I've been inspecting you, Mister Bond : crisis, catharsis, and calculation in Daniel Craig's twenty-first-century 007 »
  • Périodique : Ecran Fantastique (L’), n° 327, janvier 2012. Dominique Saint-Pierre, « Daniel Craig (Entretien) »
  • Périodique : Empire, n° 246, janvier 2009. Damon Wise, « Icons of the decade : James Bond »
  • Périodique : Empire, n° 227, mai 2008. Damon Wise, « It's never too early to be a has-been ! (Entretien) »
  • Périodique : Variety, 26 novembre 2007. « BIFAs / The Variety Award : Daniel Craig »
  • Périodique : Premiere, vol. 20, n° 3, mars 2007. Tom Roston, « The book of Daniel »
  • Périodique : Radio Times, 11 novembre 2006. Benjamin Svetkey, « I, Spy (Entretien) »
  • Périodique : Fade In, vol. 11, n° 1, janvier 2006. Michael Fleming, « Breaking Bond (Entretien) »
  • Périodique : Empire, n° 198, décembre 2005. Olly Richards, « How does it feel »
  • Périodique : Film Review, n° 664, décembre 2005. « Daniel Craig (Entretien) »
  • Périodique : Empire, n° 192, juin 2005. « Daniel Craig (Entretien) »
  • Périodique : Premiere, vol. 11, n° 13, septembre 1998. Louise Brealey, « Daniel Craig (Entretien) »

Récompenses et nominations

  • 2024 - Meilleur acteur - NBR - The National Board of Review of Motion Pictures (New York) - Queer - Obtenu
  • 2012 - Britannia Award de l'Artiste britannique de l'année - BAFTA/LA Britannia Awards - Obtenu
  • 2007 - Mention spéciale - BIFA - British Independent Film Awards - Obtenu
  • 2000 - Meilleure interprétation masculine - BIFA - British Independent Film Awards - Some Voices, Simon Cellan Jones, 2000 - Obtenu
  • 1998 - Meilleure interprétation masculine britannique - Edinburgh International Film Festival - Love Is the Devil, John Maybury, 1997 - Obtenu
  • 2009 - Meilleure interprétation masculine internationale - Goldene Kamera - Obtenu
  • 2005 - Acteur britannique de l'année - London Critics Circle Film Awards - Enduring Love, Roger Michell, 2003 - Obtenu
  • 2017 - Meilleure interprétation comique - San Diego Film Critics Society Awards - Logan Lucky,Steven Soderbergh, 2016 - Obtenu
  • 2007 - Meilleur acteur étranger - Sant Jordi Awards - Casino Royale, Martin Campbell, 2006 - Obtenu
  • 2007 - Meilleur acteur étranger - Sant Jordi Awards - Enduring Love, Roger Michell, 2003 - Obtenu

Liens familiaux

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