Denis Lavant
Personnalité
Interprète : années 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 17/06/1961 - France - Neuilly-sur-Seine, Seine
Identité
Genre : homme
État civil :
- Denis Jean Lavant
Fonctions : Acteur, Auteur
Biographie
Formation :
Dès son enfance, Denis Lavant s'exerce au mime puis à l'art de jongler. Après le bac, il entre à l'école de la rue Blanche qu'il quitte rapidement pour le théâtre de rue. Il entre au Conservatoire en 1982. Luc Béraud lui confie un petit rôle dans un téléfilm, L'Ombre sur la plage (1982).Carrière :
Denis Lavant s'impose comme une figure singulière et magnétique du cinéma français, explorant des univers atypiques avec une intensité rare et une présence magnétique qui transcende les genres et les styles. Il est surtout connu pour sa collaboration emblématique avec Leos Carax, incarnant des personnages aussi passionnés que burlesques, et pour ses rôles marquants dans des films d'auteur de grande envergure.
Comédien très singulier, aussi bien dans son physique que dans son jeu, Denis Lavant occupe d'abord beaucoup de petits rôles pour ses débuts au cinéma, comme dans Les Misérables (1982) de Robert Hossein, Coup de foudre (1982) de Diane Kurys, dans L'Homme blessé (1982) de Patrice Chéreau ou dans Viva la vie (1983) de Claude Lelouch. Sa véritable rencontre avec le septième art a lieu avec Leos Carax dont il devient l'acteur fétiche. Ils tournent ensemble Boy meets girl (1984), où il incarne Alex, poète écorché vif et amoureux qu'on retrouve dans Mauvais sang (1986). Denis Lavant se fait un nom auprès du public, marqué par son visage atypique, l'incandescence très plastique de son jeu et l'intensité magnétique de sa présence. En 1990, Carax lui confie à nouveau le personnage d'Alex, clochard magnifique et passionné face à Juliette Binoche dans Les Amants du Pont-Neuf, grosse production au tournage chaotique et à l'échec public retentissant. Carax a dès lors beaucoup de mal à trouver des financements pour ses projets mais, à l'exception de Pola X (1999), fait systématiquement appel à Denis Lavant pour ceux-ci. Il crée ainsi le personnage burlesque et monstrueux de Monsieur Merde dans le segment que Carax signe pour le film collectif Tokyo ! (2008), et tient un rôle en perpétuelle transformation dans l'ambitieux Holy motors (2012). Ce film, présenté à Cannes en sélection officielle, vaut aussi au comédien sa première nomination au César du meilleur acteur. Les soubresauts de la carrière de Leos Carax, son frère de cinéma, conduisent Denis Lavant à tourner avec d'autres auteurs, que ce soit Patrick Grandperret (Mona et moi, 1989), Yves Hanchar (La Partie d'échecs, 1993), Jacques Weber (Don Juan, 1997), Harmony Korine (Mister Lonely, 2006, où il a Leos Carax pour partenaire), Eva Ionesco (My Little Princess, 2011) ou Arnaud des Pallières (Michael Kohlhaas, 2013). Il apparaît également, dans des rôles secondaires, dans quelques grosses productions ou dans des films de genre qui ne correspondent guère à ses choix habituels, tels Promenons-nous dans les bois de Lionel Delplanque (2000) ou Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004). Ses plus beaux rôles, en dehors de ceux chez Carax, il les doit à Claire Denis, qui en fait un légionnaire dont le désert exacerbe les passions dans son très chorégraphique Beau travail (1995), et à Philippe Ramos pour qui il tient le rôle-titre de son très personnel Capitaine Achab (2007) inspiré du Moby Dick d'Herman Melville. Sur la dernière décennie, Lavant a investi des films aux styles variés mais toujours marqués par son jeu intense et sa présence magnétique : il a joué dans L’Empereur de Paris (2017) de Jean-François Richet, dans le film poétique Gagarine (2019) de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, ainsi que dans La Nuit des rois (id.) de Philippe Lacôte. Il est aussi apparu dans des œuvres comme Sentinelle Sud (Mathieu Gérault, 2020) et Tralala (id.) des frères Larrieu, avec toujours cette constante de singularité dans son interprétation. Douze ans après Holy Motors, Denis Lavant poursuit son travail avec Carax, avec le moyen métrage C’est pas moi (2024), un film-essai où l'acteur est omniprésent, illustrant la complicité qui les unit depuis leurs débuts au cinéma. En 2025, il est à l’affiche de Brule le sang (Akaki Popkhadze, 2024) Hyacinthe (Bernard Mazauric, id.), et L’Etranger (id.), de François Ozon.