Émilie Dequenne
Personnalité
Interprète : années 1990-2020
Nationalité : Belgique
Naissance : 29/08/1981 - Belgique - Belœil, Hainaut
Décès : 16/03/2025 - France - Villejuif, Val-de-Marne
Identité
Genre : femme
Fonctions : Acteur
Biographie
Formation :
Inscrite dès l'âge de huit ans dans un cours de déclamation et de diction, Emilie Dequenne apprend très tôt à jouer sur le ton de sa voix pour restituer une palette variée d'émotions. De 1994 à 1996, elle est membre de l'atelier "Le Théâtre de la Relève", de Ladeuze. Après deux années de coupure avec la scène, consacrées à ses études, elle remporte en mai 1998 un tournoi d'éloquence, renouant ainsi avec sa vocation d'actrice.Carrière :
Figure majeure du cinéma européen contemporain, Émilie Dequenne s’est imposée par l’intensité et la justesse de son jeu, révélée par Rosetta et couronnée à Cannes, puis confirmée dans des œuvres marquantes comme À perdre la raison, Pas son genre ou Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait. Son parcours, jalonné de rôles puissants et de distinctions prestigieuses, incarne l’excellence et l’engagement du cinéma belge et français.
Emilie Dequenne fait partie de la génération d'actrices belges des années 1990, représentée par des comédiennes telles Natacha Régnier ou Marie Gillain. Elle fait une entrée fracassante sur le grand écran dans le rôle-titre de Rosetta (1999) des frères Dardenne, qui la choisissent lors d'un casting. Pour son premier film, elle réalise une grande performance d'actrice. Jeune fille sans avenir, se heurtant à la pénible réalité d'une région ouvrière en crise, elle incarne avec un naturel éblouissant toute la misère et la détresse d'une génération. La richesse de son jeu lui vaut le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes. Le film, quant à lui, remporte la Palme d'or. Poursuivant sur sa lancée, en 2000, elle tourne Le Pacte des loups (Christophe Gans), grosse production en costumes où elle est associée à quelques grands noms du cinéma français, tels Monica Bellucci et Vincent Cassel. Très sollicitée après ces deux succès, elle devient une jeune fille mal dans sa peau qui entreprend une thérapie dans Oui, mais... (2001) de Yves Lavandier, face à Gérard Jugnot. Sa fraîcheur bouscule ensuite le quotidien du bourru Jean-Pierre Bacri dans Une femme de ménage (2002) de Claude Berri. Après deux comédies (Mariées mais pas trop, 2003, de Anne Consigny ; L'Américain, 2004, de Patrick Timsit), elle se glisse dans l'univers maritime tourmenté de L'Equipier (Philippe Lioret, 2004). Elle enchaîne alors les rôles secondaires, que ce soit dans le film historique international Le Pont du roi Saint-Louis (Mary McGukian, 2004), le drame choral Avant qu'il ne soit trop tard (Laurent Dussaux, 2005) ou la décevante adaptation du Grand Meaulnes d'Alain-Fournier par Jean-Daniel Verhaegue (2005). On la remarque ensuite en apprentie chanteuse accumulant les petits boulots dans La Vie d'artiste (2006) de Marc Fitoussi, et en jeune amie d'un Omar Sharif perdant la mémoire dans J'ai oublié de te dire (Laurent Vinas-Raymond, 2008). André Téchiné fait d'elle le visage d'un des faits divers les plus médiatisés de la période (une adolescente invente une agression antisémite dont elle aurait été victime), La Fille du RER (2009), où elle est la fille de Catherine Deneuve. C'est pourtant avec un autre fait divers, celui à l'origine du film de Joachim Lafosse A perdre la raison (2012) qu'Emilie Dequenne signe son retour au premier plan. Elle est impressionnante dans ce rôle de mère de famille qui tue ses enfants, et reçoit pour cela un nouveau prix d'interprétation à Cannes, celui de la section Un certain regard. Après ce film très dur, elle participe à deux thrillers, La Traversée (Jérôme Cornuau, 2012) et Möbius (Eric Rochant, 2013). Elle retrouve Lucas Belvaux pour Pas son genre (2013), où elle incarne une coiffeuse du Nord, lumineuse et spontanée, face à Loïc Corbery. Sa performance, tout en justesse, séduit la critique et confirme sa place dans le cinéma d’auteur francophone. En 2016, elle s’engage dans un registre politique avec Chez nous, toujours sous la direction de Belvaux, où elle interprète une infirmière prise dans la tourmente d’un parti d’extrême droite, livrant une composition nuancée et courageuse. L’actrice multiplie ensuite les collaborations avec des réalisateurs exigeants, passant du drame social à la comédie romantique, tout en conservant une présence forte dans le cinéma belge et français. Elle s’illustre notamment dans Les Hommes du feu de Pierre Jolivet, où elle campe une cheffe de caserne de pompiers, puis dans Je ne rêve que de vous (2017) de Laurent Heynemann, où elle joue la belle-fille de Léon Blum. En 2020, elle brille dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret, où son rôle subtil de femme blessée lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle, consacrant son talent après plusieurs nominations. Elle continue d’alterner premiers et seconds rôles, toujours guidée par la sincérité de son jeu et la profondeur de ses choix. En 2023, elle interprète une survivante dans Survivre, un film catastrophe présenté au Festival de Cannes, célébrant les vingt-cinq ans de Rosetta. Ce dernier rôle, tourné alors qu’elle combattait la maladie, témoigne de son engagement et de sa force de caractère. Émilie Dequenne laisse derrière elle une filmographie d’une grande richesse, traversée par l’intensité, la générosité et la justesse de son interprétation, marquant durablement le cinéma européen.
Autres activités :
Parmi les téléfilms auxquels elle a collaboré, plusieurs sont des polars (Miroir, mon beau, miroir , Serge Meynard, 2007 ; Obsession(s) , Frédéric Tellier, 2010 ; Mystère au Moulin Rouge , Stéphane Kappes, 2011) mais c'est en incarnant Charlotte Corday dans le téléfilm éponyme de Henry Helman (2008) qu'elle décroche son plus beau rôle sur petit écran. Au théâtre, elle est la Mademoiselle Julie de Strindberg dans une mise en scène de Didier Long en 2006 et incarne quatre ans plus tard la demoiselle de compagnie de la grande exploratrice jouée par Hélène Vincent dans Alexandra David-Neel de Michel Lengliney, là aussi sous la direction de Didier Long.Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Récompenses et nominations
Liens familiaux
Marié(e) à :
- Michel Ferracci - depuis octobre 2014