David Cronenberg
Personnalité
Réalisateur, scénariste, interprète... : années 1960-2020
Nationalité : Canada
Naissance : 15/03/1943 - Canada - Toronto, Ontario
Identité
Genre : homme
État civil :
- David Paul Cronenberg
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur, Auteur, Préfacier, postfacier, Auteur primaire
Biographie
Formation :
David Cronenberg, fils d'un écrivain et d'une pianiste, s'initie très tôt à la musique et à la littérature. Dès l'âge de onze ans, il joue du piano et de la guitare classique. Son intérêt pour la nature et les animaux le porte vers des études scientifiques, qu'il abandonne rapidement pour se tourner vers les lettres. Lecteur de Burroughs, d'Henry Miller et de Nabokov, admirateur de littérature médiévale, il écrit des nouvelles et remporte des prix littéraires à l'université. D'abord tenté de devenir romancier, il découvre le cinéma hors Hollywood avec Winter kept US arm , réalisé par un étudiant. Il se forme alors à la technique cinématographique en parfait autodidacte. En 1966, il réalise son premier court-métrage, Transfer . En 1969 et 1970, il tourne deux films d'anticipation : Stereo et Crimes of the future . Puis il réalise de courts sujets documentaires pour la télévision et dirige quatre courts-métrages pour la Canadian Broadcasting Corporation.Carrière :
David Cronenberg, maître des mutations organiques et des dystopies techno-corporelles, a redéfini l'horreur moderne en fusionnant chair et machine de Videodrome (1983) aux Linceuls (2024) en passant par Crash (1996). Cinéaste des métamorphoses physiques et psychiques les frontières troublantes entre science, désir et identité, forgeant une filmographie culte où le corps devient paysage de toutes les transgressions.
Le public découvre David Cronenberg en 1975, avec Frissons. La mutation des corps humains sous l'effet du parasitisme, leitmotiv du cinéaste, est déjà présent. Dans le registre de l'horreur, il récidive avec Rage (1977) : à la suite d'une opération, une bouche dotée d'un dard paraît sous l'aisselle d'une femme et suce le sang des humains. Dans Chromosome 3 (1979), une femme met au monde des enfants dont les fœtus se développent dans des bubons qui couvrent son corps. Scanners (1980) met en scène la lutte télépathique de deux frères dont la puissance détruit les cerveaux. Le réalisme et la violence des effets spéciaux assurent au film un impact considérable. Puis David Cronenberg tourne Videodrome (1983), inspiré des thèses de Marshall McLuhan sur l'influence des médias : le directeur d'une chaîne de télévision subit des métamorphoses physiques à la seule vision d'un programme sadomasochiste. Dead zone (1983) est une adaptation d'une nouvelle de Stephen King : un professeur resté dans le coma plusieurs années, à la suite d'un accident de voiture, prédit l'avenir des gens rien qu'en les touchant. Avec La Mouche (1986), Cronenberg atteint le paroxysme de l'horreur : un scientifique se transforme progressivement en mouche après que ses molécules se sont mêlées à celles de l'insecte en question. Jeff Goldblum et Geena Davis signent là une interprétation remarquable tandis que la dimension spectaculaire du film doit beaucoup aux trucages de Chris Walas. Dans Faux-semblants (1988) deux jumeaux cultivent un lien étrange. D'incroyables instruments chirurgicaux pour femmes mutantes maintiennent l'horreur dans le registre de la manipulation biologique. Le Festin nu (1992), adapté de William Burroughs, fixe le thème de la mutation à travers l'instabilité mentale de l'écrivain livré au fléau de la conscience créatrice. M. Butterfly (1993) raconte comment un diplomate français vit avec un danseur de l'Opéra de Pékin pendant vingt ans sans soupçonner sa véritable identité sexuelle. En 1996, Crash, adapté du roman culte de James G. Ballard, fait triompher l'érotisme morbide d'un couple qui ne pratique le sexe qu'accidenté et meurtri. ExistenZ (1998) annonce l'avènement de la société du virtuel tout en dénonçant l'apogée d'une culture de la peur. En 2002, il réalise Spider, où il aborde le thème de la schizophrénie, en relatant l'histoire d'un homme qui retrouve progressivement la raison et la mémoire. Présenté à Cannes en 2005, A History of violence est un film charnière dans l'œuvre de Cronenberg. Le réalisateur s'exerce au film noir : un ancien malfrat devenu citoyen modèle (Viggo Mortensen) voit son passé resurgir subrepticement. L'année suivante, il poursuit son incursion dans le genre avec Eastern promises sur l'infiltration du chauffeur (interprété par Mortensen) d'un mafieux russe dans les bas-fonds de Londres. A Dangerous Method (2010) explore la relation tumultueuse entre Carl Jung, Sigmund Freud et une patiente déchirée entre leurs théories, transposant les conflits psychanalytiques en duel intellectuel. Cosmopolis (2011) adapte l’œuvre éponyme de Don DeLillo pour suivre en temps réel la déchéance métaphysique d'un milliardaire enfermé dans une limousine, métaphore d'un capitalisme autophage. Maps to the Stars (2013) dépeint un Hollywood hanté par les fantômes familiaux et les addictions, où Julianne Moore incarne une actrice en quête de rédemption. En 2021, Cronenberg renoue avec le body horror grâce à Crimes of the Future, revisitant son propre film de 1970 pour interroger l'évolution humaine face à la douleur et aux modifications organiques. Le cinéaste y déploie une esthétique chirurgicale où corps mutés et performances extrêmes incarnent une humanité en mutation radicale. Son dernier projet, Les Linceuls (2024), invite à une plongée dans le deuil technologique à travers un entrepreneur inventant un dispositif permettant de communiquer avec les défunts. Ce retour aux obsessions corporelles et technologiques confirme Cronenberg comme un explorateur inlassable des frontières entre chair et machine, réalité et dystopie.