Emir Kusturica
Personnalité
Réalisateur, interprète, scénariste... : années 1970-2020
Nationalité : Yougoslavie
Naissance : 24/11/1954 - Yougoslavie - Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
Identité
Genre : homme
Naturalisation : Serbie
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Auteur de l'œuvre originale, Producteur, Compositeur de la musique originale, Auteur, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Emir Kusturica passe son enfance en Yougoslavie et part à Prague faire des études à la FAMU, l'académie du cinéma de Prague. En 1978 il obtient le 1er Prix du Festival du film étudiant de Karlovy-Vary avec son court-métrage de fin d'études, Guernica .Carrière :
Emir Kusturica est un cinéaste inclassable, célèbre pour son univers onirique et surréaliste où l’absurde côtoie la brutalité de l’Histoire, faisant vibrer à chaque film les peuples des Balkans à travers des portraits hauts en couleur et saupoudrés d’humour. Récompensé par plusieurs Palmes d’or et des Lions d’or, il demeure une figure majeure du cinéma d’auteur mondial, capable de mêler poésie, musique et satire sociale avec un feu d’artifice d’images et de sons.
Tout juste diplômé, Emir Kusturica rentre dans la Yougoslavie de Tito et obtient un contrat à la télévision. Il s'affirme vite comme un artiste atypique qui ne rentre en rien dans le moule imposé par le régime officiel. Il réalise en effet Les jeunes mariés arrivent (1979) sur le thème de l'inceste, et qui se voit frappé d'interdiction. Mais Kusturica obtient une reconnaissance officielle deux ans plus tard avec son premier long métrage Te souviens-tu de Dolly Bell?, qui retrace la vie d'une famille serbe de Sarajevo. Le réalisateur reçoit le Lion d'Or de la première œuvre à la Mostra de Venise. Sa carrière internationale est alors lancée, Kusturica enchaîne les films et les récompenses. En 1985, c'est la Palme d'or à Cannes pour Papa est en voyage d'affaires ; un film fort, touchant et même drôle qui ressuscite le drame de la Yougoslavie des années cinquante à travers les yeux et la candeur d'un enfant dont le père a été déporté en camp de travail. En 1988, Kusturica réalise son troisième film, Le Temps des gitans et remporte le prix de la mise en scène à Cannes. Le réalisateur s'approprie le monde tzigane et le revisite dans la fantaisie et le rêve. Au final, il livre un long poème filmé et surréaliste, ryhtmé par la musique envoûtante de Goran Bregovic, hommage incontestable à la magie et aux affres du peuple gitan. Changement total d'univers en 1992 avec Arizona dream, qui s'attache à décrire une société américaine déchirée entre le rêve américain et une réalité bien plus noire. Le film est un triomphe et reçoit un Ours d'argent au Festival de Berlin. Kusturica continue à nous faire découvrir sa Yougoslavie à travers l'originalité de sa caméra avec Underground (1993), révolution esthétique, allégorie baroque et décalée d'un pays éclaté. Nouvelle Palme d'or en 1995, mais polémiques très violentes de la part du milieu intellectuel français accusant le réalisateur de propagande pro-serbe. Deux ans plus tard, il réalise Chat noir, chat blanc, un film délirant, qui traite à nouveau du monde des gitans mais sur un mode exclusivement comique. Dans La vie est un miracle (2003), et comme dans tous ses films, Kusturica s'attache à l'évocation des hommes des Balkans, personnages atypiques, qui ne cessent de clamer une incompressible et presque absurde joie de vivre malgré le contexte politique. Emir Kusturica a réussi à s'imposer comme l'un des réalisateurs les plus originaux de sa génération. Totalement inclassable, son œuvre onirique et surréaliste est un feu d'artifice d'images et de musiques déjantées, succession de petites histoires à l'épreuve de l'Histoire et drôles jusque dans le malheur. En 2008, il revient à Cannes pour y présenter un documentaire sur Maradona, le roi argentin du football. Avec ce portrait pour lequel il a passé un an avec El Pibe de Oro, Kusturica aborde une autre de ses passions. En 2016, il réalise On the Milky Road, une fable mélancolique et poétique mêlant guerre, amour et absurde, qui a reçu une attention particulière lors de sa présentation au Festival de Cannes. Ce film incarne parfaitement son style unique, reliant la dureté de l’histoire des Balkans à une esthétique onirique, rythmée par une bande-son marquante. Par la suite, Kusturica s’oriente vers des projets pluridisciplinaires tout en gardant un regard critique et humain sur les identités balkanique et mondiale. En 2018, il signe El Pepe : Une vie suprême, un documentaire hommage au leader uruguayen José Mujica, portant un message universel de simplicité et d’engagement politique. Parallèlement, ses œuvres récentes continuent de provoquer et d’émouvoir par leur mélange singulier de réalisme magique, de satire et d’hommage aux marges sociales.