Romain Goupil

Personnalité

Réalisateur, assistant réalisateur, interprète : 1960-2020

Nationalité :  France

Naissance :  12/07/1951 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Romain Pierre Charpentier

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Directeur artistique, Directeur de production, Auteur, Dessinateur, Annotateur, Auteur secondaire, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Romain Goupil suit les traces de son père et débute comme assistant opérateur sur les tournages de Belleville de Pierre Barouh, de Céleste (1970) de Michel Gast et de L'Attentat (1972) d'Yves Boisset. Il devient l'assistant réalisateur de Roman Polanski pour Tess (1978) et de Jean-Luc Godard pour Sauve qui peut (la vie) (1979). Il réalise deux courts-métrages pour l'ORTF : L'Exclu (1968) et Ibizarre (1969).

Carrière :

Romain Goupil incarne la figure cinématographique incontournable des engagements et désillusions de la génération de Mai 68, mêlant avec justesse autobiographie, mémoire politique et regard critique sur la société. Lauréat de la Caméra d’Or pour Mourir à trente ans, son œuvre, entre fiction et documentaire, témoigne d’un militantisme passionné porté par une ironie lucide et un humanisme vibrant.
Romain Goupil est le cinéaste des illusions perdues de Mai 68. Avec son premier film, Mourir à trente ans (1982), il entame un triptyque autobiographique parfois ironique sur sa révolte et son militantisme passés. Après l'échec auprès du public et de la critique de La Java des ombres (1983), il attend 1989 pour reprendre la caméra, et c'est Maman, avec Anémone. En 1993, Lettre pour L..., deuxième volet de son triptyque, mêle l'agonie de Sarajevo (qu'il est allé filmer sur place) et celle d'une de ses amies, ancienne militante. La mort, Romain Goupil l'explore encore une fois en 1998, dans A mort, la mort, dernier volet de son triptyque. Dans cette fiction, moins grave que les précédentes, il endosse son propre rôle, celui d'un ancien soixante-huitard errant entre les enterrements de ses copains, sa femme et ses maîtresses. Les anciens révoltés de Mai 68 - Brigitte fontaine, Jacques Higelin, Daniel Cohn-Bendit, Edwy Plenel et André Glucksman - y tiennent leur propre rôle. En 2002, Romain Goupil signe Une pure coïncidence, un documentaire à la fois grave et empreint d'humour qui dénonce le racket organisé dont sont victimes les sans-papiers à Paris. À travers ce film engagé présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, Goupil mêle réalisme et légèreté, filmant une bande de copains anciens soixante-huitards investis dans une opération contre des passeurs, sur fond de récit direct et souvent ironique. Cette œuvre marque une incursion forte dans la dénonciation sociale, tout en conservant cette complicité humaine propre à son cinéma. En 2009, il revient à la fiction avec Les Mains en l’air, un film marqué par un regard critique sur les institutions françaises à travers une incarcération politique, reflétant la défiance persistante du réalisateur envers le système. La dimension autobiographique, bien qu’atténuée, reste un fil conducteur de son œuvre. En 2015, avec Les Jours venus, il s'éloigne de la simple chronique d'actualité pour dépeindre la transformation d'une France au bord du changement profond à travers le portrait d'une femme qui cherche sa place entre engagements personnels et mutations sociales. Ce film, plus introspectif, inscrit le regard de Goupil dans un contexte contemporain où les espoirs des anciennes générations se confrontent au désenchantement et à la quête d'un nouveau sens. Accompagné de Daniel Cohn-Bendit, il revient au documentaire avec La Traversée (2017), un film qui suit un parcours migratoire vers l’Europe. Goupil y déploie sa capacité à mêler engagement social et approche poétique, renforçant son statut de cinéaste engagé en quête de témoigner des luttes d’aujourd’hui avec la même passion que celles des années 68. Très récemment, en 2024, Romain Goupil présente Souviens-toi du futur, une œuvre qui conjugue mémoire et anticipation, interrogeant l’impact des idéaux de Mai 68 sur les combats actuels, toujours à travers une narration mêlant documentaire et fiction. Ce film, fidèle à sa démarche singulière, illustre sa capacité à revisiter son héritage politique avec distance ironique et sensibilité, tout en interpellant une nouvelle génération sur l’état du monde et des utopies à venir.

Autres activités :

Romain Goupil fait pendant deux ans, par le biais de sa caméra, le télégraphiste entre les Sarajéviens exilés et leur famille. Il écrit en 1998 A mort, la mort , le livre dont est tiré le film du même nom.

Filmographie

Courts métrages

Directeur de production

Scénariste

Acteur

Longs métrages

Directeur artistique

Dialoguiste

Récompenses et nominations

  • 1983 - Meilleur réalisateur pour une première oeuvre - César du Cinéma Français - Mourir à 30 ans - Obtenu

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