Pascale Ferran

Personnalité

Réalisatrice, scénariste, interprète : années 1980-2010

Nationalité :  France

Naissance :  17/04/1960 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : femme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Adaptateur, Dialoguiste, Auteur, Auteur secondaire

Biographie

Formation :

Après des études universitaires en cinéma, Pascale Ferran intègre l'IDHEC, dans la même promotion qu'Eric Rochant et Arnaud Depleschin. Elle travaille comme assistante sur des émissions de télévision puis réalise des courts-métrages.

Carrière :

Réalisatrice et scénariste majeure du cinéma français contemporain, Pascale Ferran s’est imposée par une œuvre exigeante et sensible, récompensée notamment par la Caméra d’or pour Petits arrangements avec les morts et cinq César pour Lady Chatterley. Son cinéma, salué pour sa finesse d’observation et son audace narrative, explore avec humanité les métamorphoses intimes et sociales.
Pascale Ferran obtient une certaine reconnaissance avec ses premiers courts-métrages, dont Le Baiser (1990), série de plans de couples enlacés, qui est diffusé dans près d'une trentaine de festivals internationaux. Elle collabore au scénario de La Sentinelle (1992) d'Arnaud Depleschin avant de réaliser son premier long métrage, Petits arrangements avec les morts (1994), qui fait sensation à Cannes et remporte la caméra d'or. Avec ce film, Pascale Ferran s'affirme comme une des figures de proue du jeune cinéma français. Construit en triptyque, sans intrigue et sans chronologie, il est un brillant exercice sur le deuil et sa signification à divers moments de la vie. Le film parvient à séduire sur le plan formel, mais aussi par l'empathie qu'il suscite avec ses personnages. Pascale Ferran signe un nouveau scénario anticonformiste avec L'Age des possibles (1996), étude sur la jeunesse contemporaine inspirée par la vie de comédiens amateurs. Ce tableau désenchanté, qui décrit le malaise d'une tranche âge (22-25 ans) confrontée aux enjeux de l'amour et du travail, est traité sur un mode quasi documentaire. Sous la grisaille surgissent quelques moments de plénitude caractéristiques de l'art de cette cinéaste, qui montrait déjà dans son premier film sa capacité à filmer le temps qui passe et les petits instants de bonheur. D'abord diffusé sur Arte, le film sort en salles après avoir été récompensé par le Grand Prix du jury du Festival de Belfort et le Prix Fipresci, ex-aequo à la Mostra de Venise. Son troisième long métrage, Lady Chatterley (2006), adaptation tout en finesse et en intelligence du roman éponyme de David Herbert Lawrence, est récompensé par 5 Césars et le prix Louis Delluc. Le film décrit avec délicatesse et un regard indulgent, la libération d'une femme et d'un homme des carcans sociaux dans lesquels ils sont enfermés. C'est le récit d'une rencontre, d'un apprivoisement, d'un lent éveil à la sensualité pour elle, d'un long retour à la vie pour lui. Elle filme la nature, nous fait ressentir les saisons qui passent, les corps qui s'épanouissent, des personnages vivant des transformations qui modifient leur paysage intérieur. Après le triomphe de Lady Chatterley, Pascale Ferran poursuit son exploration des territoires intimes et des mutations de la société contemporaine. En 2014, elle signe Bird People, présenté à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Ce film audacieux, à la frontière du réalisme et du fantastique, suit deux personnages en transit dans un hôtel international : un ingénieur américain en rupture de ban et une jeune femme de chambre française. Ferran y déploie une mise en scène aérienne, attentive aux détails du quotidien, tout en osant une échappée poétique inattendue. Le film séduit par sa capacité à capter la solitude moderne et à ouvrir des brèches vers l’imaginaire, confirmant la cinéaste dans sa singularité formelle et narrative.
Toujours attentive aux évolutions du monde, Pascale Ferran s’investit également dans la réflexion sur le cinéma à l’ère du numérique, participant à de nombreux débats et ateliers sur la mutation des modes de production et de diffusion. Elle s’implique activement dans la défense du cinéma d’auteur, notamment au sein de la SRF (Société des Réalisateurs de Films), et milite pour une meilleure reconnaissance de la diversité des écritures cinématographiques.

Autres activités :

En 1997, elle est à l'origine avec Arnaud Desplechin, du Manifeste des 66 cinéastes, qui appelle à la désobéissance civile contre contre les lois Debré criminalisant les personnes qui hébergent des sans-papiers. Elle dirige en 2000, le doublage de la version française d'Eyes Wide Shut , de Stanley Kubrick et réalise un documentaire Quatre jours à Ocoee , sur les séances d'enregistrement d'un disque de jazz qui réunit Sam Rivers (au saxophone) et Tony Hymas (au piano).

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Le jeune cinéma français / coordonné par Michel Marie. - Paris : Nathan : Canal+, 1999
  • Ouvrage : Les enfants de la liberté : le jeune cinéma français des années 90 / Claude-Marie Trémois. - Paris : Ed. du Seuil, 1997
  • Périodique : Bref, n° 40, printemps 1999
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 484, octobre 1994
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 491, mai 1995
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 502, mai 1996
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 617, novembre 2006
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 621, mars 2007
  • Périodique : Film comment, vol. 43, n° 3, 2007
  • Périodique : Film Français (Le), n° 3175, 2006
  • Périodique : Mensuel du Cinéma (Le), n° 18, juin 1994
  • Périodique : Positif, n° 404, octobre 1994
  • Périodique : Positif, n° 556, juin 2007
  • Périodique : Première, n° 211, octobre 1994
  • Périodique : Studio Magazine, n° 235, juin 2007

Récompenses et nominations

  • 2007 - Meilleur réalisateur - Lady Chatterley - Obtenu
  • 1994 - Caméra d'or (Prix du premier film) - Festival International du Film (Cannes) - Petits arrangements avec les morts - Obtenu