Hsiao-hsien Hou

Personnalité

Réalisateur, producteur, scénariste... : années 1970-2020

Nationalité :  Chine

Naissance :  08/04/1947 - Chine - Meixian, Guangdong

Identité

Genre : homme

Naturalisation : Taïwan

Pseudonyme(s) :

  • Hsiao-Hsien Hou

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur, Producteur exécutif, Producteur associé

Biographie

Formation :

Hou Hsiao-hsien naît en 1947 dans le sud de la Chine, alors plongée dans la guerre civile entre communistes et nationalistes du Kuomintang. La famille s'installe en 1948 sur l'île de Taiwan, avec l'espoir de revenir une fois la guerre terminée. Elle ne reverra jamais la Chine continentale, où la République populaire de Chine est proclamée en 1949, tandis que le leader nationaliste Tchang Kaï-chek instaure son gouvernement à Taiwan. L'enfant grandit dans les rues de Fengshan, la grande ville du sud de l'île. Encore adolescent, il perd successivement son père, sa mère, et sa grand-mère. Son départ pour le service militaire en 1969 marque une première rupture. Hou Hsiao-hsien découvre le cinéma, son unique distraction des jours de permission. À son retour, il entre à l'Académie nationale d'Art dramatique de Taipei. En 1972, il débute à la Central Motion Picture Corporation (sous tutelle de l'État), et devient l'assistant de cinéastes réputés tels que Li Hsing ou Lai Cheng-ying.

Carrière :

Hou Hsiao-hsien, figure emblématique de la Nouvelle Vague taiwanaise, est célèbre pour son cinéma contemplatif et poétique, explorant la mémoire et l'identité taiwanaises à travers des récits intimistes et des plans-séquence magistraux. Ses films, souvent primés dans les plus grands festivals internationaux, ont marqué l'histoire du cinéma asiatique et continuent d'inspirer des générations de cinéastes.
Cinéaste de la mémoire et du temps, Hou Hsiao-hsien est le chef de file de la Nouvelle Vague taiwanaise du début des années 1980. Hou Hsiao-hsien tourne son premier long métrage, une comédie, Cute Girl en 1980, puis deux films de divertissement qui sont de grands succès populaires. Mais il se détache assez vite de cette production commerciale pour s'orienter vers un cinéma indépendant et plus engagé. Hou Hsiao-hsien est la figure de proue de la Nouvelle Vague Taiwanaise qui émerge à l'aube des années 1980, avec des cinéastes comme Yang Edward, Wan Jen ou Chen Kun-hou, revendiquant une identité taiwanaise sans renier leurs racines chinoises. Ce mouvement de renouveau trouve son inspiration dans la Nouvelle Vague française et le Néo-réalisme italien. L'Homme-sandwich (1983) est le film-manifeste de cette nouvelle génération. Il se démarque des mélodrames ou des films d'action des décennies précédentes. Hou Hsiao-hsien signe l'épisode intitulé La Grande Poupée du fils de ce film en trois volets. À travers l'histoire d'un homme qui doit faire de la publicité déguisé en clown pour faire vivre sa famille, le cinéaste dresse le portrait d'une société rurale traumatisée par le boom économique des années 1960. Dans un souci de réalisme qui contraste avec la tradition cinématographique de l'île, Hou Hsiao-hsien tourne dans des décors naturels, avec des acteurs non-professionnels parlant le dialecte taiwanais. À cette époque, il rencontre la romancière Chu Tien-wen, personnalité majeure de la littérature taïwanaise, qui l'introduit dans son cercle intellectuel et devient sa scénariste attitrée. Ils réalisent ensemble un cycle de quatre films puisés dans les souvenirs de jeunesse du cinéaste. Les Garçons de Fengkuei (1983), chronique d'une bande d'adolescents bagarreurs partis chercher du travail dans une grande ville où ils connaîtront une inéluctable déchéance. Hou Hsiao-hsien y affirme son style, composé de longs plans-séquence avec peu de mouvements de caméra mais une chorégraphie complexe des acteurs dans l'espace. Un été chez grand-père (1984) met en scène, à travers l'histoire d'enfants envoyés en vacances chez leur grand-père, médecin de campagne, l'articulation entre deux mondes, celui de la ville, moderne et industrielle, et celui de la campagne, intemporel et confucéen. Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985), brosse un portrait très expressif d'une famille chinoise exilée à Taiwan et de la vie rurale dans l'île. Hou Hsiao-hsien construit son récit en superposant le passé et le présent, le champ et le hors-champ, l'intime et l'historique. Enfin, en 1986, le cinéaste tourne Poussières dans le vent, la sortie de l'adolescence et l'apprentissage de l'amour d'un couple de jeunes villageois partis à Taipei chercher du travail. La lumière, comme souvent chez Hou Hsiao-hsien, est le motif central dans ce film. Après un film de transition, La Fille du Nil (1987), Hou Hsiao-hsien aborde un tournant majeur de son œuvre, avec sa trilogie embrassant l'histoire récente de Taiwan, de la capitulation du Japon en 1945 à la prise du pouvoir par les nationalistes Chinois. Ces trois films joueront un rôle politique important, en libérant la mémoire d'un peuple, longtemps occultée par un pouvoir autoritaire. La Cité des douleurs (1989) évoque la destinée tragique d'une famille prise dans le conflit entre les Taïwanais de souche et le gouvernement nationaliste dans les années 1940. Le Maître de marionnettes (1992) aborde la période de l'occupation japonaise. La vie d'un illustre maître de marionnettes taiwanais, Li Tien-lu, en constitue la trame principale. Le vieil homme raconte à l'écran son histoire, tandis que certains épisodes en sont reconstitués par des acteurs. Les deux registres de la narration et du jeu se chevauchent sans se recouper par l'utilisation de la voix off, le jeu entre l'ombre et la lumière, la mise à distance des personnages, souvent filmés de profil. Le dernier volet de la trilogie, Good men, good women (1995), appartient à un nouvel univers formel. Le film, construit de façon complexe et déroutante, fragmente le temps, entremêlant trois époques et trois niveaux de réalité. Le style de Hou Hsiao-hsien se radicalise, avec de longs plans fixes, des ellipses, le refus des gros plans et le jeu dépouillé des acteurs. Après Goodbye South, goodbye (1996), qui aborde la société contemporaine et Les Fleurs de Shanghai (1997), chronique de la vie dans les maisons closes à la fin du XIXe siècle, Hsiao-Hsien Hou opère un renouvellement formel. Millennium mambo (2000), sur la vie nocturne d'une jeune taiwanaise, remet en question la figure favorite du plan-séquence, dans un désir de réinventer l'espace et le temps de la fiction. Café Lumière (2003), réalisé en hommage au cinéaste japonais Ozu, dessine le portrait d'une jeune journaliste de Tokyo. Three times (2004), est un triptyque mettant en scène trois histoires d'amour se déroulant en 1911, 1966, et 2005. Le même couple de comédiens interprète tous les personnages. The Assassin (2014) est un faux " film de sabre ", le cinéaste transgressant les codes du genre, dont l'action se déroule du temps de la puissante dynastie chinoise Tang (VIIIe siècle). Le film reçoit le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2015. Au cours des années 1990, avec la consécration internationale de la Nouvelle Vague Taiwanaise, Hou Hsiao-hsien a souvent été récompensé dans les festivals de cinéma les plus prestigieux, alors que son oeuvre restait peu distribuée en Occident. Aujourd'hui, c'est hors de son pays que sont produits la majorité de ses films.

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Âges inquiets : cinémas chinois, une représentation de la jeunesse / Corrado Neri. - Lyon : Tigre de papier, 2009
  • Ouvrage : Dits et écrits d'un cinéaste chinois : 1996-2011 / Jia Zhang-ke ; traduit du chinois par François Dubois et Ping Zhou. - [Paris] : Capricci, 2012
  • Ouvrage : Figures traced in light : on cinematic staging / David Bordwell. - Berkeley ; Los Angeles ; London : University of California Press, 2005
  • Ouvrage : Hou Hsiao-hsien / Ed.Richard I. Suchenski. - Wien : SYNEMA Gesellschaft für Film und Medien, 2014
  • Ouvrage : Hou Hsiao-hsien / sous la dir. de Jean-Michel Frodon. - Paris : Cahiers du cinéma, 2005
  • Ouvrage : Le cinéma de Hou Hsiao-hsien : espaces, temps, sons / sous la dir.de Antony Fiant et David Vasse. - Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2013
  • Périodique : 24 images, n°130, 2006-2007. André Roy. "Le contemplatif : rétrospective Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : 24 images, n°163, 2013. André Roy. "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 438, décembre 1990. Colette Mazabrard, Frédéric Strauss, "Entretien avec Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 512, avril 1997. Antoine de Baecque, "Mister Hou et l'expérience du regard"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 529, novembre 1998. Antoine de Baecque, Jean-Marc Lalanne, "Éloge des stupéfiants. Entretien avec Hou Hsiao-hsien "
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 592, juillet-août 2004. Hou Hsiao-hsien , "Truffaut vu par...Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n°448, 1990. Frédéric Strauss, Colette Mazabrard, Antoine de Baecque, "Le temps suspendu. Entretien avec Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n°474, 1993. Tierry Jousse, Jacques Morice, "La mémoire impressionnée. Entretien avec Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n°562, 2001. Patrice Blouin, Olivier Joyard, Charles Tesson, "Sous les sunlights. Rencontre avec Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n°596, 2004. Sylvain Coumoul, Emmanuel Burdeau, "Dans l'espace inouï de l'amour. Propos de Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n°606, 2005. Jean-Michel Frodon, Emmanuel Burdeau, "L'écrit des cris. Filmer l'histoire pour l'enlever des mains des politiciens"
  • Périodique : CinémAction, n°121, 2006. Adrien Gombeaud, "Taches et fourmis : mémoire et sensualité dans l'oeuvre de Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : CinémAction, n°137, 2010. Roland Schneider, "Hou Hsiao-hsien : la porosité des cultures"
  • Périodique : Film Comment, vol. XLII, n°4, 2006. Howard Hampton, "Slow train coming : who's afraid of Hou Hsiao-hsien ?"
  • Périodique : Inrockuptibles (Les), n° 100, 16-22 avril 1997. Serge Kaganski, "Voir ailleurs"
  • Périodique : Inrockuptibles (Les), n° 311, 30 octobre- 5 novembre 2001. Serge Kaganski, "La chute des feuilles"
  • Périodique : Jeune Cinéma, n°192, janvier 1989. Andrée Tournès, "Du côté de chez Hou Hsiao-hsien : vacances de Dong Dong"
  • Périodique : Journal of Chinese Cinemas, vol. VIII, n°1, 2014. Michelle E. Bloom, "The absent father of Sino-French cinema : contemporary Taiwananese cinema and 1950s French auteurs"
  • Périodique : Positif, n° 423, mai 1996. Michel Ciment, "Je préfère un fragment lyrique à une illustration méthodique"
  • Périodique : Positif, n°334, décembre 1988. Hubert Niogret, Michel Egger, Vincent Amiel, "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Positif, n°358, décembre 1990. Hubert Niogret, "Hou Hsiao-hsien. Retrouver la mémoire"
  • Périodique : Positif, n°394, décembre 1993. Michel Ciment, Vincent Amiel, "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Positif, n°453, novembre 1998. Pierre Eisenreich, Michel Ciment, Yann Tobin, "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Positif, n°489, novembre 2001. Hubert Niogret, Michel Ciment, Vincent Amiel, "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Positif, n°526, décembre 2004. Hubert Niogret, Michel Ciment, Jean-Christophe Ferrari, "Hou Hsiao-hsien et Chu Tien-wen"
  • Périodique : Positif, n°537, novembre 2005. Lorenzo Codelli, Yann Tobin, Michel Ciment, Alain Masson, "Hou Hsiao-hsien"
  • Périodique : Positif, n°556, juin 2007. Adrien Gombeaud, "Au soleil chinois de la mélancolie"
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n°466, 1990. Raphaël Bassan, Pierre Gras, "La Cité des douleurs. Le choc des cultures"
  • Périodique : Sight & Sound, vol. LIX, n°2, 1990. Alan Stanbrook, "The worlds of Hou Hsiao-hsien"

Récompenses et nominations

  • 2015 - Meilleur réalisateur taiwanais de l'année - Taipei Golden Horse Film Festival - Obtenu
  • 2015 - Prix de la mise en scène - Festival International du Film (Cannes) - The Assassin - Obtenu
  • 2015 - Meilleur réalisateur - Taipei Golden Horse Film Festival - The Assassin - Obtenu
  • 2007 - Léopard d'honneur - Festival International du Film (Locarno) - Obtenu
  • 2005 - Prix Akira Kurosawa - TIFF- Tokyo International Film Festival - Obtenu
  • 2005 - Meilleur réalisateur taiwanais de l'année - Taipei Golden Horse Film Festival - Obtenu
  • 2004 - Réalisateur asiatique de l'année - PIFF - Festival International du Film (Pusan) - Obtenu
  • 2001 - Meilleur réalisateur - Ghent International Film Festival - Millennium Mambo - Obtenu
  • 1999 - Meilleur réalisateur de la décennie - Village Voice Film Poll - Obtenu
  • 1998 - Meilleur réalisateur - Asia-Pacific Film Festival - Les Fleurs de Shanghai - Obtenu
  • 1996 - Prix de la contribution spéciale - Singapore International Film Festival - Good Men, Good Women - Obtenu
  • 1996 - Meilleur réalisateur - The Changchun Film Festival - Good Men, Good Women - Obtenu
  • 1995 - Meilleur réalisateur - Taipei Golden Horse Film Festival - Good Men, Good Women - Obtenu
  • 1995 - Meilleur réalisateur - Asia-Pacific Film Festival - Good Men, Good Women - Obtenu
  • 1989 - Meilleur réalisateur - Taipei Golden Horse Film Festival - La Cité des douleurs - Obtenu
  • 1986 - Meilleur réalisateur - Asia-Pacific Film Festival - Un été chez grand-père - Obtenu
  • 1984 - Meilleure adaptation (scénario) - Taipei Golden Horse Film Festival - You ma cai zi (réal. : Jen Wan) - Obtenu
  • 1983 - Meilleure adaptation (scénario) - Taipei Golden Horse Film Festival - Xiao Bi de gu shi (réal. : Kun Hao Chen) - Obtenu