Laura Betti
Nationalité : Italie
Naissance : 01/05/1927 - Casalecchio di Reno, Italie
Décès : 31/07/2004 - Rome, Latium, Italie
Personnalité
Identité
Genre : femme
État civil :
- Laura Trombetti
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Interprète des chansons préexistantes, Collaborateur, Auteur, Directeur artistique, Auteur primaire
Biographie
Formation :
Laura Betti commence à Rome une double carrière d'actrice et de chanteuse en 1955. Elle joue au théâtre, mise en scène par Luchino Visconti ou Pier Paolo Pasolini et acquiert une flatteuse réputation d'artiste intellectuelle dans des récitals politiquement engagés.Carrière :
Actrice fétiche de Pier Paolo Pasolini et figure incontournable du cinéma d'auteur italien, Laura Betti a marqué l'écran par une personnalité incandescente, une voix singulière et un goût prononcé pour les rôles de femmes dérangeantes ou marginales. Récompensée par le prix d'interprétation féminine à la Mostra de Venise pour Théorème, elle reste une présence emblématique du cinéma européen engagé.
La première apparition au cinéma de Laura Betti est celle d'une mondaine ambiguë dans La Dolce vita - La Douceur de vivre (Federico Fellini, 1959). Mais c'est Pier Paolo Pasolini qui l'expose au premier plan, notamment avec le rôle de la servante miraculée dans Teorema - Théorème (1968), le sommet de sa carrière. Complice du cinéaste à l'écran comme dans la vie, elle lui voue un véritable culte après sa mort. Sa forte personnalité, soutenue par une voix tragique et par une grande exigence artistique, fait d'elle une actrice sollicitée par des cinéastes émérites. Son sens aigu de la critique sociale pénètre à peu près tous ses rôles, dont celui d'une déplaisante bourgeoise dans Allonsenfan (Paolo et Vittorio Taviani, 1974), ou mieux encore celui d'une paysanne fasciste dans Novecento (Bernardo Bertolucci, 1975). A partir des années 1980, sa déclinante beauté blonde apparaît essentiellement dans des seconds rôles, en France et en Italie, mais l'actrice semble donner sa préférence à l'écriture pour le journalisme, la télévision et le théâtre. Elle apparaît notamment dans Loin de Manhattan (1980) de Jean-Claude Biette, puis dans La Nuit de Varennes (1981) d'Ettore Scola, où elle retrouve un cinéma historique et politique qui correspond à ses engagements artistiques. Elle alterne ensuite les univers de réalisateurs exigeants avec L'Art d'aimer (1983) de Walerian Borowczyk, Amerika, rapports de classe (1984) de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub ou Corps et biens (1986) de Benoît Jacquot. Elle poursuit sa collaboration avec des cinéastes italiens comme Carlo Lizzani dans Mamma Ebe (1985), Giuseppe Bertolucci dans I Cammelli (1988) ou Francesca Archibugi dans Le Grand Cocomero (1993). Durant les années 1990, elle reste fidèle à un cinéma d'auteur, apparaissant notamment dans Un héros ordinaire (1994) de Michele Placido, La Vie silencieuse de Marianna Ucria (1996) de Roberto Faenza ou Un air si pur (id.) d'Yves Angelo. Elle retrouve également Noémie Lvovsky dans La Vie ne me fait pas peur (1998) et Catherine Breillat dans À ma sœur ! (2000). Ses dernières apparitions au cinéma, au début des années 2000, témoignent de sa fidélité aux jeunes réalisateurs comme aux figures du cinéma italien avec Gli Astronomi (2002) de Diego Ronsisvalle, Felicita – Le Bonheur de coute rien (2002) de Mimmo Calopresti ou Il Quaderno della spesa (2002) de Tonino Cervi. Laura Betti laisse ainsi l'image d'une interprète inclassable, capable de transformer des rôles secondaires en présences mémorables.