Carrière :
Aventurier dans l'âme, amoureux de la mer, écrivain, acteur d'instinct et au physique imposant, Sterling Hayden joue au cinéma pour payer ses voyages ou ses dettes. Toujours resté en marge d'Hollywood, il a pourtant une carrière impressionnante, inspirant notamment John Huston, Stanley Kubrick ou Nicholas Ray (Johnny Guitare)
.
En 1940, après deux semaines de présence à Hollywood, il obtient un contrat avec Paramount, un rôle dans Bahama Passage
(Edward H Griffith, 1941) et, la même année, le premier rôle dans Virginia
(id.), une grosse production, aux côtés de Madeleine Carroll. Il épouse l'actrice en 1942. Le studio le lance alors comme "le plus bel homme qu'on puisse trouver dans un film
" et "le beau et blond dieu Vicking
". La Seconde Guerre mondiale interrompt sa carrière ; il s'engage dans les commandos, les Marines et combat pour les services secrets notamment en Italie et en Yougoslavie avec les partisans de Tito, sous le nom de John Hamilton. En rentrant, il adhère au Parti communiste mais le quitte au bout de 6 mois. Cela lui vaut des ennuis durant le maccarthysme. Il finit par confesser une erreur et dénonce un ami. Cet épisode de sa vie le marque profondément. Quand la ville dort
(1949, John Huston) est le film qui le révèle en tant que véritable comédien. Il y interprète un tueur obsédé par ses souvenirs d'enfance. Il signe à nouveau avec Paramount et tourne plusieurs films de série, notamment, The Star
(Stuart Heisler, 1952), Prince Vaillant
(Henry Hathaway, 1953), Suddenly
(Lewis Allen, 1954), Crime of Passion
(Gerd Oswald, 1956), ou Terror in Texas Town
(Joseph H Lewis, 1958). Johnny Guitare
(Nicholas Ray, 1953) est l'oeuvre qui le consacre. Aux côtés du premier rôle tenu par Joan Crawford, il y interprète un cow-boy musicien qui tente de s'interposer dans un conflit opposant deux femmes et deux bandes d'un même village, sur fond de conflit commercial lié à l'arrivée prochaine du chemin de fer. C'est Stanley Kubrick qui lui offre un de ses autres plus beaux rôles dans L'Ultime Razzia
, en 1955. En 1959, défiant une ordonnance du tribunal, il fuit avec ses 4 enfants vers Tahiti sur son voilier The Wanderer. En 1963, dans Docteur Folamour
(1963), Sterling Hayden est le général anti-communiste Jack D Ripper, encore pour Stanley Kubrick. On le retrouve aussi dans Tendres chasseurs
(Ruy Guerra, 1969), Le Parrain
(Francis Ford Coppola, 1971), Le Privé
(Robert Altman, 1972) et dans 1900
, de Bernardo Bertolucci (1976), film dans lequel il interprète Leo Dalco, le metayer des Berlinghieri. Il tourne jusqu'en 1983, avec quelques apparitions à la télévision.