Marisa Paredes
Personnalité
Interprète : années 1960-2020
Nationalité : Espagne
Naissance : 03/04/1946 - Espagne - Madrid
Décès : 17/12/2024 - Espagne - Madrid, Communauté de Madrid
Identité
Genre : femme
État civil :
- María Luisa Paredes Bartolomé
Fonctions : Acteur, Préfacier, postfacier
Biographie
Formation :
Marisa Paredes entre à l'âge de 14 ans au Conservatoire et à l'école d'art dramatique de Madrid, puis elle rejoint la Compagnie théâtrale de Conchita Montes. Le metteur en scène José Osuna lui donne son premier rôle au théâtre dans Esta noche tampoco (1962), et elle débute à l'écran en 1960 dans Los Económicamente débiles (Pedro Lazaga).Carrière :
Marisa Paredes, icône du cinéma espagnol et muse inoubliable de Pedro Almodóvar, a marqué l’histoire du 7e art par sa présence magnétique et sa capacité à incarner des femmes aussi complexes que mémorables, des mères déchirées aux héroïnes flamboyantes, avec une intensité rare récompensée aux quatre coins de l’Europe. Son jeu, à la fois théâtral et d’une justesse bouleversante, lui a valu d’être saluée comme l’une des plus grandes actrices de sa génération, navigant avec brio entre mélodrame, comédie noire et drame historique.
La popularité de Marisa Paredes, malgré une filmographie déjà très étoffée, n'avait pas dépassé les frontières espagnoles quand le réalisateur Pedro Almodóvar la choisit pour incarner la mère indigne de Talons aiguilles (1991). Considérée dès lors comme la "meilleure actrice de composition ibérique", comparée à Gena Rowlands pour la puissance de son jeu ou à Greta Garbo pour sa classe et son regard envoûtant, elle devient célèbre dans le monde entier et enchaîne, dans les années 1990, les rôles les plus divers. Elle brille dans Golem, l'esprit de l'exil (Amos Gitai, 1991), interprète Sarah Bernhardt dans Hors saison (Daniel Schmid, 1992), se transforme en écrivain de best-sellers dans La Fleur de mon secret (Pedro Almodóvar, 1995), incarne une veuve bigote dans Trois Vies et une seule mort (Raúl Ruiz, 1995), face à Marcello Mastroianni, et une directrice d'un orphelinat pendant la guerre civile espagnole dans El Espinazo del diablo (Guillermo del Toro, 2001). Elle est une mante religieuse dans le Mexique des années 50 dans Profundo carmesi (1996), et l'épouse d'un colonel à la retraite dans El Coronel no tiene quien le escriba (1998), tous les deux d'Arturo Ripstein. Elle joue également dans le chef-d’œuvre de Roberto Benigni (La vie est belle, 1997) et se montre particulièrement poignante dans Tout sur ma mère (Pedro Almodóvar, 1998). En 2001, elle apparaît brièvement dans une séquence en forme de clin d'.il dans Hable con ella (Pedro Almodóvar, 2001). Reinas (Manuel Gómez Pereira, 2004), lui donne l'occasion de retrouver d'autres muses almodovariennes (Veronica Forqué, Carmen Maura), dans un film qui essaie de retrouver l'esprit pionnier de la Movida avec des histoires de relations conflictuelles mère-fils. Marisa Paredes poursuit une carrière aussi éclectique qu’exigeante. Elle incarne Raquel, une femme confrontée à ses démons, dans Frío sol de invierno (Pablo Malo, 2004), puis une nonne mystérieuse dans Le Miroir magique (Manoel de Oliveira, 2005). En 2009, elle se glisse dans la peau d’Odette, figure trouble de Gigola (Laura Charpentier), et campe une narratrice envoûtante dans Les Chemins de la mémoire (José Luis López-Linares). En 2011, Pedro Almodóvar lui offre un rôle marquant dans La Piel que habito, où elle joue Marilia, mère déchirée d’une victime de brûlures, aux côtés d’Antonio Banderas. Elle retrouve ensuite la comédie dramatique avec Latin Lover (Cristina Comencini, inédit en salle, 2015), où elle incarne Ramona, une mère italienne fantasque, et se fait remarquer dans Petra (Jaime Rosales, 2018), portrait sombre d’une famille bourgeoise andalouse. En 2019, elle apparaît dans le drame historique De sable et de feu (Souheil Ben-Barka), et dans la comédie Malgré tout (Gabriel Tagliavini, VOD), où elle campe une grand-mère résiliente. Son dernier rôle, dans Emergency Exit (Luis Miñarro, 2024), clôt une carrière de plus de six décennies, marquée par l’audace et la métamorphose permanente.