Benoît Jacquot
Personnalité
Réalisateur, scénariste, interprète... : années 1960-2020
Nationalité : France
Naissance : 05/02/1947 - France - Paris, Seine
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Voix (commentaire), Voix off, Scénariste, Dialoguiste, Adaptateur, Auteur, Collaborateur
Biographie
Formation :
Benoît Jacquot débute en 1965 comme assistant réalisateur de Marcel Carné, de Roger Vadim et de Marguerite Duras. Il travaille ensuite pour la télévision.Carrière :
Figure majeure du cinéma d’auteur français, Benoît Jacquot est reconnu pour ses adaptations littéraires exigeantes, sa direction d’actrices comme Husith Godrèche, Isabelle Huppert, Virginie Ledoyen ou Charlotte Gainsbourg, et son style épuré couronné par le prix Louis-Delluc pour Les Adieux à la reine.
Rompant avec l'esthétique de la Nouvelle Vague et suivant le travail de Robert Bresson, Benoît Jacquot réalise en 1975 un film inspiré d'une nouvelle de Fedor Dostoïevski, L'assassin musicien. L'immobilité de la caméra, le nombre réduit de plans, la voix monocorde des comédiens en font un film froid et austère qui sort en salle dans une relative confidentialité. Dès cette première œuvre, Benoît Jacquot se révèle exigeant et difficile, polarisé par une approche analytique des scénarios. Après Les enfants du placard (1976), un deuxième film tout aussi difficile par son refus de la dramatisation et de l'émotion, malgré un rythme plus rapide, le réalisateur tourne Les ailes de la colombe (1980) d'après Henry James, avec Isabelle Huppert et Dominique Sanda. Il tourne en 1986 Corps et biens, un polar adapté du roman Tendre femelle de James Gunn, et Les mendiants d'après le roman éponyme de Louis-René des Forêts, un film construit comme un puzzle. Avec La désenchantée (1989), interprété par Judith Godrèche, il s'éloigne du cinéma d'auteur à la lisière de la marginalité et adopte une approche plus réaliste de ses personnages, plaçant ces derniers au centre du film. A l'instar de Judith Godrèche, Virginie Ledoyen, dans La fille seule (1995), apparaît dans chaque plan, et le film adopte son rythme, de façon à exprimer sa vivacité et sa soif de vivre. Le septième ciel (1997), avec Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, est le premier succès public du réalisateur. En 1998, il retrouve Isabelle Huppert dans une adaptation d'un roman de Yukio Mishima, L'école de la chair : une femme travaillant dans le milieu de la mode tombe amoureuse d'un jeune homosexuel qui vit d'expédients. Le film est présenté au Festival de Cannes. En 1999, il dirige Fabrice Luchini, Vincent Lindon et Isabelle Huppert dans Pas de scandale. S'ensuit une période prolifique marquée par la réalisation de films "à costume": La fausse suivante (2000), captation filmique d'une pièce de théâtre de Marivaux ; Sade (2000), l'adaptation des écrits du Marquis de Sade ; Tosca (2001), une version sur grand écran de l'opéra du même nom ; ou encore Adolphe (2002), avec Isabelle Adjani et Stanislas Merhar. La femme, figure centrale du cinéma de Benoît Jacquot, est à nouveau mise à l'honneur dans A tout de suite (2004), L'intouchable (2006) avec Isild Le Besco et Villa Amalia (2008), son cinquième film avec Isabelle Huppert. Portraits de femmes et mise en exergue de la fascination que Jacquot éprouve à l'égard de celles-ci. Avec Au fond des bois (2009), il adapte une histoire trouble et hypnotique, où une jeune femme tombe sous l’emprise d’un homme à l’orée du XIXe siècle. Jacquot revient ensuite au costume et à l’univers du classicisme avec Les Adieux à la reine (2011), plongée dans la cour de Versailles à la veille de la Révolution, interprétée par Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen, qui rencontre un vif succès critique et public. En 2013, il dirige 3 cœurs, triangle amoureux sur fond de hasard et de rendez-vous manqués, réunissant Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg et Chiara Mastroianni. L’année suivante, il adapte le roman de Don DeLillo avec Journal d’une femme de chambre (2014), nouvelle version du classique, révélant Léa Seydoux dans le rôle-titre. Toujours fasciné par la jeunesse et son mystère, il signe À jamais (2015), étude élégiaque du deuil et de la hantise avec Julia Roy et Mathieu Amalric. En 2017, Eva, adaptation du roman de James Hadley Chase, plonge Isabelle Huppert dans le rôle d’une femme vénéneuse et insaisissable, face à Gaspard Ulliel. Jacquot revisite ensuite la passion dans Dernier amour (2018), portrait d’un Casanova vieillissant, porté par Vincent Lindon et Stacy Martin, où la lassitude côtoie l’élan vital. Il revient à la chronique contemporaine avec Suzanna Andler (2019), adaptation de Marguerite Duras, incarnée par Charlotte Gainsbourg, dans un huis clos de désir et de mélancolie. Benoit Jacquot s’essaye pour la première fois au documentaire avec Par cœurs (2021), qui suit Isabelle Huppert et Fabrice Luchini lors du Festival d’Avignon 2021. Le réalisateur poursuit avec Belle (2024, non sorti), une adaptation du roman de Georges Simenon, La Mort de Belle, transposée dans une atmosphère feutrée et troublante avec Guillaume Canet et Charlotte Gainsbourg.
Autres activités :
Benoît Jacquot réalise entre 1970 et 1976 des films pour l'INA. Pour la télévision, il adapte en 1994 La vie de Marianne de Marivaux. Il est l'auteur de documentaires sur le psychanalyste Jacques Lacan, le chorégraphe Merce Cunningham, l'écrivain Marguerite Duras. Il adapte pour le petit écran des spectacles conçus pour la scène : Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline et L'étonnant voyageur , tous deux interprétés par Fabrice Luchini ; Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès ; Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'Alfred de Musset.Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Bibliographie éditoriale
Liens familiaux
Parent de :