Carlos Diegues
Personnalité
Réalisateur, producteur, scénariste... : années 1950-2020
Nationalité : Brésil
Naissance : 19/05/1940 - Brésil - Maceió, Alagoas
Décès : 14/02/2025 - Brésil - Rio de Janeiro, Rio de Janeiro
Identité
Genre : homme
État civil :
- Carlos José Fontes Diegues
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Adaptateur, Producteur, Producteur associé, Coproducteur, Directeur artistique, Monteur, Collaborateur, Auteur primaire, Auteur secondaire
Biographie
Formation :
Elevé à Rio de Janeiro, Carlos Diegues étudie le droit tout en fréquentant assidûment les ciné-clubs. Il devient critique de cinéma pour le journal O Metropolitano .Carrière :
Figure majeure du Cinema Novo, Carlos Diegues est reconnu pour son cinéma engagé, humaniste et profondément brésilien, qui a marqué l’histoire du septième art par des œuvres comme Ganga zumba, Xica da Silva, Bye Bye Brasil et O Grande Circo Místico, et lui a valu une reconnaissance internationale et de nombreuses distinctions.
Carlos Diegues s'inspire de sa région natale, le Nordeste, quand il dénonce dans ses premiers courts métrages des formes d'aliénation du peuple telles que la samba (Escola de samba, alegria de Viver, 1962). Ce faisant, il participe à la naissance du Cinema Novo, qui vise à inscrire le cinéma brésilien dans la conscience nationale. Pionnier, avec notamment Glauber Rocha, de cette "décolonisation" du cinéma, Carlos Diegues commence par saisir la réalité injuste du monde rural, en racontant une révolte de Noirs contre l'esclavage dans Ganga zumba (1964) - thème qu'il reprend vingt ans plus tard dans Quilombo (1984). L'interprétation tout comme la mise en images reflètent par leur intensité paroxystique une esthétique exaltée et profondément originale. La Grande Ville (A Grande Cidade,1966) est une autre expression de la passion du réalisateur pour l'âme brésilienne, cette fois centrée sur le monde de la ville. Les effets bariolés de la stylisation se muent en une forme de théâtralisation à partir de 1968, alors que la dictature militaire pèse sur la production cinématographique. Carlos Diegues pratique alors une "esthétique du murmure", dans le souci de communiquer avec son public. Cette période inégale donne des films à caractère historique (Les Héritiers - Os Herdeiros, 1969) ou métaphorique (Jeanne la Française, Joana a Francesa, 1973, avec Jeanne Moreau), en 1976 il remporte un des plus grands succès du box-office brésilien avec Xica da Silva, film qui pose un regard sur le métissage racial da la société brésilienne. De moins en moins didactiques, ses films insistent sur l'exaltation des passions brésiliennes, comme en témoigne son succès Pluies d'été (Chuvas de verao, 1977), qui lui est reproché par nombre d'intellectuels dénonçant sa dérive folklorique. Carlos Diegues semble se réconcilier définitivement avec le spectacle en signant l'un de ses meilleurs films, Bye bye Brésil (Bye Bye Brasil, 1979), évocation pleine d'humour et de musique d'une troupe de saltimbanques. Son œuvre semble prendre un tour plus apaisé, même si elle ne se départit jamais de son esprit critique. Veja esta cançao (1994) et Orfeu (1998) continuent l'exploration du paysage urbain et humain de Rio, avec cette passion toujours intacte pour le sort de la culture populaire. Carlos Diegues poursuit son exploration du Brésil contemporain en signant, en 2002, Deus é Brasileiro, une comédie picaresque où l’ironie et le merveilleux servent une réflexion sur la foi populaire et l’identité nationale. Ce film, l’un des plus ambitieux de sa carrière par son ampleur de production, témoigne de sa capacité à mobiliser les moyens du cinéma populaire tout en maintenant une exigence d’auteur, fidèle à l’esprit du Cinema Novo. En 2006, il réalise O Maior Amor do Mundo, récit poignant d’un astrophysicien revenu au Brésil pour découvrir ses origines. Diegues y conjugue mélodrame et chronique sociale, renouant avec la veine humaniste et la quête de sens qui traversent son œuvre, tout en abordant la question du sida et de la filiation dans une Rio de Janeiro à la fois lumineuse et tourmentée. Après quelques années consacrées à des documentaires et à la transmission de son savoir, il revient en 2014 avec O Grande Circo Místico, fresque lyrique adaptée d’un poème de Jorge de Lima. Ce film, à la narration éclatée, célèbre le métissage et la fantaisie du Brésil, tout en rendant hommage à la magie du spectacle et à la persistance de l’utopie dans un monde désenchanté. Élu à l’Académie brésilienne des lettres en 2018, Diegues s’affirme comme une conscience majeure du cinéma brésilien, conciliant toujours exigence artistique et dialogue avec le public. Jusqu’à ses derniers projets, il n’a cessé de défendre une vision décolonisée et plurielle de la culture brésilienne, attentive aux marges et aux voix invisibles.