Arnaud Desplechin
Personnalité
Réalisateur, scénariste, dir. de la photo... : années 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 31/10/1960 - France - Roubaix, Nord
Identité
Genre : homme
État civil :
- Arnaud Robert Jean André Marie Desplechin
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Voix off, Collaborateur au scénario, Adaptateur, Scénariste, Dialoguiste, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Auteur, Préfacier, postfacier, Collaborateur, Annotateur
Biographie
Formation :
Lorsqu'il entre à l'IDHEC, (Institut des hautes études cinématographiques) section réalisation et prises de vue en 1983, Arnaud Desplechin avoue être peu allé au cinéma. Il avoue même "ne pas savoir ce qu'est un réalisateur".Carrière :
Réalisateur phare du cinéma d’auteur français, Arnaud Desplechin est reconnu pour sa maîtrise du récit intime et familial, son écriture ciselée et sa direction d’acteurs, qui ont marqué des œuvres majeures telles que Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), Un conte de Noël ou encore Trois souvenirs de ma jeunesse. Lauréat de nombreux prix, il s’impose comme un explorateur infatigable des tourments de l’âme et des mystères de la mémoire.
Arnaud Desplechin travaille dans un premier temps comme chef-opérateur aux côtés des réalisateurs Patrick Grandperret (Mona et moi, 1989) et Eric Rochant, sorti la même année que lui de l'IDHEC. Il assiste ce dernier sur des courts métrages, et collabore à l'écriture du scénario d'Un monde sans pitié (1988). Parallèlement, il tourne ses propres courts métrages parmi lesquels Le Polichinelle et la machine à coder en 1984. Il est de nouveau directeur de la photographie sur deux courts d'Eric Rochant : Comme les doigts de la main (1984), Présence féminine (1986) et sur un long métrage de Nino Papatakis, La Photo (1986). Il réalise son premier moyen métrage en 1990 avec La Vie des morts et est aussitôt classé par la critique comme un des représentants de la nouvelle génération de cinéastes français. L'année suivante, cette même critique l'encense pour son long métrage La Sentinelle qui montre un jeune allemand traumatisé a posteriori par l'attitude de son pays pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1994, Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) met en scène, sur le mode de la comédie intimiste, une brochette de jeunes gens du microcosme parisien obsédés par leurs relations amoureuses. Les dialogues grinçants plaisent et le film rencontre un franc succès auprès du public français. Il adapte au cinéma une nouvelle d'Arthur Symons, Esther Kahn (1998), film d'époque en anglais qui est reçu comme un hommage à Truffaut pour ses formes filmiques propre au cinéma de la Nouvelle Vague. Il tourne ensuite plusieurs films sur ses thèmes de prédilection : la famille, l'absence et le souvenir. Rois et reines (2003) croise le parcours tragi-comique de deux anciens amants. L'Aimée (2006) est un documentaire sur sa propre famille, puis Un conte de Noël (2007), qui reprend le thème de la mort sur fond de réunion de famille est également un grand succès public et critique. Arnaud Desplechin poursuit son exploration des liens familiaux et des tourments intimes avec Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) (2012), où il s’aventure pour la première fois sur le territoire américain, adaptant le récit d’une rencontre entre un psychologue français et un vétéran amérindien. Ce film, porté par Benicio Del Toro et Mathieu Amalric, est sélectionné en compétition officielle à Cannes et confirme l’attrait du cinéaste pour les dialogues intenses et les personnages tourmentés. En 2014, il revient à ses obsessions avec Trois souvenirs de ma jeunesse, une variation autour du personnage de Paul Dédalus, déjà présent dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle). Le film, salué pour la finesse de son écriture et la justesse de son casting, reçoit le César du meilleur réalisateur. Deux ans plus tard, il signe Les Fantômes d’Ismaël (2016), où il retrouve Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg dans une intrigue labyrinthique mêlant cinéma, amour et fantômes du passé, présentée en ouverture du Festival de Cannes. En 2018, Desplechin s’inspire d’un fait divers pour réaliser Roubaix, une lumière, plongée sombre et réaliste dans sa ville natale, où il dirige Roschdy Zem et Léa Seydoux dans un polar social empreint d’humanité. Le film est salué pour sa sobriété et sa tension dramatique. Il poursuit en 2020 avec Tromperie, adaptation du roman de Philip Roth, où il explore les jeux de la séduction et du mensonge à travers une série de dialogues entre un écrivain et ses amantes. Fidèle à son goût pour la littérature et l’introspection, Desplechin y retrouve une nouvelle fois Denis Podalydès et Léa Seydoux. En 2022, il présente Frère et sœur, drame familial porté par Marion Cotillard et Melvil Poupaud, qui met en scène la violence sourde des non-dits et des blessures anciennes au sein d’une fratrie déchirée. Le film, en compétition à Cannes, est salué pour sa puissance émotionnelle et la maîtrise de sa mise en scène. En 2024, il revient avec Spectateurs ! une déclaration d’amour au septième art et aux salles obscures.