Emmanuel Salinger

Personnalité

Interprète, réalisateur, scénariste... : années 1970-2020

Nationalité :  France

Naissance :  06/05/1964 - France - Blois, Loir-et-Cher

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Collaborateur au scénario, Adaptateur, Monteur, Assistant opérateur, Auteur

Biographie

Formation :

Emmanuel Salinger, après des études de philosophie, a suivi des cours de réalisateur à l'IdHEC, il a également été formé au théâtre au cours Balachova. Il aborde le cinéma à la fois par la réalisation de courts métrages (Karskaya , 1987 ; Blind Alley , 1989) tout en devenant monteur pour certains courts de ses camarades de l'IDHEC telle Noémie Lvovsky (Dis-moi oui, dis-moi non , 1989). En 1991, il devient scénariste pour le court métrage Le Sommeil d'Adrien de Caroline Champetier.

Carrière :

Figure du cinéma d’auteur français des années 1990, Emmanuel Salinger s’est imposé grâce à son interprétation trouble et habitée dans La Sentinelle, avant de devenir l’un des visages les plus singuliers et discrets du grand écran. Acteur rare mais déterminant, il traverse les œuvres de cinéastes exigeants, de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) à Je le jure, en incarnant comme peu d’autres ces hommes en retrait dont les failles silencieuses irriguent le récit.
Acteur chéri du cinéma d'auteur français des années 1990, Emmanuel Salinger a depuis élargi sa palette et s'est même essayé à la mise en scène. Il doit sa première expérience cinématographique au réalisateur Arnaud Desplechin qui, après lui avoir donné un petit rôle dans La Vie des morts (1991) lui confie la vedette dans La Sentinelle (1992), dont il co-signe le scénario et qui lui vaut un César du meilleur espoir. Dans la peau de Matthias, un jeune homme solitaire, passif et observateur plongé dans un univers étrange, Salinger surprend par son authenticité. Fidèle représentant du cinéma d'auteur, il apparaît dans des premières œuvres ambitieuses comme celles de Sophie Fillières Grande petite (1994) ou Noémie Lvovsky (Oublie moi (1994), mais aussi, dans des emplois secondaires, à l'affiche de N'oublie pas que tu vas mourir (1995) - qu'il co-écrit avec Xavier Beauvois - ou de la prestigieuse Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau. Après avoir fait, comme une multitude d'autres acteurs, une apparition dans l'hommage au centenaire du cinéma que sont Les Cent et Une nuits (Agnès Varda, 1995), le comédien s'associe de nouveau avec Arnaud Desplechin pour Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) (1996), film choral où une pléiade de jeunes comédiens se donnent la réplique et confrontent leurs idées sur le thème de l'amour et du sexe. Présent à la fois dans quelques films de genre (le thriller En face, Mathias Ledoux, 2000, ou le polar La Clef, Guillaume Nicloux, 2007), des productions modestes (Belhorizon, Inès Rabadan, 2005) et surtout des films d'auteurs (Capitaines d'Avril, Maria de Medeiros, 2000 ; Triple agent, Eric Rohmer, 2004 ; La Guerre est déclarée, Valérie Donzelli, 2011), Emmanuel Salinger reste néanmoins un acteur rare. Attiré depuis toujours par la mise en scène, il tourne à nouveau deux courts métrages dans les années 2000 (R.A.S., 2004, et I (Marion Solo), 2004) et passe au long avec La Grande Vie (2009), étonnante comédie caustique sur le monde de la télévision. En 2010, il retrouve le goût du drame intime avec le film La Guerre est déclarée (Valérie Donzelli), avant de se glisser, en 2015, dans le rôle d’un producteur visionnaire et inquiétant au cœur de Planetarium (Rebecca Zlotowski), où son magnétisme discret irrigue l’ombre du récit. Cette même période le voit revenir vers un cinéma indépendant exigeant, enchaînant les partitions secondaires mais précises, qui confirment son statut d’acteur fétiche pour les cinéastes aimant travailler les zones grises des personnages. Dans Je le jure (Samuel Theis, 2024), drame contemporain sur la perte de repères, Salinger compose ainsi un mentor ambigu, figure à la fois protectrice et fuyante.

Autres activités :

Ancien étudiant de l'IDHEC, l'école de cinéma, il enseigne désormais à la FEMIS qui lui a succédé. Il tourne également pour la télévision (Sartre, l'âge des passions , 2006 ; L'Affaire Gordji : histoire d'une cohabitation , 2012 ; la série policière Deux flics sur les docks , 2011, où il tient le rôle récurrent d'un caïd du Havre) et monte régulièrement sur scène, en particulier au Festival d'Avignon (La Servante de Olivier Py, 1995 ; La Mouette de Tchekhov dans une mise en scène d'Arthur Nauzyciel, 2012).

Filmographie

Courts métrages

Assistant opérateur

Réalisation

Scénariste

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 457, juin 1992
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 503, juin 1996
  • Périodique : Positif, n° 435, mai 1997
  • Périodique : Studio Magazine, n° 80, novembre 1993

Récompenses et nominations

  • 1993 - Meilleur espoir masculin - César du Cinéma Français - La sentinelle - Obtenu