Marco Bellocchio

Personnalité

Réalisateur, scénariste, producteur, interprète... : 1960-2020

Nationalité :  Italie

Naissance :  09/11/1939 - Italie - Bobbio

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Marco Maria Bellocchio

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Intervenant, Scénariste, Auteur de l'œuvre originale, Dialoguiste, Producteur, Auteur, Auteur primaire, Annotateur

Biographie

Formation :

Marco Bellocchio s'inscrit en 1959 au Centre expérimental de cinématographie de Rome avec l'intention de devenir acteur. Mais insatisfait par ce métier, il s'oriente vers la réalisation. Il signe trois courts métrages et sort diplômé à vingt-trois ans. Grâce à une bourse d'études, il s'inscrit à la School of Fine Arts de Londres. Son séjour londonien lui donne l'occasion de rencontrer le jeune producteur Enzo Doria, avec lequel il prépare l'organisation de son premier film.

Carrière :

Marco Bellocchio est un réalisateur engagé dont l'œuvre explore les complexités de la société italienne, de la famille et de la politique. Il est lauréat de nombreux prix prestigieux, dont le Lion d'Or pour sa carrière à la Mostra de Venise en 2011 et une Palme d'honneur au Festival de Cannes 2021.
En 1965, les Poings dans les poches, le premier film de Marco Bellocchio, éclate comme un coup de tonnerre. Rompant avec les codes et la morale hérités du néo-réalisme, ce jeune réalisateur s'attaque à la norme avec violence et lucidité. Dans un pays où la protestation est constamment taxée de nihilisme, la radiographie qu'il fait de la décomposition de la famille bourgeoise fait scandale. Il confirme ses qualités narratives avec la Chine est proche (1967), dans lequel il s'attaque à la réalité politique et sociale de l'Italie. Après la famille, il étudie les rapports de classe. En 1968, il se lance dans le militantisme. Il tourne avec un groupe de "camarades" des documentaires de propagande politique. En 1971, il se tourne vers une nouvelle cible de choix : la religion catholique. Au nom du père est un pamphlet dans lequel il intègre des souvenirs personnels. Marco Bellocchio devient le porte-drapeau d'une avant-garde intellectuelle qui, dans l'Europe occidentale, a pris le parti de la révolution. Mais il sombre peu à peu dans une rigidité schématique qui l'empêche d'harmoniser récit et message, fiction et idéologie. Avec Viol en première page (1972), son originalité semble se dissoudre dans la routine du film à la mode contestataire. En 1973, toujours avide de nouvelles expériences, il accepte de tourner un documentaire sur le système psychiatrique, Fous à délier, dans lequel il expose l'aspect social du problème à travers une série de témoignages et de documents d'où il tire émotion et poésie. Après une réflexion psychanalytique sur le pouvoir (la Marche triomphale, 1976), il revient à son thème de prédilection, la famille (la Mouette, 1976). Dans ses films suivants (le Saut dans le vide, 1979 ; Henri IV, 1984 ; la Sorcière, 1987), il décline les thèmes de la hantise du suicide, du poids de la culpabilité, du fantôme de l'inceste, de la crise de la personnalité. Mais là où ses premiers films exprimaient une violence sans compromis, Bellocchio donne une dimension plus complexe à ses personnages. Dans ses nouvelles œuvres, son style se fait plus sinueux, plus riche de suggestions magiques. Dans les années 1990, il continue de poser son regard détaché sur les misères de ses personnages. Le Rêve du papillon (1994) explore la solitude, l'aliénation et l'épanouissement, tandis que la Balia (1999), présenté au Festival de Cannes, s'intéresse à la structure familiale remise en question par l'introduction en son sein d'un être plein de sensibilité et de sentiments. En 2001, il réalise Le Sourire de ma mère, un film qui suscite la controverse au Vatican en abordant la question de la religion. Deux ans plus tard, Buongiorno, notte (2003) marque un tournant dans sa carrière en étant le premier film à mettre en scène l'assassinat d'Aldo Moro. Ce dernier reçoit un accueil unanime lors de sa projection à la Mostra de Venise. Le Metteur en scène de mariages (2005) est sélectionné au Festival de Cannes dans la section "Un Certain Regard". En 2008, Bellocchio revient sur la scène politique italienne avec Vincere, un film qui explore la vie d'Ida Dalser et l'ascension au pouvoir de son amant et mentor Benito Mussolini. La Belle Endormie (2012) poursuit l'exploration des thèmes sociaux et politiques chers au réalisateur. En 2015, Sangue del mio sangue approfondit les réflexions de Bellocchio sur la famille et la société italienne. Fais de beaux rêves (2015) marque un retour à des thèmes plus intimes : les relations familiales et le deuil. En 2018, Bellocchio réalise Le Traître, un film qui aborde le thème du monde de la mafia, œuvre acclamée par la critique. En 2021, Marx peut attendre représente un tournant plus personnel dans la filmographie de Bellocchio. Il y explore des aspects de sa propre histoire familiale. En 2023, Marco Bellocchio réalise L’Enlèvement, un drame historique salué par la critique et le public sur l’enlèvement au milieu du XIXe siècle d’un jeune enfant de confession juive par la police pontificale puis baptisé de force.

Filmographie

Longs métrages

Auteur de l'œuvre originale

Dialoguiste

Intervenant

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Le cinéma italien : T.1, Entretiens avec Marco Bellochio, Bernardo Bertolucci, Mauro Bolognini, Luigi Comencini, Marco Ferreri, Mario Monicelli, Elio Petri, Dino Risi ... / Jean-A. Gili.- Paris : UGE
  • Ouvrage : Le cinéma italien parle / Aldo Tassone.- Paris : Edilig, 1982
  • Ouvrage : Parla il cinema italiano : Vol. 2 / Aldo Tassone.- Milano : Ed. il Formichiere, 1980
  • Périodique : 24 Images, n° 41, hiver 88/89
  • Périodique : Bianco e nero, vol. 27, n° 5, mai 1966
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 170, septembre 1965
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 176, mars 1966
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 195, novembre 1967
  • Périodique : Cinéaste, vol. 4, n° 1, été 1970
  • Périodique : Cinema d'Oggi, vol. 18, n° 9, 9 mai 1984
  • Périodique : Cinema e cinema, vol. 3, n° 7/8, avril / septembre 1976
  • Périodique : Cinema e cinema, vol. 7, n° 22/23, janvier/juin 1980
  • Périodique : Cinema Nuovo, vol. 35, n° 300, mars/avril 1986
  • Périodique : Cinéma, n° 219, mars 1977
  • Périodique : Cinématographe, n° 120, juin 1986
  • Périodique : Cinématographe, n° 46, avril 1979
  • Périodique : Dirigido por, n° 43, avril 1977
  • Périodique : Film Comment, vol. 19, n° 2, mars/avril 1983
  • Périodique : Film Comment, vol. 30, n° 4, juillet/août 1994
  • Périodique : Film Critica, n° 161, octobre 1965
  • Périodique : Film Critica, n° 174, février 1967
  • Périodique : Film Critica, n° 384, avril/mai 1988
  • Périodique : Film Dope, n° 3, août 1973
  • Périodique : Film Quarterly, vol. 43, n° 1, automne 1989
  • Périodique : Image et son, n° 271, avril 1973
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 118, avril/mai 1979
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 146, novembre 1982
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 25, octobre 1967
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 27/28, janvier/février 1968
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 68, février 1973
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 69, mars 1973
  • Périodique : Positif, n° 137, avril 1972
  • Périodique : Positif, n° 231, juin 1980
  • Périodique : Positif, n° 76, juin 1966
  • Périodique : Positif, n° 90, décembre 1967
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 399, novembre 1984
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 37, n° 1, hiver 1967/68
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 42, n° 4 , automne 1973
  • Périodique : Télérama, n° 1866, 16 octobre 1985

Récompenses et nominations

  • 2021 - Palme d'or d'honneur - Festival International du Film (Cannes) - Obtenu
  • 1976 - Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - Festival International du Film (Locarno) - Obtenu

Liens familiaux

Marié(e) à :