Jérémie Renier

Personnalité

Interprète, réalisateur, scénariste : années 1990-2020

Nationalité :  Belgique

Naissance :  06/01/1981 - Belgique - Bruxelles, Brabant

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste

Biographie

Formation :

Jérémie Renier se passionne très tôt pour le monde du spectacle et suit des cours de théâtre et de mime en Belgique. Elève de l'Ecole de Cirque de Bruxelles, il participe à de nombreux castings qui lui donnent l'aisance nécessaire pour décrocher un premier petit rôle. Il apparaît ainsi à dix ans dans le film à sketches Les Sept péchés capitaux (Beatriz Flores Silva, 1992), puis dans le téléfilm La Mélodie des héros (Tiziana Caminada) et enchaîne les rôles à la télévision belge et sur les planches.

Carrière :

Jérémie Renier, figure incontournable du cinéma belge et français, incarne depuis trois décennies une modernité discrète et exigeante, oscillant entre rôles intimes et personnages tourmentés, sous la direction des plus grands réalisateurs européens. Son jeu subtil, souvent récompensé à Cannes, et son audace à explorer des registres variés en font un acteur aussi polyvalent qu’indispensable. 
C'est avec La Promesse (1995) des frères Dardenne, encore méconnus, que Jérémie Renier se fait remarquer. Il livre une prestation convaincante en adolescent frondeur face à Olivier Gourmet, et le film reçoit le Prix de la Critique à Cannes. François Ozon le fait tourner en 1998 aux côtés de Natacha Régnier dans le provocateur et controversé Les Amants criminels, l'histoire de deux jeunes amants lycéens qui tuent un camarade de classe pour relancer leur désir, à mi-chemin entre le gore et le conte de fées. Suivent deux grosses productions, Saint-Cyr (Patricia Mazuy, 1999), qui relate le quotidien de l'institution pour jeunes filles créée par Madame de Maintenon, et surtout Le Pacte des loups (2000). Christophe Gans revisite le mythe de la Bête du Gévaudan et fait de Jérémie Renier le narrateur témoin de l'histoire. Il incarne ensuite le fils de Jean-Pierre Léaud dans Le Pornographe de Bertrand Bonello (2000) et continue d'alterner les genres avec des films en marge, notamment La Guerre à Paris (Yolande Zauberman, 2001), Violence des échanges en milieu tempéré (Jean-Marc Moutout, 2002) dans lequel il interprète un jeune consultant, ou encore Le Pont des Arts (Eugène Green, 2003). En 2004, il retrouve les frères Dardenne pour L'Enfant, qui obtient la Palme d'Or à Cannes. Il continue à tourner dans des productions belges (Dikkenek, Olivier Van Hoofstadt, 2005) mais est de plus en plus demandé en France. Il joue aux côtés de son frère Yannick et d'Isabelle Huppert dans Nue propriété (Joachim Lafosse, 2006) puis rejoint le casting du vrai faux thriller Coupable de Laetitia Masson en 2007. Jérémie Renier prête toujours volontiers ses traits à des personnages de jeunes gens, sympathiques, candides, et joue ainsi un des fils dans L'Heure d'été d'Olivier Assayas, où, face à Juliette Binoche et Charles Berling, il assiste à l'implosion d'une famille confrontée à un deuil. Fidèle à ses origines et à sa famille de cinéma, il rejoint une nouvelle fois les frères Dardenne pour Le Silence de Lorna, à nouveau très remarqué sur la Croisette et prix du meilleur scénario. Son registre n'en finit pas de s'étendre, et il participe à des productions internationales, telles Bons baisers de Bruges de Martin McDonagh, sur les écrans français en 2008 et dans lequel il donne la réplique à Colin Farrell et Ralph Fiennes. En 2011, il incarne Claude François dans Cloclo de Florent Emilio Siri, biopic musical salué pour son interprétation du chanteur mythique. La même année, il retrouve les frères Dardenne pour Le Gamin au vélo (2010), où il campe un père défaillant face à Cécile de France, et joue le naïf Philibert dans la comédie décalée Les Aventures de Philibert, capitaine puceau (Sylvain Fusée). En 2013, il se glisse dans la peau de Pierre Bergé aux côtés de Gaspard Ulliel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello, plongeant dans l’univers tourmenté du couturier. Renier explore aussi des registres plus sombres : Possessions (Éric Guirado, 2010), thriller psychologique, puis La Confrérie des larmes (Jean-Baptiste Andrea, 2012), où il incarne un ex-flic en déroute. En 2014, il rejoint Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, drame fantastique sur la guerre en Afghanistan, et Waste land (Pieter Van Hees, 2013), thriller belge où il joue un inspecteur aux prises avec ses démons. En 2016, il est à l’affiche de La Fille inconnue (2015) des frères Dardenne, puis de L’Ami, François d’Assise et ses frères (Renaud Fély & Arnaud Louvet, 2015) où il incarne un frère franciscain. Dans L’Amant double (2017) de François Ozon, un film mêlant à la fois thriller psychologique et drame érotique adapté d’un roman de Joyce Carol Oates, Jérémie Renier incarne un double rôle : un psychiatre énigmatique et charismatique, et son jumeau mystérieux et plus sombre. L’acteur se révèle aussi à l’aise dans des rôles plus intimes : Slalom (Charlène Favier, 2019) le montre en entraîneur manipulateur face à une jeune skieuse, tandis que Albatros (Xavier Beauvois, id,) et L’Homme de la cave (Philippe Le Gay, 2020) explorent des personnages en marge, entre fragilité et mystère. En 2021, il rejoint le casting de Novembre de Cédric Jimenez, plongeant dans l’enquête antiterroriste post-13 Novembre, et incarne un homme en crise dans Ailleurs si j’y suis (2022). Renier passe aussi derrière la caméra : il co-réalise avec son demi-frère Yannick Carnivores (2017), thriller familial, et signe D’un monde à l’autre (2025), où il explore les liens entre deux amis faux destins opposés. En 2026, il est attendu dans La Femme de (David Roux, 2025), et dans la peau de Robert Badinter pour le biopic de Pierre Godeau.

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Interview, mars 2006
  • Périodique : Positif, n° 555, mai 2007
  • Périodique : Première, n° 344, octobre 2005
  • Site Internet : Site officiel de l'acteur

Récompenses et nominations

  • 2015 - Meilleure interprétation masculine dans un 2d rôle - Les Magritte du Cinéma - Saint Laurent - Obtenu
  • 2006 - Meilleur espoir masculin - Prix Jean Gabin - Obtenu