Grégoire Colin
Personnalité
Interprète, réalisateur, producteur... : années 1990-2020
Nationalité : France
Naissance : 25/07/1975 - France - Châtenay-Malabry, Hauts-de-Seine
Identité
Genre : homme
État civil :
- Grégoire Anicet Colin
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur
Biographie
Formation :
Grégoire Colin est élevé dans une famille du spectacle. Bernard Sobel lui donne sa première chance en 1988 : il n'a que douze ans et monte déjà sur les planches du Théâtre de Gennevilliers dans la tragédie Euripide .Carrière :
Grégoire Colin sculpte depuis trente-cinq ans une filmographie d’une cohérence rare, marquée par ses collaborations répétées avec Claire Denis (Nénette et Boni, Beau travail, Avec amour et acharnement) et un jeu sobre où les silences éloquents l’emportent sur les effets.
Grégoire Colin fait une première apparition au cinéma dans le rôle d'un jeune adolescent taciturne et privé d'enfance, largué par son père : c'est Le silence d'ailleurs (1989) de Guy Mouyal. L'année suivante il poursuit dans un registre dramatique, dans L'année de l'éveil (Gérard Corbiau), il y incarne François qui est à la veille de ses premiers émois amoureux. Pour Grégoire Colin, tout s'enchaîne alors très vite. Son visage de jeune homme timide et ténébreux, son teint pâle, ses yeux noirs en amande, sa silhouette effilée séduisent. On le voit dans une multitude de petits rôles néanmoins très saillants. En 1994, il fait la rencontre décisive de la réalisatrice Claire Denis. Après l'avoir testé dans un téléfilm, elle lui confie le premier rôle de Nénette et Boni (1995), l'histoire d'un frère et d'une soeur "en galère", qui lance véritablement l'acteur. Le grand public reconnaîtra le talent de cet acteur discret dans le film - devenu culte pour la jeune génération - La vie rêvée des anges (Eric Zonka, 1997). Exigeant, Grégoire Colin tourne exclusivement pour un cinéma d'auteurs. Dans l'inquiétant Superlove (Jean-Claude Janer, 1998), il est Mario - qui a la grâce des apparitions d'une étrange Vierge Marie... Claire Denis lui confie un autre grand rôle dans Beau travail (1999), film qui nous plonge dans l'univers cruel de la légion étrangère. La même année Grégoire Colin est repéré par Benoît Jacquot qui lui donne un rôle dans son Sade (1999). Il est à l'affiche du poignant film de Yolande Zauberman, La guerre à Paris (2001), où il incarne un commissaire impitoyable dans sa traque aux Juifs. Changement total de registre dans Sex is comedy (Catherine Breillat, 2001), où Colin incarne un acteur - le film est surtout un prétexte pour la réalisatrice d'une mise en abyme sur sa conception de la réalisation. Grégoire Colin aborde un rôle très sombre dans le drame de Gilles Bourdos, Inquiétudes (2003), il y incarne Bruno Keller, un jeune homme obsessionnel qui en arrive à tuer trois personnes. Encore une très belle prestation de l'acteur dans Le domaine perdu de Raoul Ruiz (2004), Grégoire Colin y donne la réplique à François Cluzet. Aimant varier les genres, l'acteur joue dans le très romanesque Voleurs de chevaux, il y revêt le rôle de Roman, un jeune bandit au sang chaud de la fin du XIXe, lié à une relation complexe avec son jeune frère. Claire Denis lui confie à nouveau un personnage dans 35 rhums, chronique sociale, galerie de portraits où Colin campe celui de Noé, un jeune homme solitaire amoureux de sa voisine. L'acteur délaisse le cinéma d'auteur intimiste pour jouer dans La Traque (2009), un thriller fantastique, premier long métrage d'Antoine Blossier. Grégoire Colin poursuit son chemin discret mais essentiel dans le cinéma d’auteur. En 2010, il incarne le bourreau dans Nos résistances (2009) de Romain Cogitore, avant de retrouver Claire Denis dans Les Salauds (2012), sombre fable urbaine où il incarne un homme rongé par le remords. La même année, il prête ses traits à Jean Cocteau dans Opium d’Arielle Dombasle, portrait onirique du poète. En 2015, il campe un rôle glaçant dans Full Contact (VOD) de David Werbeek, avant de tourner sous la direction de Colombe Savignac et Pascal Ralite dans Le Rire de ma mère (2016). Il explore les tensions familiales dans Le Prix du succès de Teddy Lussi-Modeste (id.), et incarne le producteur Charley Marouani dans Barbara (id.) de Mathieu Amalric. Les années 2018-2020 le voient multiplier les collaborations exigeantes : il est le médecin de Proxima (2019) d’Alice Winocour, un passant énigmatique dans It Must Be Heaven (2018) d’Elia Suleiman, et un père tourmenté dans Camille (id.) de Boris Lojkine. En 2020, il incarne un commandant de légion dans Mon légionnaire (2019) de Rachel Lang, puis un réalisateur désenchanté dans Si le vent tombe (2018) de Nora Martirosyan. En 2022, il livre une performance sobre dans Revoir Paris d’Alice Winocour, aux côtés de Virginie Efira, et incarne un père adoptif dans Tu me ressembles (inédit, 2021) de Dina Amer. Claire Denis le retrouve pour Avec amour et acharnement (2022). Son agenda 2023-2024 témoigne d’une activité foisonnante : il explore de nouveaux territoires avec Le Vourdalak (2023) fantaisie gothique où son jeu sobre contraste avec l’atmosphère baroque, et campe un père rigoriste dans La Vénus d’argent de Héléna Klotz. L’année suivante, il s’immerge dans le drame policier La Voie du serpent (2024) de Kiyoshi Kurosawa, tourne sous la direction de Saïd Hamich dans La Mer au loin, et incarne un journaliste dans Rendez-vous avec Pol Pot de Rithy Panh.