Irène Jacob
Personnalité
Interprète : années 1980-2020
Nationalité : France
Naissance : 15/07/1966 - France - Suresnes, Seine
Identité
Genre : femme
Naturalisation : Suisse
État civil :
- Irène Christine Jacob
Fonctions : Acteur, Voix (doublage), Préfacier, postfacier, Auteur primaire, Auteur
Biographie
Formation :
Irène Jacob s'intéresse dès le début de son adolescence au théâtre. Elle suit les cours du Conservatoire d'art dramatique de Genève avant de s'installer à Lyon en 1985, puis à Paris, où elle intègre l'Ecole Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT), rue Blanche. Elle tourne ensuite dans quelques courts-métrages.Carrière :
Irène Jacob s’impose depuis plus de trois décennies comme une figure emblématique du cinéma d’auteur européen, distinguée par une interprétation subtile et une présence lumineuse. Couronnée au Festival de Cannes pour La double vie de Véronique, elle incarne des personnages d’une grande complexité qui traversent les frontières culturelles et artistiques avec une élégance rare.
Irène Jacob débute au cinéma en 1987 dans Au revoir les enfants de Louis Malle, film dans lequel elle campe un professeur de piano, et dans La bande des quatre de Jacques Rivette, où elle tient un petit rôle. Puis elle fait quelques apparitions dans des films restés confidentiels (Le secret de Sarah Tombelaine, 1990, de Daniel Lacambre). En 1991, sa prestation dans La double vie de Véronique de Krzysztof Kieslowski la rend célèbre. Son interprétation de deux personnages au physique et au mode de vie identiques, l'une vivant en France, l'autre en Pologne, est récompensée par le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes. Sa beauté rayonnante, servie par la mise en scène du réalisateur, séduit le jury et le public de la Quinzaine des Réalisateurs. Après son triomphe sur la Croisette, elle reste exigeante dans ses choix et préfère s'orienter vers un cinéma d'auteur. Elle tourne essentiellement dans les pays de l'Est et travaille notamment avec Slawomir Idziak, le directeur de la photographie de Kieslowski pour Enak (1991). Elle prête son visage calme et lumineux, son allure fragile, à des personnages au charme discret. En 1993, elle retrouve son mentor, Kieslowski, pour le dernier volet de sa trilogie Trois couleurs. Dans Trois couleurs : rouge, Irène Jacob tient le rôle d'un mannequin qui redonne le goût de l'humanité à un vieux juge aigri et fatigué, interprété par Jean-Louis Trintignant. Elle poursuit ensuite une carrière internationale. Elle forme un couple avec Vincent Perez dans l'un des cinq sketches de Par-delà les nuages (1994) de Michelangelo Antonioni et Wim Wenders, puis joue en Allemagne dans Victory de Mark Peploe, une adaptation d'un roman de Joseph Conrad. L'actrice s'essaie également à d'autres genres, du film d'action américain à gros budget (US Marshals, 1998, de Stuart Baird) à la comédie (Cuisine américaine, de Jean-Yves Pitoun). Elle s’illustre dans le court métrage Cuisine chinoise (Frédérique Feder, 1999), puis dans The Big Brass Ring (George Hickenlooper), où elle prête ses traits à des femmes complexes évoluant à la croisée des cultures. En 2000, elle explore le polar français avec L’Affaire Marcorelle (Serge Le Péron), et tourne dans le drame Mille millièmes – Fantaisie immobilière (Rémi Waterhouse, 2001) avant d’être la voix principale du film d’animation La Légende de Parva (Jean Cubaud, 2002). Au milieu des années 2000, elle partage l’affiche de Automne (Ra’up McGee, 2004) et de la fresque historique Nouvelle France (Jean Beaudin, 2003), puis s’enrichit d’une expérience anglo-saxonne dans La Vie intérieure de Martin Frost (Paul Auster, 2006). En 2008, Irène Jacob rejoint le cinéaste Theo Angelopoulos pour La Poussière du temps, une méditation sur l’exil et la mémoire, et interprète la mère d’Aurore dans la comédie Les Beaux Gosses (Riad Sattouf, 2009). Durant les années 2010, elle se distingue encore dans des films ambitieux : elle explore le Brésil dans Rio Sex Comedy (Jonathan Nossiter, 2010), joue parmi les grands noms du paysage hexagonal dans Salaud, on t’aime (Claude Lelouch, 2014) et aborde le drame familial dans L’Art de la fugue (Brice Cauvin, 2011). Elle retrouve en 2019 le cinéma français avec Villa Caprice (Bernard Stora) et s’aventure dans la coproduction européenne La Balade des cœurs perdus (Giorgia Farina, VOD) la même année, confirmant sa prédilection pour les personnages subtils et cosmopolites. En 2024, Irène Jacob incarne des rôles principaux dans des œuvres fortes telles que Comme le feu (Philippe Lesage), Hôtel Silence (Léa Pool) et Rendez-vous avec Pol Pot de Rithy Panh. Toujours en 2024, Irène Jacob accompagne la caméra d’Amos Gitai à deux reprises : pour Shikun, satire des sociétés contemporaines inspirée d’une pièce d’Eugène Ionesco, ainsi que le manifeste pacifiste Pourquoi la guerre.