Hanna Schygulla
Interprète, réalisatrice, scénariste... : années 1960-2020
Nationalité : Allemagne
Naissance : 25/12/1943 - Allemagne - Königshütte
Personnalité
Identité
Genre : femme
Fonctions : Acteur, Voix off, Interprète des chansons préexistantes, Rédacteur, Auteur, Auteur secondaire
Biographie
Formation :
Hanna Schygulla entame des études de philologie pour devenir enseignante. Au moment de présenter sa thèse, elle renonce et opte pour des cours d'art dramatique à Munich. Elle y rencontre Rainer Werner Fassbinder ; ensemble ils fondent l'Anti-Théâtre.Carrière :
Hanna Schygulla, muse emblématique de Rainer Werner Fassbinder et interprète incontournable du cinéma européen, incarne avec une intensité rare les femmes traversées par l’Histoire et le désir, de L’amour est plus froid que la mort (1969) à Le Mariage de Maria Braun (1980), puis à Tout s’est bien passé (2020) et Peter von Kant (2021).
Hanna Schygulla doit le début de sa carrière au réalisateur Rainer Werner Fassbinder, qui voit en elle "la femme allemande" de l'après-guerre. Cette actrice à la fois idéaliste et réaliste le fascine. De 1969 à 1974, l'apparente froideur de Hanna Schygulla, sa beauté de tragédienne à la chevelure blonde, aux yeux bleus et aux pommettes saillantes éclairent tous ses films. Prostituée dans L'amour est plus froid que la mort (1969), arriviste dans Les larmes amères de Petra von Kant (1972), cette actrice atypique a une prédilection pour les rôles ambigus et complexes. Quelque peu lassée par l'archétype de la femme mis au point par son mentor, sollicitée par les cinéastes allemands les plus en vogue, Hanna Schygulla s'écarte un temps de Fassbinder. On la redécouvre notamment à travers le regard de Wim Wenders, de Volker Schlöndorff ou celui de Margarethe von Trotta. A la fin des années 1970, elle retrouve Fassbinder pour Lili Marleen (1979) et Le mariage de Maria Braun (1980). Ce film lui vaut maintes louanges de la critique. Dans l'Allemagne nazie, elle incarne une femme libre rattrapée par le conformisme social qui régit un petit village. La force, la fragilité puisées par Schygulla pour composer ses personnages séduisent de nombreuses pointures européennes. Dans les années 1980, elle tourne notamment sous la direction de Jean-Luc Godard (Passions, 1982), Andrej Wajda (Un amour en Allemagne, 1983) et Ettore Scola (La nuit de Varennes, 1982). Malgré quelques apparitions au cinéma dans les années 1990, elle se consacre essentiellement au théâtre. Se faisant plus discrète à l’écran sans pour autant disparaître, elle apparait dans des films plus intimistes où elle joue souvent des femmes marquées par le temps, la solitude et les fractures du passé. Elle traverse ensuite la décennie 2000 avec une présence épisodique, choisissant des rôles chorale ou de soutien, mais toujours dotés d’une grande présence dramatique. À partir des années 2010, elle revient à l’écran de manière remarquée, d’abord dans une comédie dramatique française où elle incarne une magistrate à la retraite dans Tout s’est bien passé (2020) de François Ozon, qui met en valeur son regard acéré et sa grâce distanciée. L’année suivante, elle réinterprète, sous un autre jour, l’univers de Rainer Werner Fassbinder dans Peter von Kant (2021), toujours pour Ozon, où elle campe une mère à la fois autoritaire et vulnérable, dernière incarnation cinématographique d’un personnage empreint de nostalgie et de désenchantement.