Carrière :
Femme fatale, ensorceleuse, déesse de la beauté, etc., les qualificatifs à propos d'Ava Gardner ne manquent pas. D'une exceptionnelle beauté, elle prête régulièrement ses atouts à des personnages de vamp et ce dès son premier film important, Les Tueurs
(1946) de Robert Siodmak, où elle séduit Burt Lancaster. Arrivée en haut de l'affiche, Ava Gardner ne quitte plus ce rang, toujours dans des rôles de séductrices : statue animée de la déesse de l'amour dans Un caprice de Vénus
(1948) de William Seiter ou ensorceleuse de Gregory Peck dans Passion fatale
(1949) de Robert Siodmak. Des films peu propices à valoriser ses talents de comédienne mais où l'actrice surnommée " le plus bel animal du monde " affiche une présence éclatante. Une présence sublimée dans Pandora
(1950) d'Albert Lewin, avec l'arrivée de la couleur. Avec les années 1950, ses rôles s'étoffent. Après avoir interprété l'épouse de Gregory Peck dans Les Neiges du Kilimandjaro
(1952) d'Henry King, Ava Gardner joue au côté de Clark Gable un de ses plus grands rôles dans Mogambo
(1953) de John Ford. Elle obtient d'ailleurs pour ce film la seule nomination de sa carrière aux Oscars. Plébiscitée, voire adulée au cinéma, elle connaît à la ville une vie tumultueuse ; la même année, elle se sépare de son troisième mari, Frank Sinatra. Mais l'actrice est entrée dans la légende, et Joseph L. Mankiewicz consacre le mythe en 1954 dans La Comtesse aux pieds nus
. A travers son interprétation d'une jeune danseuse espagnole, elle apparaît telle qu'elle est réellement : fragile, inaccessible. Suite à un désaccord avec la MGM, sa carrière s'interrompt brutalement pendant deux ans. En 1956, elle revient et crève l'écran au côté de Stewart Granger dans La Croisée des destins
(1955) de George Cukor avant d'interpréter la duchesse d'Albe, sublime modèle de Goya, dans La Maja nue
(1958). Après avoir disparu dans un plaidoyer contre la guerre atomique dans le Dernier rivage
(1959), voici la belle Ava au chevet des blessés dans Les Cinquante-cinq jours de Pékin
(1963). Après Ford, Lewin et Mankiewicz, la Vénus d'Hollywood rencontre John Huston qui lui offre, outre son dernier grand rôle dans La Nuit de l'iguane
(1964), un bel hommage dans The Life and times of judge Roy Bean
(1972) où elle interprète une actrice dont Paul Newman tombe fou amoureux. La star ne fait ensuite plus que quelques apparitions jusqu'en 1984, date à laquelle elle se retire définitivement des écrans.