Melvil Poupaud

Personnalité

Interprète, réalisateur, scénariste... : années 1980-2020

Nationalité :  France

Naissance :  26/01/1973 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Melvil Mathias Julien Poupaud

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Monteur, Auteur

Biographie

Formation :

Fils d'une attachée de presse de cinéma, Melvil Poupaud fréquente dès son plus jeune âge quelques-uns des plus grands noms du cinéma français, de Marguerite Duras à Isabelle Adjani et Serge Daney. Le réalisateur franco-chilien Raoul Ruiz, ami de sa mère, lui fait faire ses premiers pas à l'écran à l'âge de dix ans.

Carrière :

Melvil Poupaud, figure emblématique du cinéma français, incarne depuis quatre décennies une élégance mystérieuse et une audace artistique, naviguant avec brio entre rôles tourmentés et comédies populaires, de Laurence Anyways à Grâce à Dieu, en passant par Le Temps qui reste. Son jeu subtil et ses choix éclectiques en font un acteur aussi incontournable que fascinant.
Acteur dès son enfance, Melvil Poupaud n'a eu de cesse depuis d'explorer les territoires cinématographiques les plus audacieux. Raoul Ruiz le fait débuter dans La Ville des pirates (1983), en petit garçon criminel, et l'engage ensuite pour L'Eveillé du pont de l'Alma (1985) et pour L'Ile au trésor (1985), très libre adaptation du roman d'aventures de Robert Louis Stevenson. L'acteur et le réalisateur vont toujours rester très proches, Poupaud réapparaissant régulièrement dans les films de Ruiz puisqu'ils tourneront dix fois ensemble, dont le dernier film du cinéaste, Les Lignes de Wellington (2012), achevé après sa mort par sa compagne, Valeria Sarmiento. A quinze ans, Melvil Poupaud joue dans La Fille de quinze ans (1988) de Jacques Doillon, où son personnage d'ado amoureux de la tout aussi jeune Judith Godrèche lui vaut une nomination au César du meilleur espoir. Jean-Jacques Annaud lui confie le rôle du jeune frère de l'héroïne de L'Amant (1992) avant que Laurence Ferreira-Barbosa ne le révèle au grand public avec son premier rôle d'adulte, celui du taciturne et névrosé Germain dans Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (1993) performance qui lui vaut une seconde nomination au César du meilleur espoir masculin. Il décline ce personnage mystérieux et romantique dans ses films suivants. Dans Le Plus Bel Age (1994) de Didier Haudepin, il campe un jeune étudiant dandy, séducteur cruel, responsable du suicide de sa petite amie. Il prête sa silhouette longiligne au personnage romantique du Journal du séducteur (1995) de Danièle Dubroux et au jeune assassin de Généalogies d'un crime (1996), nouvelle collaboration avec Raoul Ruiz. La même année, Eric Rohmer lui confie le rôle principal de Conte d'été : Melvil Poupaud est Gaspard, un jeune indécis dont le cœur balance tant entre trois filles qu'il finit par les perdre toutes. Il s'essaie à un cinéma plus populaire en tournant deux comédies d'action sous la direction de Graham Guit, Le Ciel est à nous (1997) et Les Kidnappeurs (1998) dans lequel il exhibe un corps musclé pour endosser le rôle d'un truand. En 1999, il rejoint le casting haut de gamme du Temps retrouvé, adapté par Raoul Ruiz de l'œuvre de Marcel Proust : il y tient le rôle secondaire du prince de Foix. Ancien amant de Karin Viard dans Reine d'un jour (Marion Vernoux, 2001), peintre et époux de Naomi Watts dans Le Divorce (James Ivory, 2003), jeune médecin dont la femme le trompe avec son prédécesseur dans le badinage cruel des Sentiments (Noémie Lvovsky, 2003), maître de cérémonie d'une dominatrice SM dans Eros thérapie (Danièle Dubroux, 2004)... il est désormais une figure familière des écrans français. Il impressionne particulièrement dans Le Temps qui reste de François Ozon (2005), le film reposant entièrement sur son personnage de photographe gay découvrant qu'il souffre d'un cancer généralisé et que sa mort est proche. Il passe désormais d'un cinéma commercial - les joyeuses adaptations d'Agatha Christie par Pascal Thomas (L'Heure zéro, 1997 ; Le Crime est notre affaire, 2008) ou Lucky Luke (James Huth, 2009) où il incarne Jesse James, adversaire de Luke/Jean Dujardin... - à ce cinéma d'auteur qui a depuis toujours ses faveurs. Photographe égaré dans les mystères libanais dans Un homme perdu (Danielle Arbid, 2006), plus jeune des fils de Catherine Deneuve dans le chaudron familial de Un conte de Noël (Arnaud Desplechin, 2007), junkie mourant d'overdose dès le début du Refuge (François Ozon, 2010), colonel au sein du foisonnant feuilleton des Mystères de Lisbonne (Raoul Ruiz, 2010)... Melvil Poupaud fait aussi quelques expériences au sein du cinéma indépendant américain, incarnant le séduisant et insouciant amant français de la très désabusée Parker Posey dans Broken English (2007) de Zoe Cassavetes. C'est aussi outre-Atlantique, au Québec, qu'il décroche en 2012 son rôle majeur : celui d'un enseignant décidant de changer de sexe dans Laurence Anyways du jeune virtuose Xavier Dolan. L’année suivante, il incarne un capitaine de bateau dans Fidelio, l’odyssée d’Alice (2013) de Lucile Borleteau, puis un repris de justice dans Tête baissée (2014) de Kamen Kalev. Sa collaboration avec François Ozon se poursuit avec Grâce à Dieu (2018), où il interprète un quadragénaire catholique luttant contre les abus au sein de l’Église, rôle qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur. Il retrouve aussi Arnaud Desplechin dans Frère et Sœur (2022), où il donne la réplique à Marion Cotillard, et Mia Hansen-Løve dans Un beau matin (2021), face à Léa Seydoux. Poupaud s’illustre également dans des comédies plus légères, comme Coup de chance (2023) de Woody Allen, où il forme un trio amoureux avec Lou de Laâge et Niels Schneider, ou encore Jeanne du Barry (2023) de Maïwenn, où il campe un aristocrate ambigu. En 2024, il rejoint Christophe Honoré pour Marcello Mio, portrait d’une femme en quête de sens, et prépare pour 2026 Changer l’eau des fleurs de Jean-Pierre Jeunet. Entre-temps, il retrouve Virginie Efira dans L’Amour et les forêts (2023) de Valérie Donzelli, et explore des registres plus intimistes, comme dans Petite fleur (2020) de Santiago Mitre ou À mon seul désir (2022) de Lucie Borletau.
En parallèle à son métier d'acteur, Melvil Poupaud a entrepris dès son plus jeune âge de réaliser aussi des courts métrages souvent aux marges de l'expérimental : Qui es-tu Johnny Mac ? (1984), Ces jours où les remords vous font vraiment mal au cœur (1985), Trois Jours... (1986), Boulevard Mac Donald (1994), Quelque chose (1999), Rémi (2001), Pronobis (2003) et Qui a tué Johnny Mac ? (2004), prolongement de son premier court. En 2006, il signe Melvil, long métrage présenté en séance spéciale à Cannes.

Autres activités :

Acteur rare à la télévision, il n'est apparu que dans deux téléfilms de Benoît Jacquot, Marianne (1997), d'après Marivaux, dans le rôle de Valville, et Les Faux-monnayeurs (2010), d'après André Gide, dans le rôle d'Edouard. Melvil Poupaud est membre du groupe de rock Mud, fondé avec son frère Yarol, qui sort deux albums. Les deux frères créent en 2011 un nouveau groupe, Black Minou. Il a également sorti un album solo en 2002, Un simple appareil . En 2010, il a publié un roman autobiographique, Quel est Mon noM ? .

Filmographie

Longs métrages

Acteur

Réalisation

Monteur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Les enfants de la liberté : le jeune cinéma français des années 90 / Claude-Marie Trémois.- Paris : Ed. du Seuil, 1997
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 503, juin 1996
  • Périodique : CinémAction, n° 92, 1999
  • Périodique : Positif, n° 435, mai 1997
  • Périodique : Première, n° 205, avril 1994
  • Périodique : Première, n° 231, juin 1996
  • Périodique : Studio Magazine, n° 103, octobre 1995
  • Périodique : Studio Magazine, n° 80, novembre 1993
  • Site Internet : Portrait, photos, interview...

Liens familiaux

Enfant de :

Frère/Sœur de :