Carrière :
Etre polyglotte (il parle couramment cinq langues) a permis à Bruno Ganz une prestigieuse carrière internationale, faisant de ce suisse d'origine un des comédiens allemands les plus connus des dernières décennies. Après quelques expériences peu concluantes au cinéma et à la télévision dans les années 60, c'est son complice de théâtre Peter Stein qui lui offre son premier rôle important à l'écran dans Sommergäste
(Les Estivants) en 1975. Mais c'est Eric Rohmer, la même année, qui lui apporte la célébrité internationale avec le rôle du comte dans La Marquise d'O
. L'année suivante, il tourne pour la première fois avec Wim Wenders qui en fait le Tom Ripley de L'Ami américain
. L'acteur et le réalisateur se retrouveront en 1987 sur Les Ailes du désir
, où Ganz joue un ange amoureux d'une mortelle, rôle qu'il reprendra pour Si loin, si proche !
(1993).
L'acteur travaille tous azimuts et gagne encore en notoriété, puisqu'il fait partie du prestigieux casting de Ces garçons qui venaient du Brésil
(Franklin J. Schaffner, 1978), impressionnant récit sur les traces du médecin nazi Josef Mengele, aux cotés de Laurence Olivier, Gregory Peck, James Mason ou Lilli Palmer. En Allemagne, il tourne La Femme gauchère
de Peter Handke (1978), Le Couteau dans la tête
de Reinhard Hauff (1978), Nosferatu, fantôme de la nuit
de Werner Herzog (1978) - où il est Jonathan Harker face au vampire incarné par Klaus Kinski -, Le Faussaire
(1981) de Volker Schlöndorff... En France, après avoir participé à Lumière
de Jeanne Moreau (1976), il est dirigé par Jean-François Adam dans (1978) tandis que Jean Pourtalé le met en scène dans Cinq pour cent de risques en 1979. La même année, ce sont les réalisateurs italiens qui font appel à lui : Mauro Bolognini pour La Dame aux Camélias, où il joue le comte Perregaux face à Isabelle Huppert, et Giuseppe Bertolucci dans Une femme italienne. Il tourne également avec des réalisateurs suisses comme Claude Goretta, dans La Provinciale en 1980 et Alain Tanner, qui en fait le personnage errant dans Lisbonne de Dans la ville blanche en 1982. Cette même année, Bruno Ganz s'essaie à la réalisation en collaboration avec Otto Sander. Leur documentaire, Gedächtnis (Mémoires), est consacré aux vieux acteurs Curt Bois et Bernhard Minetti.
Soucieux de se ménager du temps pour le théâtre, il se fait plus rare à l'écran. En dehors des films de Wim Wenders, il faut attendre près de quinze ans pour qu'il retrouve un rôle à sa mesure, Alexandre, l'écrivain malade qui prend un petit garçon sans papiers sous son aile dans L'Eternité et un jour (1998), la Palme d'Or de Theo Angelopoulos. Ils travailleront à nouveau ensemble sur La Poussière du temps (2008). Couronné d'un Donatello (l'Oscar italien) du meilleur acteur pour son rôle de serveur islandais dans la comédie romantique Pain, tulipes et comédie (Silvio Soldini, 2000), Bruno Ganz fait preuve de sa versatilité artistique en incarnant un impressionnant Adolf Hitler enfermé dans son bunker dans La Chute (2004) d'Oliver Hirschbiegel.
Prenant toujours soin d'alterner participations plus ou moins fugaces à de grosses productions internationales (Un crime dans la tête, Jonathan Demme, 2004 ; L'Homme sans âge, Francis Ford Coppola, 2007 ; The Reader, Stephen Daldry, 2008) et rôles principaux dans des films d'auteurs (Vitus, Fredi M. Murer, 2006 ; Sport de filles, Patricia Mazuy, 2011), Bruno Ganz est un acteur aussi insaisissable que passionnant.