John Ford

Personnalité

Réalisateur, producteur, scénariste, interprète... : 1910-1970

Nationalité :  Etats-Unis

Naissance :  01/02/1894 - Etats-Unis - Cape Elizabeth, Maine

Décès :  31/08/1973 - Etats-Unis - Palm Desert, Californie

Identité

Genre : homme

Pseudonyme(s) :

  • Jack Ford

État civil :

  • John Martin Feeney
  • Sean Aloysius O'Feeney

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Auteur de l'œuvre originale, Collaborateur au scénario, Auteur de l'histoire, Scénariste, Producteur, Producteur délégué, Auteur du commentaire, Cadreur/Opérateur, Monteur, Auteur, Auteur secondaire, Annotateur

Biographie

Formation :

Né dans une famille d'immigrants irlandais, John Ford est le benjamin d'une fratrie de treize enfants. En 1909, son frère aîné Frank Feeney part en Californie et devient l'un des acteurs vedettes de la jeune société de production Universal, pour laquelle il réalise bientôt des "serials", des westerns et des films d'aventure. Il prend alors le pseudonyme de " Francis Ford " en hommage à l'industriel Henry Ford, qui incarne à ses yeux l'idéal du self made man à l'américaine. En 1913, il est rejoint par son jeune frère qui a échoué au concours d'entrée de l'École navale. Le futur John Ford est bientôt engagé sur les tournages de son frère. Tour à tour accessoiriste, acteur, assistant ou encore cascadeur, il se familiarise avec les plateaux de cinéma, avant de passer à la réalisation en 1917, en remplaçant un metteur en scène défaillant, pour les studios Universal, sous le nom de Jack Ford. Son premier film signé John Ford est Hoodman Blind en 1923. C'est l'époque où Hollywood devient le principal centre de production de la toute jeune industrie cinématographique américaine.

Carrière :

John Ford est l'un des plus talentueux artisans de l'âge d'or hollywoodien et reste dans l'imaginaire cinéphilique l'auteur de western par excellence. Son oeuvre considérable (environ cent trente films) s'étend sur un demi-siècle. De 1917 à 1920, John Ford réalise une quarantaine de court métrages, presque exclusivement des westerns, créant pour l'acteur Harry Carey la figure récurrente de Cheyenne Harry. Ces films muets établissent la matrice originelle de toute son oeuvre : paysages, personnages, situations, figures iconiques, postures et gestuelle. Avant la fin du cinéma muet, Ford réalise plus de soixante-dix films, tous disparus aujourd'hui, à l'exception de deux long métrages, Pour la sauver (1920) et Cameo Kirby (1923). Son style s'affirme avec Le Cheval de fer en 1924, une production pharaonique de la Fox sur l'épopée du rail aux États-Unis. Puis Ford réalise en 1925 Trois sublimes canailles , son plus grand succès public de l'époque du muet. À l'occasion du tournage en Allemagne du film Les Quatre fils en 1928, il découvre le cinéma expressionniste allemand. On retrouve un écho de ces inventions visuelles dans la recherche très fine des compositions en noir et blanc de certaines oeuvres postérieures comme Le Mouchard en 1935. Dans ce film ténébreux, réalisé en studio pour la RKO, si loin des grands espaces et du souffle épique de ses débuts, John Ford exprime son attachement à l'Irlande, pays de ses ancêtres, présentée comme une terre de misère et de souffrance. Ce pays revient comme un leit-motiv dans beaucoup de ses films. Le début des années trente, avec l'avènement du cinéma parlant, ouvre pour John Ford une intense période d'activité. Il travaille avec la plupart des major compagnies , Universal Pictures, RKO, la Fox Film Corporation, puis avec la Twentieth Century-Fox à partir de 1935. C'est au cours de cette décennie que Ford inaugure sa saga sur le Grand Ouest américain avec La Chevauchée fantastique (1938), qui marque sa première collaboration avec un certain John Wayne, jusque là acteur de série B. C'est dans ce film-matrice qu'apparaît le décor naturel de Monument Valley, qui deviendra sa marque de fabrique et le lieu emblématique du genre western dont il établit les codes narratifs et les personnages types. Cette époque est aussi marquée par des oeuvres pro-Lincoln comme Je n'ai pas tué Lincoln en 1935. Néanmoins, John Ford reste un cinéaste éclectique. Il réalise aussi des comédies (Toute la ville en parle en 1934), des reconstitutions historiques (Mary Stuart en 1936), ou des chroniques rurales (Judge Priest en 1934). Il produit des films à tonalité sociale en portant à l'écran en 1939 le roman de John Steinbeck Les Raisins de la colère qui se déroule pendant la crise de 1929 et celui de Richard Llewellyn, Qu'elle était verte ma vallée (1941) sur la vie des mineurs du Pays de Galles à la fin du XIXe siècle. John Ford est alors au faîte de sa gloire, reconnu à la fois du public, de la critique et des professionnels du cinéma. La Seconde Guerre mondiale lui permet d'affirmer ses sentiments patriotiques et ses convictions antifascistes. Il fonde en 1939 la Naval Field Photographic Unit qui va réaliser des court métrages documentaires sur les opérations militaires de la Marine américaine après 1941. Il perd son oeil gauche au cours du tournage de La Bataille de Midway dans le Pacifique. En 1944, il filme les opérations du débarquement de Normandie, et suit en 1945 l'armée du général George Patton en Allemagne où il filme le procès de Nuremberg. Son unique oeuvre de fiction sur cette guerre sera Les Sacrifiés , avec John Wayne en 1945. De retour à Hollywood, John Ford tourne en 1946 La Poursuite infernale avec Henry Fonda, un de ses acteurs fétiches qui lui doit ses premiers grands rôles. En 1947, Le Massacre de Fort Apache retrace la défaite du général Custer en 1876 lors de la bataille de Little Big Horn. Ce film qui légitime le combat des Indiens ouvre ce que l'on a parfois appelé le " Cycle de la cavalerie " : de 1948 à 1950, le réalisateur tourne ses westerns les plus classiques : Le Fils du désert , La Charge héroïque , Le Convoi des braves et Rio Grande . Au début des années 1950, John Ford s'oppose au sénateur McCarthy. Il part en Asie tourner pour la Navy un documentaire pessimiste et désabusé sur la Guerre de Corée, This is Korea ! (1951), à l'opposé du patriotisme affiché de certains cinéastes de l'époque. Puis il tourne en Irlande L'Homme tranquille avec John Wayne, Maureen O'Hara et Victor McLaglen dans les rôles principaux. Le film met en scène un petit groupe humain confronté à une situation dramatique qui va obliger les personnages à sortir de leur indifférence aux autres. Au début des années 1960, Ford approfondit ses recherches de mise en scène avec Le Sergent noir (1959) et surtout L'Homme qui tua Liberty Valance (1961), film en noir et blanc, à la fois réflexion mélancolique sur le mythe westernien et portrait crépusculaire des États-Unis. Ce film majeur est l'ébauche d'un testament, parachevé avec Les CheyennesFrontière chinoise , huis-clos féminin, sera son dernier film en 1965. En effet, Ford tombe malade sur le tournage du film suivant, Le Jeune Cassidy , qui sera terminé par le réalisateur britannique Jack Cardiff. John Ford s'engage une dernière fois auprès de l'Armée au moment de la Guerre du Viêt Nam, où il se rend en 1967 et 1968. En 1970, il est victime d'un accident de voiture. Atteint d'un cancer, très affaibli, il meurt en août 1973.

Autres activités :

John Ford a été un dirigeant actif de plusieurs syndicats de metteurs en scène : il est élu à la tête de la Motion Pictures Directors Association en 1927. À sa dissolution en 1935, il fonde la Screen Directors Guild avec King Vidor, Lewis Milestone, William A. Wellman, Frank Borzage et Gregory La Cava. Avant l'entrée en guerre des États-Unis et durant toute la Seconde Guerre mondiale, Ford est un membre actif de l'Hollywood Anti-Nazie League. En 1947, il fonde avec Merian Cooper la société Argosy pour produire ses propres films. Elle sera dissoute en janvier 1956, mais en août de la même année, il crée avec entre autres John Wayne la John Ford Productions.

Filmographie

Longs métrages

Auteur de l'œuvre originale

Réalisation

Scénariste

Assistant réalisateur

Collaborateur au scénario

Producteur délégué

Auteur de l'histoire

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : À la recherche de John Ford, Joseph McBride ; biographie traduite de l'américain par Jean-Pierre Coursodon, Lyon : Institut Lumière ; Arles : Actes Sud, 2007
  • Ouvrage : Amis américains : entretiens avec les grands auteurs d'Hollywood / Bertrand Tavernier; Edition établie par Thierry Frémaux. - Lyon : Institut Lumière ; Arles : Actes Sud, 2008
  • Ouvrage : Hollywood classique : le temps des géants / Pierre Berthomieu. - Pertuis : Rouge profond, 2009
  • Ouvrage : John Ford / Andrew Sinclair.- Paris : France-Empire, 1980
  • Ouvrage : John Ford / Jean Mitry. - Paris : Ed. Universitaires, 1964
  • Ouvrage : John Ford / Joseph McBride, Michael Wilmington. - London : Secker & Warburg, 1974
  • Ouvrage : John Ford / Lindsay Anderson.- Paris : Ramsay, 1994
  • Ouvrage : John Ford / Peter Bogdanovich.- Paris : Edilig, 1988
  • Ouvrage : John Ford : biographie, filmographie illustrée, analyse critique / Patrick Brion. - Paris : Ed. de La Martinière, 2002
  • Ouvrage : John Ford : entre l'Ouest et le Shamrock / Eric Leguèbe. - Courbevoie : Durante ; Paris : BiFi, 2000
  • Ouvrage : John Ford : la violence et la loi / Jean Collet. - Paris : Michalon, 2004
  • Ouvrage : John Ford : le pionnier du 7e Art, 1894-1973 / Scott Eyman ; Paul Duncan (Ed.) ; [trad. française de Jean-François Cornu]. - Köln : Taschen, 2004
  • Ouvrage : John Ford : l'homme et ses films / Tag Gallagher ; Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Coursodon, Pauline Soulat, Simone Suchet. - Nantes : Capricci, 2014
  • Ouvrage : John Ford : penser et rêver l'histoire / Sous la dir. de Jacques Déniel, Jean-François Rauger, Charles Tatum, Jr. Entretiens avec John Ford. - Crisnée : Yellow Now, 2014
  • Ouvrage : John Ford : propos de John Ford / Philippe Haudiquet.- Paris : Seghers, 1974
  • Ouvrage : John Ford : the man an his films / Tag Gallagher. - Berkeley ; Los Angeles ; London : University of California Press, 1999
  • Ouvrage : John Ford.- Paris : Cahiers du Cinéma, 1990
  • Ouvrage : John Ford. T. 1 et 2 / Jean Mitry. - Paris : Ed. Universitaires, 1954
  • Ouvrage : L'Amérique de John Ford : autour de La Prisonnière du désert : essai d'anthropologie figurative / Luc Vancheri. - Liège : Céfal, 2007
  • Ouvrage : Le classicisme hollywoodien / sous la direction de Jean-Loup Bourget et Jacqueline Nacache. - Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2009
  • Ouvrage : Métier : Réalisateur : quand les maîtres du cinéma se racontent / Mike Goodridge ; Traduit de l'anglais par Olivier Cotte. - Paris : Dunod, 2014
  • Ouvrage : The Man who shot Liberty Valence : a study of John Ford's films / Nancy Warfield. - New York : The Little Film Gazette of NDW, 1975
  • Ouvrage : The non-western films of John Ford / Janey Ann Place.- Secaucus : Citadel press, 1979
  • Périodique : American Film, vol. 1 n° 7, mai 1976
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 183, octobre 1966
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 45, mars 1955
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 492, juin 1995
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 603, juillet-août 2005
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 631, février 2008
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 656, mai 2010
  • Périodique : Cinéma, n° 137, juin 1969
  • Périodique : Ecran, n° 19, novembre 1973
  • Périodique : Film & History XXXVII : 1 (2007)
  • Périodique : Film and History, vol 26 n°1-4, 1996
  • Périodique : Film and History, vol. 7 n° 4, décembre 1977
  • Périodique : Film Comment XXXVI : 2, mars-avril 2000
  • Périodique : Film Comment, vol. 30 n°4, juillet-août 1994
  • Périodique : Film Comment, vol. 7 n° 3, automne 1971
  • Périodique : Film Dope, n° 17, avril 1979
  • Périodique : Literature/Film Quarterly, vol. 5 n° 2, printemps 1977
  • Périodique : Positif , n° 523, septembre 2004
  • Périodique : Positif , n° 524, octobre 2004
  • Périodique : Positif , n° 592, juin 2010
  • Périodique : Positif , n° 621, novembre 2012
  • Périodique : Positif, n° 353/354, juillet/août 1990
  • Périodique : Positif, n° 427, septembre 1996
  • Périodique : Positif, n° 64/65, septembre 1964
  • Périodique : Positif, n° 82, mars 1967
  • Périodique : Présence du Cinéma, n° 21, mars 1965
  • Périodique : Revue du Cinéma (La), n° 10, février 1948
  • Périodique : Sight & Sound XIII : 5, mai 2003
  • Périodique : Sight & Sound XX : 9, septembre 2010
  • Périodique : Trafic, n° 39, automne 2001
  • Périodique : Vertigo, n° 16, janvier 1997
  • Périodique : Vertigo, n° 35, 2009

Récompenses et nominations

  • 1973 - Prix pour l'ensemble de la carrière - AFI - American Film Institute - Obtenu
  • 1958 - Meilleur réalisateur - NBR - The National Board of Review of Motion Pictures (New York) - La Dernière fanfare - Obtenu
  • 1954 - Prix pour l'ensemble de la carrière - DGA - Directors Guild of America (Los Angeles) - Obtenu
  • 1953 - Meilleur réalisateur - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - L'Homme tranquille - Obtenu
  • 1942 - Meilleur réalisateur - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Qu'elle était verte ma vallée - Obtenu
  • 1941 - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards - Qu'elle était verte ma vallée - Obtenu
  • 1941 - Meilleur réalisateur - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Les Raisins de la colère - Obtenu
  • 1940 - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards - Les Raisins de la colère - Obtenu
  • 1939 - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards - La Chevauchée fantastique - Obtenu
  • 1936 - Meilleur réalisateur - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Le Mouchard - Obtenu
  • 1935 - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards - Le Mouchard - Obtenu

Liens familiaux

Parent de :

Frère/Sœur de :