Bruno Nuytten
Personnalité
Dir. de la photo, réalisateur, scénariste... : années 1960-2010
Nationalité : France
Naissance : 28/08/1945 - France - Melun, Seine-et-Marne
Identité
Genre : homme
État civil :
- Bruno Patrice Nuytten
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Adaptateur, Dialoguiste, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Cadreur/Opérateur, Affichiste, Auteur
Biographie
Formation :
Après avoir échoué successivement au concours d'entrée de l'Ecole des arts décoratifs et de l'Idhec, il entre en 1967 à l'Institut National Supérieur technique des Arts du Spectacle (Insas) de Bruxelles. Il y suit une formation sur le cinéma et la télévision jusqu'en troisième année pour effectuer un BTS prises de vues à Paris.Carrière :
Bruno Nuytten, figure majeure du cinéma français, est à la fois un directeur de la photographie légendaire — césarisé pour Barocco et La Meilleure Façon de marcher — et un réalisateur exigeant, dont Camille Claudel (1988) reste un chef-d’œuvre couronné par cinq Césars. Son œuvre, marquée par un sens aigu du contraste et du mouvement, a redéfini l’art de la lumière au cinéma, entre audace visuelle et collaboration avec les plus grands metteurs en scène.
Bruno Nuytten commence par être assistant de Ghislain Cloquet (son professeur et ami de l'Insas), Claude Lecomte et Ricardo Aronovitch. Il travaille sur de nombreux court-métrages, puis entreprend sa carrière en solo. Se refusant à réaliser une photographie plate, à l'éclairage uniforme, il adopte généralement un style où les images sont contrastées. Chez Nuytten, la caméra est en mouvement, explorant l'espace. Pourtant, lors de ses travaux avec Marguerite Duras (La Femme du Gange (1974), India Song (1975) et Son nom de Venise (1976)), il se plie à ses exigences. Il fait donc usage de plans fixes et d'un éclairage qui n'accentue aucun contraste. Mais il peut parfois adopter un style exagérément expressionniste, comme dans Possession (1981) d'Andrzej Zulawski, qui est presque entièrement tourné caméra sur l'épaule. Il travaille outre-Atlantique en effectuant la photographie de Brubacker (1980) de Stuart Rosenberg. Cette expérience américaine, réussie sur le plan technique, ne le satisfait pas. Travailler sur des films où " les producteurs peuvent vous virer quant ils veulent " et où l'argent est le seul moteur ne lui convient pas. Il préfère les films " fauchés ", où les équipes sont soudées par une vision artistique commune. En 1981, il travaille avec Claude Miller sur Garde à vue, entièrement tourné en studios, avec Michel Serrault et Lino Ventura. Nuytten passe à la réalisation avec Camille Claudel en 1988, dont il est également scénariste. Il confie la photographie à son ami Pierre Lhomme, qui obtient un César. En 1992, il réalise son second film, Albert Souffre. Nuytten poursuit sa carrière de réalisateur avec Passionnément (1998), où il dirige Charlotte Gainsbourg et Gérard Lanvin, confirmant son goût pour les récits intenses et les atmosphères visuelles marquées. Il réalise ensuite Jim, la nuit (2002), un film plus intimiste, avant de s’éloigner progressivement de la réalisation, déclarant avoir perdu le désir de filmer pour mieux se consacrer à l’observation pure, « à l’œil nu ». Parallèlement, il continue à marquer le cinéma comme directeur de la photographie, collaborant notamment avec Alain Corneau sur Fort Saganne (1983), où il domine les défis de la lumière désertique, ou avec Claude Berri pour Jean de Florette (1985) et Manon des sources (id.), offrant des images somptueuses de la Provence brûlée par le soleil. Son travail sur Tchao Pantin (C. Berri, 1983) reste aussi un modèle d’atmosphère sombre et tendue, où chaque plan renforce l’angoisse du récit. À partir des années 2000, Nuytten se tourne vers des projets plus expérimentaux et pédagogiques. Il enseigne à La Fémis, partageant son savoir avec les nouvelles générations, et produit en 2016 une installation vidéo au Fresnoy, explorant des captures brutes et organiques, loin des contraintes narratives. En 2018, il présente Images retrouvées, une œuvre inédite où il revisite ses obsessions pour la lumière et la matière, comme un retour aux sources de sa fascination pour l’image.
Autres activités :
Dès l'âge de 17 ans, Bruno Nuytten est comédien dans une troupe de théâtre amateur. Il écrit des articles techniques pour la revue Le cinéma pratique , donne des conférences au Ciné-club de Melun et des cours à la faculté de Censier. Il fonde en Suisse une maison de production de films publicitaires.Filmographie
Courts métrages
Longs métrages
Récompenses et nominations
Liens familiaux
Marié(e) à :